Accusé de vouloir comploter contre le président Kabila, le général Faustin Munene est en fuite depuis le 29 septembre 2010 et suscite toutes les rumeurs sur internet. Dans un message qui lui est attribué, Munene et son Armée de résistance populaire (ARP) revendiquent pourtant les récentes attaques de Kikwit et de Mbandaka en avril dernier. Quel crédit peut-on apporter à cette nouvelle rébellion, essentiellement active… sur internet ?

Faustin Munene.jpgDepuis sa disparition, le 29 septembre dernier, Faustin Munene, reste invisible. Mais le "général fugitif" occupe la toile avec la rigueur d'un métronome : rumeurs autour d'un "coup d'état" contre Joseph Kabila, perquisition de son domicile par la garde présidentielle, création d'un mouvement rebelle, message aux congolais diffusé sur le net et revendications des attaques de Kikwit et Mbandaka (?!)… Faustin Munene est un fugitif hyperactif.

Où se cache Faustin Munene et sa famille ?


Depuis mercredi 29 septembre, ils sont introuvables. Dans la nuit du 29 au 30 septembre, la garde présidentielle aurait investi ses domiciles. Ses trois résidences (3, avenue de la République Ma Campagne, avenue du Flamboyant à la Gombe et celle de la commune de Bandalungwa) auraient été pillées et assiégées par les militaires selon la famille du général Munene.

Que reproche-t-on à Faustin Munene ?

A vrai dire rien, officiellement. A Kinshasa, on évoque pourtant un "complot contre le raïs Joseph Kabila". Sa famille explique que Munene était traqué par les "services" congolais et aurait fui de peur d'être arrêté. Originaire de la province du Bandundu, le général Munene était un proche de Pierre Mulele (rebelle avec Antoine Gizenga en 1961). Après l’assassinat de Mulele par Mobutu, Faustin Munene s'exil en Angola et rentre au pays avec l’AFDL de Laurent-Désiré Kabila, dont il était commandant. Après la chute du régime Mobutu, il occupe le poste de vice-ministre de Kabila en charge de l’ordre public et chef d’Etat-major des Forces armées congolaises. Avec Joseph Kabila, Faustin Munene est nommé Chancelier des ordres nationaux, puis démissionne du poste pour se présenter à la députation à Kinshasa. Munene échoue aux législatives et disparaît de l'actualité congolaise jusqu'à sa fuite fin septembre.

Revendications... sur internet

Faustin réapparaît sur le net par un "message au peuple congolais", revendiquant les dernières attaques de Mbandaka et de Kikwit. Le message est alambiqué et ne porte pas la signature de la main de Munene. Dans ce texte, le général Munene annonce "la création de l'Armée de Résistance Populaire en sigle A.R.P depuis le 04 Janvier 2010, quelque part en RDC".

Ensuite Munene "félicite vivement et cordialement les combattants de la liberté qui ont contribué pour que l'A.R.P s'engage dans les actions concrètes et responsables sur terrain, à l'exemple de l'ops Chebeya 1, attaque de Mbandaka, aéroport ; ops Tungulu 1, attaque du camp militaire Colonel Ebeya à Kikwit." Aucune preuve n'est apportée par Faustin Munene de son implication réelle dans ces attaques… et pourquoi annoncer la naissance de sa rébellion plus de 10 mois après sa création ? Peut-être pour revendiquer l'attaque de l'aéroport de Mbandaka en avril dernier ?

Faut-il prendre le mystérieux général Munene au sérieux ? La presse congolaise reste très dubitative sur le cas  Munene. Le site internet Kongotimes pense plutôt qu'il s'agit d'un rebelle d'opérette : "Faustin Munene doit être désormais un de ces produits commerciaux dont se gavent les militants sur le marché du net. Pas plus. Car, en dehors de tout document portant formellement la signature de Faustin Munene, il n’est pas exclu que le communiqué posté sur le net soit une de ces nombreuses productions d’apprentis révolutionnaires sans encrage réel sur terrain, mais qui abusent des NTIC (nouvelle technologie de l'information et de la communication, NDLR)." Attendons donc des preuves de l'existence réelle de cette nouvelle rébellion sur le terrain et d'un signe de vie du "général fugitif".

Christophe Rigaud

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