Au premier jour du procès Bemba, la défense de l'ancien vice président de République démocratique du Congo (RDC) n'a pas de mots assez durs pour pour dénoncer une enquête "partial et bâclée". Jean-Pierre Bemba est accusé d'avoir dirigé des miliciens qui ont commis des meurtres, des viols et des pillages en République centrafricaine entre 2002 et 2003. Il risque la prison à vie s'il est reconnu coupable au terme de ce procès, qui devrait durer six mois.

HAG10.jpg"Une enquête partiale, une enquête bâclée, et qui en définitive n'apporte absolument pas aux juges ce qu'ils sont en droit d'attendre, c'est-à-dire des preuves au-delà de tout doute raisonnable", dénonce Maître Nkwebe Liriss, l'un des avocats du leader congolais. Jean-Pierre Bemba a plaidé non coupable au cours de ce premier jour de procès.

Pourtant, pour le procureur de la Cour pénal international, Luis Moreno-Ocampo, le dossier est solide :  "Jean-Pierre Bemba a sciemment permis aux 1.500 hommes qu'il commandait de commettre des centaines de viols, des centaines de pillages". D'après le procureur, Jean-Pierre Bemba était "le commandant militaire avec l'autorité effective et le contrôle des troupes qui ont commis les crimes", ce que conteste fermement la défense.

"La responsabilité hiérarchique incombait au commandement suprême de l'armée centrafricaine", assure Maître Liriss, regrettant que "la chaîne de commandement centrafricaine" ne soit pas appelée à témoigner au procès et note l'absence d'un personnage clé : Ange-Félix Patassé, le président centrafricain auquel les troupes de Bemba était venus prêter main forte. Un des avocats de Jean-Pierre. Bemba, Aimé Kilolo, affirme que les miliciens du MLC combattaient "avec l'uniforme et sous le drapeau centrafricain", et que ce sont donc les autorités de ce pays qui les commandaient et qui étaient responsables de leur discipline.

La CPI a autorisé la participation de 759 victimes au procès et les juges doivent encore se prononcer sur plus de 600 autres demandes. Le procès Bemba doit durer au moins 6 mois.