Voici 5 ans depuis que notre pays a connu ses dernières élections. Conformément à la constitution, l'heure approche pour le peuple de retourner aux urnes en vue d'élire les nouveaux dirigeants. Le moment est donc propice pour faire le bilan du mandat qui s’achève et de réfléchir sur le profil de celui sur qui doit reprendre le bâton de commandement.

Commençons d'abord par définir grosso modo le standard que tous les congolais voudraient de leurs dirigeants:

-Nul n'est contre l’idée pour la RDC d'avoir des dirigeants réellement élus et non imposés de l’extérieur à la suite d'un hold up électoral. Ce doit être des personnes qui ont intérêt à voir le pays fonctionner suivant les règles de la démocratie et non d'une parodie de démocratie. Les personnes chargées de conduire notre destinée, le Chef de l'Etat en tête, doivent être  capables de mettre en place des stratégies de développement à long terme et à prendre des mesures permettant de soulager rapidement la misère de la population.

Est-ce que ce le dernier mandat a répondu à ces critères:

1.Par rapport à la démocratie.

D’entrée de jeu, disons que les dernières élections étaient entachées de plein d’irrégularités. Déjà elles se sont organisées sans qu'aucun recensement n'ait été fait au préalable, donc en violation des accords de Sun City. En d'autres termes, nous sommes allés aux urnes sans vraiment savoir si c’était l'Est ou l'Ouest qui avait la plus grande proportion de la population ayant droit au vote. Dès lors, il ne peut donc pas être étonnant que les institutions issues d'une telle escroquerie électorale n'aient rien fait pour promouvoir la démocratie.
Ce que nous avons vupendant ce mandat, c’était un gouvernement occupé at neutraliser l'opposition sous l’œil complice de la soi-disant communauté internationale. Les faits sont multiples: L'arrestation du Pasteur Kuthino et de Jean-Pierre Bemba, les massacres de militants de Bundu-dia-Kongo, les assassinats des militants des droits de l'homme (Chebeya, Armand Tungulu,...)

Par ailleurs, ce gouvernement se targue d'avoir rétabli la paix à l'Est du pays. Nous savons tous que la paix n'est pas totalement revenue. Il y a encore plusieurs groupes armés à l’œuvre de ce coté lat du pays, même s'il est vrai que certaines zones ont retrouvé un semblant de paix. En fin de compte, si l’intensité de la guerre a diminué c'est simplement parce que ceux qui nous nous faisaient la guerre ont atteint l'objectif pour lequel ils la faisaient. Ils ont le total contrôle de notre pays et ont réussi à étouffer les vrais foyers de résistance. Nos autorites se sont precipites d'harmoniser les relations avec le Rwanda sana prendre la peine de leur demander la moindre explication sur le desastre dans lequel ils nous ont plongee. A mon sens, cela montre de quel cotée nos dirigeants ont leurs intérêts.
Les faits ainsi étayés ne sont nouveaux pour aucun compatriote et c'est justement là le nœud du problème. Nous avons décidé de fermer les yeux là-dessus et commençons même à sympathiser avec la médiocrité. Il n'est pas rare de rencontrer des compatriotes, surtout ceux qui ont de petites responsabilités au niveau du pays, qui disent que la nationalité de nos dirigeants est aujourd'hui une question qui ne se pose plus. Or, s'il est vrai que nos dirigeants sont en fait des émissaires du Rwanda, nous devons tout faire pour changer cet état de choses parce que nous ne pouvons rien attendre de bon de ceux qui nous ont déjà prouvé jusqu’à que point ils nous détestent. "Si quelqu'un te trahit une fois, c'est sa faute. S'il te trahit deux fois, c'est ta faute". Ceux qui nous gèrent aujourd'hui savent que si nous nous prospérons, nous aurons la possibilité de nous venger un jour. Ne serait-ce que pour cela, ils ne nous laisseront jamais vraiment prospérer. En même temps, comme ils savent aussi que nous aimons du superficiel, ils peuvent nous endormir avec quelques réalisations. Mais comme nous allons le montrer ci-dessous les cinq chantiers ne sont qu'un slogan sonnant creux.

2. Par rapport  à l’économie

Essayons de prendre quelques chiffres pour montrer combien nous continuons à être pauvres:

-En fin 2009, le PIB de la RDC était de 11.108 millions de $ tandis que le Chiffre d'affaires de Shell était de 278.188 millions de $. En d'autres termes, une seule compagnie, multinationale soit-elle, a produit 25 fois plus que notre pays dans son ensemble.(Source: Liste FMI 2009 en annexe & annual-review.shell.com/2009).
-Nos dépenses budgétaires, y compris celles financées par l'emprunt et le déficit, ne s’élevaient en 2008 qu' à 1.781.415.163.097 Fc soit moins de 2 milliards de dollars américains au taux moyen de cette année-laa. (Voir le budget de la RDC pour 2009 en annexe)   

-Toujours en 2009, notre PIB par habitant était de 185$,  dernier de la liste de 180 pays du monde. Le premier de la liste était le Luxembourg avec un PIB per capita de 113.044$. Ce même PIB était de 2952$ pour nos voisins du Congo-Brazza et de 863$ pour nos frères tchadiens. En clair, la RDC est aujourd'hui le pays le plus pauvre de la planète et le congolais moyen est 16 fois plus pauvre que son voisin de l'autre rive du fleuve ou même 5 fois plus pauvre que le tchadien qui vit dans son désert.

Au vu de tels chiffres, un gouvernement responsable ne peut pas adopter une stratégie d’indifférence. Au contraire, il devrait faire deux choses fondamentales:
-Assainir les finances publiques en optimisant les recettes publiques et en assurant une bonne affectation. Là ouu les recettes publiques sont bien allouées, on voit l'Etat jouer ne fut-ce que les rôles traditionnels qui lui sont reconnus(la paie régulière et consistante des agents de l'Etat et par conséquent l’amélioration des services qu'ils ont en charge y compris la constitution et l'entretien d'une armée réellement nationale). Nous n'avons  rien vu de tout cela.
-Chercher at relancer la production car la richesse ne vient que de la production. L'etat devrait primordialemeen créant un environnement favorable aux investissements tant privés que publics. l'Etat doit prendre sa responsabilité en investissant dans les routes, y compris de desserte agricole. C'est aussi une bonne idee que d'octroyer des crédits at des éleveurs, at des agriculteurs tout en mettant en place des programmes de formation permettant d’améliorer la productivité de nos paysans. C'est également du devoir de l'Etat de s'assurer que nos ressources naturelles, y compris le pétrole,  soient bien exploitées et que l'Etat se retrouve dans toutes sortes de partenariats qu'il signe.. Ce que nous avons vu jusqu'ici, c’était plutôt une économie de cueillette avec un gouvernement qui n'investit vraiment ni dans l'agriculture ni dans l'industrie. Il n'a rien fait pour relancer les activités des compagnies nationales comme la Gecamines,... Il se contente des recettes fiscales(surtout douanières) et à brader les ressources du pays au nom de quelques activités cosmétiques (En annexe, vous trouverez les realisations du 5 chantiers at ce jour). Ce que nous avons vu aussi, c'est des individus qui continuent à s'enrichir plus vite que l'Etat et un gouvernement qui ne fait rien du tout pour mettre fin à la recréation. Une question se pose:Est-ce par incompétence ou par cynisme?


Maintenant, quelle réponse donner à ceux qui croient que les quelques travaux que font nos amis chinois sont les prouesses de ce gouvernement. "Vaut mieux peu que rien", disent beaucoup de compatriotes et personnellement, j’étais d'accord avec eux jusqu'au moment ou j'ai découvert la vérité. Ces travaux peuvent constituer une vraie distraction. Rappelons tout d'abord qu'ils sont faits par des chinois, avec des capitaux empruntes auprès des chinois.(Il est de coutume en Science économiques d'enlever les influences particulières de certains faits ou de certaines saisons en vue de déterminer une tendance réelle. D’où les verbes désaisonnaliser ou déflater...)  Une fois mis de cote la dette que nous sommes entrain de contracter, demandons-nous maintenant quelles sont les recettes que l'Etat arrive à réaliser et comment il est entrain de les affecter. Il est impérieux de répondre at cette question parce qu'il se peut que nos propres recettes soient entrain d’être utilisées ailleurs pendant que nous hypothéquons nos ressources naturelles au nom d'une dette asservissante. Si les investissement des chinois étaient faits avec bonne foi, ils devraient peut-être nous aider at relancer les activités  de production et une fois la machine mise en marche, nous aurions nous-même de quoi faire du cosmétique. D'ailleurs, ce sont les chinois qui ont dit "Apprends-moi at pêcher au lieu de me donner du poisson" Là ils sont entrain de nous prêter du poisson. Meme si c'etait de investissements productifs, demandons un peu qu'est-ce qui a deja ete fait. Ces travaux ne sont en réalité qu'une goutte d'eau dans l’océan. Cela ne nous parait extraordinaire que parce que nous avons perdu la mesure de nos ambitions.

Le souci de cette analyse était plus de pousser de pousser à la réflexion que de donner des réponses toutes faites.

-Si tu as un semblant de paix autour de toi, sache que nos frères de l'Est sont toujours sujets à des tueries. D’après la voix de l’Amérique, la RDC est la capitale mondiale des des viols.

-Si tu as une maison, n'oublie pas ceux que la majorité des congolais vivent toujours dans des huttes.

-Si tu as un emploi, pense au nombre de chômeurs qui sont dans le pays.

-Si tu as une voiture, pense à tous  ceux qui traversent les villes et les villages entiers à pieds. Cela est notre responsabilité historique.

Sortons de cette léthargie et agissons. Si nous pouvions être surs d'avoir de vraies élections, ce serait l'occasion pour nous débarrasser de  nos adversaires. Si nous n’étions pas surs d'avoir de vraies élections, nous devrions procéder au boycott. Nous pouvons encore commettre des erreurs mais surtout ne commettons plus les mêmes erreurs. Si nous boycottons les élections, nous nous retrouverons avec un gouvernement non élu et qui n'aura donc aucune légitimité aux yeux de la communauté internationale. Ainsi fragilisé, il pourra  tomber sous la pression du peuple. Même s'il ne tombe pas tout de suite, au moins cela nous évitera un ridicule inutile.

Rene  Mampuya