Joseph Kabila a jeté le masque. Mercredi 30 juin 2010, l’homme a présenté sa véritable face. Celle d’un agent de l’étranger. Celle d’un infiltré au service du régime rwandais de Paul Kagame. Un fait apparemment banal a mis un terme à dix années de mystère. Dix années de faux-semblant : mercredi 30 juin, le numéro un Congolais a retardé le démarrage du défilé organisé à l’occasion des festivités du «Cinquantenaire». Motif non avoué : attendre l’arrivée du satrape rwandais. Seul un non-Congolais peut agir de la sorte en narguant l’opinion congolaise et en injuriant la mémoire des filles et fils de ce pays ayant perdu la vie lors des interventions des troupes rwandaises sur le sol congolais. Il est vrai avec la complicité de certains citoyens.

A Kinshasa, c’est le silence plat. Un silence suscité sans doute par la peur. Une peur qui risque d’aller crescendo après la «démonstration de force» faite par Kabila en présentant lors «ses» chars et autres armes lourdes. Qui oserait lui demander des comptes dans ce Congo où la vérité et le mensonge se côtoient allègrement? Qui oserait ouvrir la bouche pour exprimer son indignation dans ce pays où l’«élite», repue, est plongée dans une profonde indolence?

C’est un défi de plus que «Joseph» vient de lancer à la grande majorité des Congolais qui ne se reconnaisse guère en un pouvoir brutal et incompétent. Un pouvoir incapable de donner des réponses adéquates aux attentes les plus basiques de la population encore moins d’assurer les conditions minimales de sécurité à chaque citoyen.

Il est désormais clair que l’instabilité qui secoue la partie orientale de la RD Congo depuis plus d’une décennie est un désordre organisé. L’insécurité à l’Est arrange bien les intérêts de Kabila et ceux de ses mentors. A preuve, la «réconciliation» Kabila-Kagame n’a engendré aucune embellie sécuritaire. Meurtres, viols, pillages continuent. Les groupes armés continuent à fleurir et à faire la loi. Le régime rwandais a donc réussi à installer un homme-lige, un fantoche, à la tête de la RD Congo.

Il y a des signes qui parlent plus forts que les mots. Depuis l’accession de Joseph Kabila à la tête de l’Etat, l’homme n’a jamais été accepté du fait principalement du mystère qu’il entretient autour de ses origines et son parcours personnel. Que des zones d’ombre sur son lieu de naissance, son patronyme, ses études et son expérience professionnelle. Depuis dix ans, les Congolais savaient que la RD Congo est dirigée par un homme qui ment sur sa filiation autant que et sur son passé dans les rangs de l’armée rwandaise. Pour faire taire ses contradicteurs, Joseph Kabila recourt à la force brutale. Victimes consentantes, certains Congolais participent à ce jeu dangereux pour se faire du fric. Un ancien procureur général de la République avait même eu l’idée d’instituer toute critique «politiquement incorrect» à l’encontre de l’actuel président de la République en une infraction d’«offense au chef de l’Etat».

Comment peut-on espérer que ce pays retrouve sa place de grande nation en Afrique et dans le monde pendant qu’il est miné de l’intérieur par des «ennemis invisibles» qui occupent des postes névralgiques sur l’échiquier politique et militaire? Une chose est désormais sûre : le maintien de Joseph Kabila à la tête de la RD Congo condamne ce pays à demeurer ce géant aux pieds d’argile. Paul Kagame ne voudrait en aucun cas retrouver un Congo fort au plan politique, économique et militaire à ses frontières.