Chapitre 3 : La Conversion

Comme tout le monde, j'avais d'abord cru à l'existence de Dieu. Suite aux raisons que vous connaissez, ma vision en ce qui concerne l'existence de Dieu avait complètement dévié. Les enseignements que me prodiguait le professeur, et les événements qui en découlaient, m'avaient complètement convaincu de la non-existence de Dieu. Mais, à partir d'un certain moment, je commençai à remarquer des contradictions entre ce que me disait mon professeur et la réalité quotidienne, qui n'était d'ailleurs qu'une illusion.
A partir du moment où je parvins à comprendre l'existence d'une réalité surnaturelle, il me fut impossible de pouvoir distinguer le bien du mal, le vrai du faux. Je me laissais vivre en attendant que la vérité se manifeste en moi. Mais Dieu est Amour, mes frères et soeurs. Il m'a fait voir clair.
Le monde du cimetière
La première fois que j'ai connu le monde du cimetière, c'est le jour où j'ai signé le contrat par lequel je devais travailler pour la déesse Maharashathie. Cette même nuit, lorsque nous étions revenus dans notre monde, après minuit, le professeur m'avait amené au cimetière. 'Je n'avais pas peur de la nuit, du fait que mon corps avait été conditionné pour ce genre de circonstances. Lorsque nous arrivâmes au cimetière, après nous être rendus invisibles, le professeur prononça une formule incantatoire appropriée, et toutes les croix du cimetière disparurent... Ce phénomène ressemblait à ce qui se passe lorsqu'on engage une bande vidéo dans un magnétoscope, avant que les images apparaissent sur l'écran. Ce même phénomène se produisit Sous nos yeux.
Un univers mystérieux remplaça les croix du cimetière, un monde constitué de gratte-ciel et de grandes bâtisses bien illuminées et animées... Il y avait des allées et des avenues, et tout ce qui constitue une ville contemporaine moderne. La population était constituée de jeunes. Aucun vieillard, aucun enfant, tout le monde était jeune.
Le professeur était un habitué des lieux. Je fus l'objet d'un accueil sans précèdent, digne d'un serviteur de la déesse. Je ne sais pas bien comment vous le faire comprendre. Toujours est-il que, lorsque s'ouvre ce monde, notre façon de nous comporter, c'est-à-dire la manière de penser, de se déplacer, de raisonner, de parler, etc.... tout cela change. Par exemple, je voyais bien ces grandes bâtisses, mais je ne me suis jamais demandé en quelle matière elles étaient construites.
On me fit visiter la ville. Je ne vis nulle part de dispensaire, d'hôpital, de maternité, ni d'hospice de vieillards. Je ne vis aucun infirme, c'est-à-dire aucun borgne ni handicapé quelconque. Les gens ne tombaient jamais malades. Bref, nous avions un autre corps. Lorsque je dis que la façon de raisonner ou de penser était différente, je vais illustrer par un exemple, pour vous aider à comprendre cette idée. Une fois, je fus convié à prendre part à une réception donnée au cimetière.
Alors que la fête battait son plein, je voulus me déplacer pour atteindre un objet qui était cloué au mur et situé au-dessus de ma tête. En principe, j'aurais du me lever et je me serais servi d'un escabeau ou d'un objet quelconque pour m'élever et atteindre ce qui était fixé sur le mur. Là, par la simple force de ma volonté, sans déployer aucun effort physique, et en restant toujours dans ma position assise, ma chaise se déplaça d'elle-même et s'éleva jusqu'à l'endroit où se trouvait l'objet, de telle sorte qu'il me fallut simplement tendre le bras pour prendre l'objet convoité. Ainsi, marcher n'était pas nécessaire, nous pouvions voyager à la vitesse de la pensée, ou bien nous planions.
Il y avait des boissons, des cigarettes, ainsi que des filles pour nous divertir. D'ailleurs, j'avais mes petites amies parmi les filles du cimetière, je vous l'ai déjà dit. Nous nous approvisionnions en nourriture parmi les aliments produits dans notre monde. C'est l'une des raisons pour lesquelles les marchandises, surtout les denrées alimentaires, s'épuisent sur nos marches. Si les revenants ne venaient pas acheter tous ces articles dans notre monde, il n'y aurait pas d'inflation ni de pénurie. Les corps des esprits du cimetière ne tolèrent ni n'acceptent l'ivresse. Mais certains esprits feignaient d'être ivres, pour déranger ou embêter les autres. La prostitution battait son plein parmi les filles du cimetière. Dans ce monde, il n'y a pas de famille, c'est-à-dire ni père ni mère, ni fils ni fille... Les femmes ne conçoivent jamais. Elles ne peuvent donc pas faire des enfants, et les gens ne meurent pas. La multiplication ou la reproduction se fait lors de l'arrivée des nouveaux candidats. A l'arrivée d'un nouveau candidat, un service d'accueil le prend en charge.
Mes bien-aimés en Jésus, je dois vous donner certaines explications sur ce que je viens de dire. Jésus, notre Sauveur, nous a dit: "Celui qui croit en moi et qui garde mes commandements ne connaîtra jamais la mort." Ailleurs, nous lisons dans la Bible: "Après la mort vient le jugement.." La Bible se contredit-elle? Non, mes bien-aimés, loin de moi une telle pensée. La Bible nous parle toujours de l'existence du ciel (lieu où habite Dieu), du paradis (lieu où se reposent ceux qui méritent le ciel - Luc 23:43), de l'enfer, et de l'abîme. Si vous lisez bien la Bible, vous comprendrez ces choses.
Lorsque quelqu'un meurt, s'il doit aller au ciel, son esprit va directement au paradis, dans un lieu bien déterminé, différent du ciel où se trouve Dieu. Mais si le défunt est candidat à l'enfer, son esprit plane au dessus de son cercueil, jusqu'à ce qu'on l'enterre. Avant qu'il ne soit enterré, certains magiciens peuvent parler avec cet esprit qui plane au-dessus du cercueil en se servant d'un miroir, ou d'eau prise dans le tourbillon d'une rivière, ou encore d'un certain parfum. Lorsque le cortège funèbre atteint le cimetière, les esprits chargés du service d'accueil prennent le nouveau venu en charge, et lui font visiter ses nouvelles habitations. C'est la fête.
Quel contraste avec ce qui se passe sur la terre, mes chers frères et soeurs! Alors que les amis, les frères et connaissances du défunt versent d'abondantes larmes pour la disparition de leur parent, ce dernier, émerveillé, se fait présenter son nouveau monde. Le mort voit ses anciens parents sur la terre et entend tout ce qu'ils disent, leurs pleurs, leurs lamentations, leurs doléances..., mais il ne peut rien faire. La réaction de certains morts me faisait parfois beaucoup rire. De leur vivant, ils n'avaient jamais supposé l'existence de ce monde dans lequel ils se retrouvent subitement, un monde apparemment bien meilleur que celui qu'ils viennent de quitter. Leur réaction était très étrange. D'autres se moquaient des vivants qui se lamentaient à leur sujet. J'ai passé sept ans dans ce monde du cimetière. C'est là que j'y ai pris tous mes repas, pendant ces sept années. Car, à partir du moment où j'eus goûté aux mets du cimetière, il me fut impossible de manger les aliments préparés dans notre monde. Et pourtant, c'étaient le même riz, les mêmes bananes, les mêmes haricots, les mêmes feuilles de manioc et autres denrées, que ceux que nous trouvions sur nos marchés. En dehors de mes occupations, qui étaient de "lier" les talismans, je travaillais aussi dans le service spécial d'accueil, ainsi qu'au calcul de l'horoscope des esprits "retardataires," et au service de contrôle: je traquais les esprits, surtout les femmes, pour qu'ils ne sortent pas du cimetière pour déranger les vivants, la nuit dans les bars.
Pour ce qui est des esprits "retardataires," je vous donne quelques explications. Chaque cercueil n'était pas nécessairement accompagné de l'esprit de son occupant. Certains esprits n'accompagnaient pas leur corps au cimetière. Ces esprits erraient encore dans le vide, parce que le cordon d'argent qui relie le corps à l'âme s'était rompu avant le temps. Pour ramener ces esprits au cimetière, je me servais des inscriptions figurant sur les croix tombales: Né à.... le.... décédé le... A partir de ces données, j'établissais leur horoscope, et je déterminais leurs planètes. La planète me fournissait tous les renseignements possibles sur l'endroit où errait le défunt. Ceci nous permettait d'envoyer une équipe pour le récupérer. Tous les esprits n'étaient pas retardataires. Certains critères nous aidaient à classer les esprits retardataires dans diverses catégories. On nomme ainsi ces esprits à cause de leur retard. Ils rejoignent leur corps avec un retard de quelques jours. Mis à part les esprits retardataires, il y avait d'autres esprits qui n'accompagnaient pas leur corps, et pour lesquels on ne pouvait déceler aucun critère ni aucun signe de retard quelconque. D'après la taille de leur cercueil, j'avais compris que c'étaient des enfants. J'en conclus tout d'abord que les bébés n'avaient pas d'esprit. Mais, au fil des jours, je remarquai que certains cercueils de bébés étaient pourtant accompagnés de leurs esprits. Je répète que dans l'autre monde, tous avaient la même taille et le même âge. C'est à la taille du cercueil que je déterminais l'âge des nouveaux venus au moment de leur mort. Je ne comprenais pas comment certains cercueils d'enfant avaient des esprits, alors que d'autres n'en avaient pas ce n'est que plus tard que j'en eus l'explication, que voici:
Normalement, les esprits des bébés ne viennent pas au cimetière, pour la simple et unique raison qu'ils sont purs devant Dieu (1 Cor. 7:14). Ils n'ont pas de péchés. Les esprits des bébés qui venaient au cimetière n'étaient pas de Dieu. Que cette affirmation ne trouble pas votre entendement. Tout le monde n'est pas de Dieu... Rappelez-vous qu'au chapitre premier, le professeur m'avait remis deux cachets. L'un d'eux avait pour rôle de faire concevoir chaque femme avec laquelle je couchais. Ce sont ces bébés, issus d'une telle elle conception, dont les esprits viennent au cimetière, une fois que leurs noms sont rayés de la liste des vivants. S'ils parviennent à grandir sur la terre, ces enfants deviennent de beaux gars, des géants, qui occupent souvent des postes importants dans la hiérarchie humaine. Pour la plupart, ils sont célibataires mais riches...
Je ne peux pas vous demander de vous mettre à ma place, chers frères et soeurs. Toujours est-il qu'il y avait, parmi les personnes décédées, certaines personnes que je connaissais bien. Pour ces personnes, après leur mort, les membres de leurs familles respectives cotisaient de grosses sommes d'argent pour célébrer des messes de requiem, ou messes des morts, afin que les âmes des défunts reposent en paix. Ironie du sort, c'étaient parfois les amis de mon professeur qui célébraient la messe pendant le jour, et qui nous rejoignaient ensuite la nuit au cimetière! Les parents ses défunts s'attendaient à ce qu'à partir de leurs prières le " Bon Dieu " pardonne les péchés des morts et les accueille dans Son ciel. Alors que c'était moi qui, dans le cadre de mes attributions, m'occupais de l'installation des nouveaux venus!
Telles furent mes occupations pendant plus de sept ans dans le monde du cimetière. Depuis que j'avais entendu la chanson des pigeons sauvages, ma décision était pourtant prise. C'est à cette époque que l'idée me vint d'abandonner les pratiques magiques, mais seulement à partir de l'âge de 70 ans. En réalité, j'avais peur de mourir jeune et pauvre. Dans mon for intérieur, je n'étais pourtant pas certain de pouvoir abandonner la magie, parce que je savais ce qu'il adviendrait de mon âme après ma mort, du moins d'après ce qu'on me laissait croire. Mais lorsqu'il me fut donné de découvrir la vérité, ma décision fut irrévocable.
Le cercueil vide
D'habitude, lorsqu'on amenait un nouveau cercueil au cimetière, l'esprit du nouveau venu attendait à côté du cercueil, jusqu'à ce qu'on lui donne tout ce dont il avait besoin pour son installation. Ce jour-là, il y eut trois entrées, donc trois morts. A côté de ces trois cercueils se tenaient deux esprits qui attendaient leur installation. Il n y avait aucun esprit auprès du troisième cercueil. La nuit, lorsque j'arrivai, je trouvai deux esprits au lieu de trots. Cela dépassa mon entendement, surtout qu'aucun des trois cercueils n'était celui d'un enfant et qu'aucun de ces trois cercueils ne montrait les signes qu'il s'agissait d'un " retardataire. "
Je profitai de la présence du professeur pour qu'il me fasse la lumière au sujet de ces deux cas précis. Je lui demandai: Pourquoi les esprits de certains bébés ne viennent-ils pas au cimetière, et où est l'esprit de ce troisième ?
En effet, je ne savais rien de tout cela. Le professeur me fit la réponse philosophique que voici: Ces genres d'esprits ne viennent pas ici. En principe, sur cette terre, la vie de chaque homme comprend cinq composantes, qui sont: la nourriture, le vêtement, la richesse, l'honneur et la gloire. Les âmes des personnes qui viennent ici sont celles des hommes qui ont vécu toutes ces cinq composantes sur la terre. Tandis que les âmes de ceux qui n'ont vécu que deux ou trois composantes de leur vie, pendant leur séjour sur la terre, ne viennent pas ici. C'est-à-dire qu'ils vivaient dans la simplicité et l'austérité pendant leur séjour sur terre, dans l'espoir de vivre les autres composantes de leur vie chez leur Maître.
Cette réponse du professeur, au lieu de satisfaire ma curiosité, ne fit que l'exciter davantage. Je voulus savoir qui était leur "Maître" et quel endroit était réservé à ceux qui ne venaient pas ici au cimetière après leur mort. A cette dernière question, le professeur ne donna aucune réponse.
Pendant ma conversation avec le professeur, se tenait à côté de moi l'une de mes petites amies du cimetière, un esprit servant. Elle avait tout suivi de mon dialogue avec le professeur. Elle m'entraîna à l'écart et me dit: Chéri, je m'étonne des questions que tu poses au professeur, après tout le temps que tu as passé parmi nous! Est-il donc vrai que tu ne saches pas où est parti l'esprit du troisième cadavre? C'est étrange qu'une question pareille vienne de toi! L'esprit du troisième corps ne peut pas venir ici pour la simple raison qu'il est chrétien. Tu ne peux pas dire que c'est plein de chrétiens ici! Oui, il y a des chrétiens qui viennent, mais ce sont des chrétiens de nom. Les vrais chrétiens ne viennent pas ici! Leur Maître ne veut pas qu'ils viennent ici. Il ne veut même pas qu'ils voient l'existence de notre monde. C'est pour cela que, lorsqu'ils meurent, Il les envoie chercher. Quant au lieu où ils partent, personne parmi tous ceux qui sont ici ne le connaît. Nous avons eu beau chercher l'emplacement de ce lieu, nous ne l'avons jamais trouvé, alors nous nous sommes résignes. Sais-tu pourquoi les vrais chrétiens ne viennent pas ici? Un vrai chrétien, s'il a de quoi se vêtir et se nourrir, cela lui suffit. Il ne cherchera pas la gloire, l'honneur, la puissance, ou encore la richesse. Ce sont ces trois dernières choses qui poussent les êtres humains à se séparer de leur Maître et à venir ici. Quand j'eus entendu ces paroles de ma concubine, je fus saisi de peur. Peur de mettre trompé, ou d'avoir été trompé. Pour la seconde fois, je posai cette question:
- Quel est le nom du Maître des chrétiens, et qu'est ce qui nous attend, nous qui sommes ici maintenant. Ma petite amie sourit un peu, puis elle me dit: Chéri, tu ne vas pas me dire que tu ne sais pas ce qui nous attend, nous tous qui sommes ici! Excuse-moi pour l'oubli, mais le nom du Maître des chrétiens, c'est LE ROI DE TOUT ESPRIT (de toute chair) (Nombres 16:22). A Sa venue, quand Il viendra pour juger les vivants et les morts, Il nous condamnera, nous tous qui sommes ici, et Il nous jettera dans un étang de feu éternel. C'est connu de tous. C'est pourquoi tu nous vois vivre dans l'opulence, car nous n'avons plus rien à perdre ni rien à gagner. Notre sentence est déjà tombée, nous n'attendons que son exécution. Alors, en attendant, nous nous amusons bien pendant ce sursis.
A ces mots, je me souvins de ce que me disait souvent mon professeur, à propos de ce qu'il adviendrait de mon esprit après ma mort. Jamais il ne m'avait parlé de jugement dernier ni de condamnation. Une colère froide inonda mon âme à l'encontre de mon professeur polonais. J'éprouvai pour lui une haine terrible. J'oubliai tous les bienfaits qu'il m'avait accordés.
" Le RO! DE TOUS LES ESPRITS, c'est JÉSUS..." Ces paroles du troisième Felbuss me revinrent à l'esprit. Je me dis que ce que j'avais lu quelque part dans la Bible était donc vrai. Il ne m'était plus permis d'en douter. D'ailleurs, a quoi cela servirait-il encore de douter ou de nier l'existence de Dieu et de Jésus-Christ, puisque la source dont me parvenait ces vérités n'avait aucun intérêt à me mentir? Tout mon corps tressaillit de la peur que j'avais ressentie.
Je craignais que les autres sachent que j'avais enfin découvert ce qu'ils me tenaient caché depuis longtemps. Cette nuit-là, je pris la décision d'abandonner la magie et toutes ses pratiques, quelles qu'en soient les conséquences. Il fallait d'abord que je sorte du cimetière. Je fis semblant de travailler comme d'habitude, sans laisser personne pénétrer mes pensées.
Le matin, vers quatre heures, je me rendis au lieu où se trouvait la sortie, et je récitai la formule incantatoire appropriée, pour la fermeture du monde invisible et l'ouverture du monde visible. Le monde féerique disparut pour laisser la place aux croix du cimetière plantées dans le sol. La rosée avait détrempé la végétation, et l'ombre de la nuit s'en allait, faisant ainsi place à un jour nouveau.
Je décide d'abandonner la magie
Je savais que je devais mourir si je mettais fin à la pratique de la magie. La mort ne me faisait pas peur pour autant. Mon désir profond était désormais qu'après ma mort mon âme n'aille pas au cimetière pour attendre la condamnation éternelle, mais plutôt qu'elle aille à l'endroit où l'esprit du troisième corps était parti. Je ne voulais pas qu'après ma mort mon âme soit la risée de mes anciens partenaires, de ceux pour qui j'étais un traître. Mais pour que mon âme soit auprès du Roi de tout esprit, il fallait que je devienne "un vrai chrétien", pour que Jésus envoie chercher mon âme après ma mort. Pour devenir un vrai chrétien, il ne fallait pas que j'aille trouver mon professeur car il m'avait déjà donné son point de vue sur Dieu.
A mon retour du cimetière, je partis trouver un pasteur. Je racontai à ce denier tout ce que j'avais fais dans le domaine de la magie, et tout ce qui m'attendait après avoir tout dévoilé à un non-pratiquant. Je ne lui ai pas caché ce qui m'avait poussé à abandonner la magie, car je voulais devenir un vrai chrétien. Il fallait que ce pasteur me dise comment faire, puisque mon professeur ne le savait pas. Le pasteur, bien qu'étonné et surpris de tout ce qu'il entendit de ma bouche, ne m'interrompit pas pourtant. Ce n'est qu'à la fin de mon récit qu'il me conseilla d'accepter le Seigneur Jésus dans mon coeur comme mon Sauveur personnel, et d'aller remettre au professeur tous les soi-disant pouvoirs et protections en ma possession(NDR). Il termina par ces mots: Tu ne mourras que si Jésus-Christ le veut.
Ma confession chez le pasteur avait pris assez de temps. Je retournai un peu tard chez le professeur, par rapport à d'autres jours. A la maison, je retrouvai le professeur assis dans le salon, l'air inquiet. Visiblement, il m'attendait, car, lorsque j'entrai, il me demanda aussitôt: Où étais-tu passé? Je t'ai cherché partout après notre conversation, pour te parler de certaines choses que tu m'avais demandées, mais je ne t'ai plus revu, à mon grand étonnement. Où étais-tu passé? L'une de tes amies m'a dit que tu étais déjà parti. Je suis arrivé et je ne t'ai pas trouvé. Où étais-tu encore passé? Parle, je t'écoute, mon fils.
Mon père, depuis plus de dix ans je suis à vos côtés. J'ai cru à tout ce que vous m'avez dit, sans arrière-pensée, car je vous ai toujours considéré comme mon père. Mais, depuis un certain temps, j'ai commence à remarquer certaines contradictions entre ce que m'aviez confirmé comme vrai, et la réalité que je vivais. Mon père, vous m'aviez remis une protection, en disant qu'elle me protégerait contre tout ennemi visible ou invisible, et pourtant, j'ai été paralysé par les cris d'un jeune homme, qui avait seulement pronom un simple Nom. Ce Nom dont vous niez l'existence, en voulant que je fasse de même. Je vous ai longtemps cru et respecté, mon père, malgré mes propres expériences qui contredisaient vos affirmations. Hier encore, je voulais éclaircir deux points pour lesquels mon raisonnement ne trouvait pas de solution adéquate. Votre silence n'a fait que confirmer mes doutes. Suite à votre silence, et grâce aux réponses donné par cet esprit servant qui se tenait à mes côtés, j'ai donc décidé d'abandonner la magie et de suivre Jésus quelles que soient les conséquences. C'est pour que je ne vous lâche pas que vous m'avez longtemps caché la vérité. Vous me la cachiez de peur que je vous abandonne, le jour où je la découvrirais. Maintenant que je connais la vérité, je ne vois pas ce qui me retient ici, ni ce qui m'empêche de vous quitter, cher professeur….
Je viens donc vous remettre toutes mes protections et tous mes pouvoirs, pour ne suivre que Jésus-Christ. Je désire qu'à ma mort mon âme ne retourne plus au cimetière, mais bien à l'endroit où est p hier l'âme du corps qui n'avait pas d'esprit. Je veux maintenant suivre Jésus, pour qu'à ma mort Il vienne me prendre et m'emmène à l'endroit que personne d'entre vous ne connaît. Excusez-moi, mon père, je dois vous quitter, et je dois quitter la magie. Je suis allé voir un pasteur ce matin et il m'a conseillé de tout vous remettre, protections et pouvoirs, afin de devenir chrétien. C'est pourquoi je vous donne cet objet.
L'objet en question était un petit flacon contenant un liquide visqueux. A l'intérieur de ce liquide se trouvait une "mami wata" miniature, mais vivante. (Une " mami wata " est une " sirène " ou esprit des eaux, N.D.E.). Le professeur m'avait très bien suivi. Il avait parfois acquiescé de la tête concernant certains points que je lui disais. Pour toute réponse, le professeur me dit:
Ce n'est plus à moi que tu dois remettre tes pouvoirs et tes protections, mais bien à la déesse Maharashathie. C'est avec elle que tu as signé le contrat t'obligeant à travailler toute ta vie. Alors, si tu tiens réellement à abandonner la magie, va trouver la déesse. Tu connais le chemin, et le moyen d'y parvenir. Si je peux encore te conseiller quelque chose, avant d'aller trouver la déesse, donne-toi un temps de réflexion. Si tu changes d'avis, viens me voir, et nous parlerons encore. Mais si tu tiens réellement à abandonner la magie, je te rappelle que tu mourras jeune et pauvre.
Dans mon excitation d'abandonner la magie, je n'avais pas réalisé toutes les conséquences graves de la réponse du professeur. En d'autres termes, je n'avais pas réalisé le risque que je prenais en me hasardant à aller au pays de la déesse Maharashathie pour lui remettre mes pouvoirs. Après réflexion, je me dis que ce serait un suicide de ma part. Je voyais mal la déesse, après que j'aie cassé le contrat qui me liait à elle, venir me redéposer à l'endroit où j'étais entré, pour que je retourne sain et sauf dans notre monde.
Alors que je faisais ma valise pour déménager de chez le professeur, l'idée me vint de ne pas partir au pays de la déesse, mais d'aller plutôt invoquer le docteur Kaylash Payba, dieu de l'Inde, dans un cimetière situé non loin de la cité. Ce choix d'un cimetière situé non loin des habitations était conditionné par la peur. J'avais peur qu'après avoir remis tous mes pouvoirs et protections, on ne m'interdise la sortie, pour que mon corps soit retrouvé le matin par les passants, au cas où l'on me tuerait. Je me disais encore qu'au cas où ils voudraient me faire du mal, je pourrais crier au secours et être secouru par les passants. J'avais peur !
Je déménageai de chez le professeur pour aller m'installer chez le pasteur, en attendant que ma vie se normalise. J'avais à présent terminé mes études et je détenais un diplôme d'Ingénieur Technicien en Agronomie générale. Je n'avais pas encore songé à travailler ni à chercher un emploi quelconque. Il était temps que je le fasse alors. Puisque je devais partir le soir au cimetière pour rendre mes pouvoirs, il me fallut passer tout l'après midi à écouter la Bonne Parole de Jésus, que me dispensa le pasteur. Il insista beaucoup pour que je remette à qui de droit tout ce qui me reliait encore au monde de ténèbres d'où je venais.
Le soir du même jour, je me rendis dans un cimetière situé non loin de la cite, dans l'espoir de réaliser le plan que j'avais soigneusement conçu au cours de la joue. Arrivé au cimetière, j'invoquai le docteur Kaylash Payba. Dans le passé, quand nous l'invoquions, le docteur manifestait sa présence par l'apparition d'une lumière lointaine qui grandissait au fur et à mesure qu'il approchait. Contrairement à sa manière d'apparaître habituelle, le docteur m'apparut cette fois en planant. Il se présenta en disant: Je suis le docteur Kaylash Payba, dieu de l'Inde. Voici, je marche dans les airs comme Dieu!
A mon tour, je me présentai, et je lui dis: Je viens de la part de mon professeur. J'ai abandonné la magie et toutes ses pratiques. Je viens donc remettre mes pouvoirs et mes protections. J'enchaînai en lui remettant ceux-ci. Après les avoir récupérés, le docteur me dit:
- Est-ce là l'unique raison de ta visite, ou as-tu autre chose à dire?
- Je veux récupérer mes cheveux et la poussière de mon talon droit, lui répondis-je.
- Va dans le bâtiment numéro deux, au deuxième niveau, regarde dans le tiroir de la deuxième chambre à gauche, et tu trouveras tout ce dont tu parles. Je partis, et je récupérai mes objets. J'éparpillai la poussière et je brûlai les cheveux. Je retournai ensuite auprès du docteur.
- C'est tout? me demanda-t-il.
- C'est tout, docteur, répondis-je.
- C'est bien, c'est bien… Tu sais ce qui t'attend, tu connais les lois: demain à douze heures, tu mourras, me prévint-il.
- Docteur, je mourrai si Jésus le veut! rétorquai-je. Sur ce, je pris congé de lui et je partis.
Sur le chemin du retour, je croisai! un groupe compact d'esprits servants. Ils m'interdirent le passage, disant que le docteur voulait me voir pour un dernier entretien. Sans faire attention à ce qu'ils disaient, je leur demandai de me laisser le passage, au nom de Jésus. Sur ce, ils s'écartèrent tous, et je passai au milieu d'eux.
- Crois seulement, mon fils, et tu seras sauvé! Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé! (Actes 16:31).
Je pris un camion pour ma sous-région natale, où résidait mes parents. Toi aussi, que tu sois magicien, féticheur, assassin, voleur, ivrogne.... que sais-je encore, crois et viens à Lui tel que tu es, et Il te sauvera comme Il l'a fait pour moi.
Bien qu'ayant bénéficie de la grâce du Seigneur, dans son ignorance, le frère Lisungi aurait sans doute évité certains combats s'il avait procédé de la sorte!
Arrivé chez le pasteur, je lui racontai tout mon entretien avec le docteur Kaylash Payba, dieu de l'Inde Le pasteur m'encouragea et remercia même le Seigneur pour moi. Personnellement, je n'étais pas convaincu de l'efficacité de la prière, en ce qui concernait les menaces du docteur. C'est pourquoi je demandai au pasteur de me remettre une somme d'argent me permettant de me rendre à Yangambi, où résidaient mes parents. Je lui dis que je ne voulais pas mourir loin de ma famille.
Le pasteur, après m'avoir exhorté à croire seulement au Nom de Jésus pour être sauvé, me remit la somme d'argent nécessaire pour mon transport jusqu'à Yangambi. Il m'accompagna jusqu'à l'endroit où l'on emprunte le moyen de transport pour Yangambi. En cours de route, il ne cessait de me répéter: Tu ne mourra pas, le Seigneur Jésus t'aime!
La maladie
A Yangambi, en dehors de quelques étudiants qui avaient assisté aux démonstrations magiques que je faisais en plain air à Kisangani, personne ne pouvait soupçonner mes activités mystérieuses. Ma conscience ne me reprochait rien vis-à-vis de mes parents. En effet, ils savaient que je faisais mes études à Kisangani, et que l'un de mes professeurs me logeait. Parfois, lorsque j'étais encore avec Hélène, je leur avais envoyé de petites sommes d'argent, tout en leur faisant comprendre que j'étais sans emploi. En réalité, je ne pouvais pas éveiller leur attention en leur donnant de grosses sommes d'argent. Donc, mon arrivée à Yangambi fut tout-à-fait normale à leurs yeux. Je fus bien accueilli, les voisins vinrent me dire bonjour. J'éprouvai un peu de chagrin à l'idée que toutes ces personnes chères me manqueraient pour de bon après douze heures, c'est-à-dire après ma mort!
A douze heures moins cinq, je leur dis que je me retirais dans ma chambre pour me reposer. En réalité, Je ne voulais pas mourir en présence de mes parents. Avant de m'étendre sur le lit, je fis cette prière: - Seigneur Jésus, c'est pour Te rejoindre que j'ai quitte toute ma gloire, toute ma richesse et tout mon bonheur.
Maintenant, je vais mourir…Je Te demande une chose, Seigneur Jésus: je voudrais que mon âme ne parte pas au cimetière, là d'où je viens. Envoie tes anges récupérer mon âme, pour que je ne sois pas la risée de ceux que j'ai quittés, de ceux que j'ai abandonnés pour Te suivre... Je souhaite que mon esprit aille à l'endroit où l'esprit du troisième cadavre du cimetière est parti. Pardonne mes péchés et prends soin de mes parents. Amen! A douze heures, je sentis une faiblesse envahir mon corps. Tout mon corps, ainsi que la chambre où je me trouvais, fut inondée d'une forte odeur de parfum. Je me dis que le docteur avait tenu parole. En effet, plus de dix ans passés au service des démons m'avaient donné une certaine connaissance de leurs moeurs. Par exemple, lorsque je vivais avec Hélène, et que je prenais un bain, j'utilisais des bidons de parfum au lieu de l'eau. D'où venaient-ils? Je ne sais pas. Ainsi lorsque je sentis l'odeur du parfum, je me dis qu'ils étaient là. Puis je perdis connaissance...
A seize heures, je repris connaissance, et je constatais que je n'étais pas mort. Quelques instants après, je me paralysai, c'est-à-dire que les articulations de mon corps ne répondaient plus convenablement à ma volonté. J'avais perdu la mémoire. Je ne savais plus calculer un plus un, ni comment je m'appelais. Je ne savais plus m'exprimer convenablement. Je ne pouvais plus me tenir sur mes jambes plus de cinq minutes sans tomber ou perdre l'équilibre... Bref j'étais devenu retardé mental!
Mes parents ne comprirent pas ce qui m'était arrivé. Moi, par contre, je le savais, mais je n'étais pas en mesure de le leur dire. Dans leur précipitation, ils "emmenèrent chez des guérisseurs, pour me venir en aide. Pendant deux semaines, je suivis ce traitement indigène sans succès. On me faisait des incisions dans la peau du cou, des reins, du visage, du ventre, et des poignets, à l'aide de lames de rasoir, tout en y frottant avec les doigts des substances noires en poudre. Je suivis ce traitement sans qu'il y ait une quelconque amélioration de mon état de santé.
Il m'arrivait parfois de retrouver la mémoire pendant un intervalle de temps limité. Un Jour, dans un moment de lucidité, je dis à mes parents:
- Ce traitement indigène dont je suis l'objet ne m'est d'aucune utilité. Ce sont des esprits qui sont responsable de ma condition actuelle. Ces féticheurs ne peuvent rien contre des esprits. Ils sont tous au service d'un seul et unique maître. Menez-moi plutôt à l'hôpital afin que j'aille y mourir, au lieu d'abîmer mon corps par ces incisions inutiles. A quoi bon toutes ces dépenses?
Le lendemain, mes parents m'amenèrent à l'hôpital de l'INERA à Yangambi. Les médecins, après m'avoir examiné, diagnostiquèrent des palpitations cardiaques. Pour plus de précision, et pour ceux qui voudraient un jour vérifier la véracité de ce qui va suivre, je vous donne les noms des deux médecins qui firent le diagnostic: le docteur LIKWELA et le docteur KANDE. Ces médecins conclurent donc que je me rétablirais après deux: semaines de traitement.
Mes chers frères et soeurs, au lieu des deux semaines prédites, je restai deux ans à l'hôpital, pour n'en sortir que les pieds devant! Deux ans de privations et de souffrances atroces.
Outre mon isolement et mes souffrances, il y avait aussi le problème de mon alimentation. En effet, sept ans passés à ne me nourrir que des aliments préparés au cimetière avaient conditionné mon estomac. Je vomissais tout aliment préparé que je voulais avaler, ou bien il me causait la diarrhée... Je fus donc oblige de renouer avec mon ancien régime alimentaire, qui consistait à ne manger que des aliments crus. Lorsque j'étais encore chez le professeur. Il m'était facile de suivre ce régime. Mais me permettre un tel régime dans un hôpital à Yangambi était un luxe, que mes moyens ne pouvaient satisfaire. C'est ainsi que je pouvais passer trois à quatre jours à jeun, sans que personne ne m'apporte quoi que ce soit à manger. Je ne condamnais pas mes parents pour ce manque de nourriture. Je les comprenais. D'abord, ils n'étaient pour rien dans ce qui m'arrivait. Ensuite, les aliments qu'ils devaient m'amener étaient rares sur le marché. Enfin, la distance qui séparait l'hôpital de la maison était aussi pour beaucoup dans cette privation. Je les comprenais donc.
Mes petits frères qui devaient m'amener la nourriture se fatiguaient aussi. Au fil des jours, mes parents se désintéressèrent de moi, à cause de la longueur de ma maladie. Une maladie qui n'avait d'ailleurs jamais été bien définie. Deux ans, ce n'est pas rien dans la vie d'un être humain. Mes parents souhaitaient soit mon rétablissement ou ma guérison, soit ma mort. Car ils étaient excédés, oui, excédés, de me voir souffrir, et de se voir dans l'impossibilité de faire quoi que ce soit pour me venir en aide. Alors, ils priaient, demandant au Très-Haut de me guérir ou de m'ôter la vie, car le fait que je demeure dans cette condition ne satisfaisait personne, sauf Satan, bien entendu, mon ancien patron.
Ma santé allait de mal en pis. Elle s'aggravait jour prés jour, malgré les médicaments qui m'étaient administrés, grâce aux relations qu'entretenait ma famille avec certains infirmiers. Mon frère puîné était infirmier stagiaire dans cet hôpital. Après son stage, il me confia aux soins de ses amis, afin que je sois bien traité. Malgré tous ces soins, ma maladie s'aggravait toujours.
Je n'avais pas peur à l'idée de mourir. Ce qui me tourmentait était l'idée qu'après ma mort mon esprit puisse retourner au cimetière. Pour mettre fin à ce calvaire, je décidai de me suicider. Mais, me rappelant la condition des suicides au cimetière, je refusai d'exécuter ce que j'avais personnellement envisage d'accomplir. Je préférais plutôt le réaliser par t'entremise d'une autre personne.
Je demandai une fois à un infirmier de mettre fin à mes jours, par exemple en dépassant la dose de médicaments, ou tout simplement en m'empoisonnant. Sur le moment, l'infirmier ne répondit rien. Deux jours après, il vint se mettre au chevet de mon lit, et me tint ce discours:
- Ce n'est pas parce que tu es le frère de mon ami que tu dois te croire tout permis. L'acte que tu m'as demande de commettre à ton égard est une ignominie dans le domaine de la médecine. Aucun docteur, aucun médecin, aucun infirmier au monde ne pourra accepter de commettre l'acte que tu me demandes de commettre sans encourir des poursuites de la part de l'ordre des médecins. D'ailleurs, il serait rayé de l'ordre des médecins, et ne pourrait plus exercer sa profession de médecin. Tu vois donc que ce que tu me demandes de faire revient à trahir mon serment. Mais puisque tu veux mourir, attends, je vais t'y aider en te chassant d'ici! Comme ça, tu iras mourir où tu voudras, mais pas ici en tous cas.
Je tiens à vous informer que cet infirmier s'était informé sur mon passé, et qu'il savait qui j'étais. Pour lui, ce que je lui demandais de faire était de La magie. Moi, en revanche, je savais que c'était Satan qui me faisait souffrir ainsi, pour me prouver qu'il n'était pas facile de l'abandonner.
On m'amena à l'hôpital d'Essai, car il n'y avait pas assez de malades dans cet hôpital. Plusieurs jours passèrent. Un jour, j'étais assis dans la véranda, le dos appuyé contre une colonne. Je remarquai que le monde où je me trouvais se mit à me fuir. En d'autres termes, les images et les sons s'éloignaient de moi et revenaient. Lorsqu'ils s'éloignaient, tout devenait plus petit, et les sons devenaient inaudibles. Ce phénomène dura au moins pendant dix minutes, puis tout redevint normal.
J'en informai mon infirmier. Ce denier me dit aussitôt que c'était la mort qui venait, et que si j'étais croyant il était grand temps pour moi de prier ou de me confesser. Contrairement à son attente, peut-être, qu'il me fit cette réponse, elle me remplit tellement de joie qu'il ne pouvait pas se l'imaginer. Je me dis qu'enfin j'allais mourir, que la souffrance et l'isolement étaient finis, ainsi que la maladie et les tourments, et que j'allais enfin voir Jésus. J'allais Le voir face à face, Lui, le Roi de tout esprit, Lui qui était tellement craint, Lui, le summum de toute puissance!
Après avoir annoncé à l'infirmier ce qui m'était arrivé, on me changea de chambre. Je fus alors transféré dans la salle des agonisants. Il y avait déjà un homme qui m'avait précédé dans cette salle, et qui occupait un lit. Il agonisait déjà. Je vous informe que, pendant les cinq jours qui avaient précédé mon changement de chambre, personne ne m'avait apporté à manger. En plus de ma maladie, j'avais donc faim, et, malgré les couvertures, j'avais froid.
Je sentis en moi un affaiblissement total envahir tout mon être. J'étais couché sur mon lit de malade. Il y avait un jeune garçon qui était venu rendre visite à un parent malade. Après qu'il l'ait cherché partout dans l'hôpital, on l'envoya dans la salle où je me trouvais. C'est là qu'il retrouva son parent à l'agonie. Le jeune homme s'empressa d'aller prévenir la famille de l'état de leur parent. Alors qu'il sortait, je lui fis signe de s'approcher. Lorsque je l'eus interpellé, il reconnut en moi le magicien de Kisangani. Il me reconnut malgré mon amaigrissement. Sans lui donner le temps de prononcer une parole, je lui dis d'aller aussi prévenir les miens de la gravité de mon état, et j'ajoutai:
- Je sens que la mort approche. Je vais mourir. Je le Sens, et, d'ailleurs, les médecins me l'ont affirmé. Toi, par contre, va prévenir mes parents et dis-leur de se dépêcher, car ce sera leur dernière visite. Ils ne pourront plus revenir ici après ma mort, sinon pour transporter mon cadavre et l'enterrer. En mourant, je mets ainsi fin à leurs tourments. Dis-leur que je ne leur en veux pas de mourir si jeune. Ce n'est pas de leur faute. Eux, ils m'ont envoyé faire des études, et moi, parce que je voulais m'enrichir vite, j'ai tâté à la magie. Je n'ai qu'un seul regret en ce qui les concerne:
je meurs comme un chien. Je meurs comme quelqu'un qui n'a pas de famille, sans personne à côté de moi pour me fermer les yeux après ma mort. Je meurs affamé: depuis cinq jours, personne n'est venu me voir, et je n'ai rien mangé. Dis-leur que je ne leur en veux pas. C'est de ma faute... Va et répète-leur tout ce que je t'ai dit. Attendri par ce discours lugubre, le jeune garçon se mit à pleurer. Il refusa de partir, me disant qu'il préférait attendre que je meure, pour qu'il me ferme les yeux après, et qu'ensuite, il partirait faire la commission. Mais je refusai catégoriquement sa proposition. Pour le convaincre, j'ajoutai:- Fais vite. Peut-être que si tu te dépêches, ils pourront venir me trouver encore vivant, et ainsi je pourrai leur dire ce que je n'ai pas eu le courage de te dire.. Fais vite! Rassuré, le jeune garçon s'en alla, mais il était triste.
Quelques heures après le départ du jeune homme, j'éprouvai des sensations bizarres dans mon corps. Allongé sur mon lit dans la chambre où je me trouvais, je vis le ciel descendre à une vitesse vertigineuse, et me couvrir les yeux. Je répète que je me trouvais dans la chambre de l'hôpital. Je tournai les yeux de gauche à droite pour essayer de comprendre ce qui m'arrivait, mais, partout où je tournais la tête, je ne voyais que le bleu du ciel. Pas le noir de la nuit, mais le bleu du ciel. Ma vue était partie... (Ecclés. 12:4).
Quelques instants plus tard, les sons s'éloignèrent. Je sentais les bruits qui étaient autour de moi s'éloigner petit à petit, jusqu'à disparaître complètement...Aucun son ni bruit ne m'était plus audible. J'en conclus que j'étais devenu sourd. L'ouïe était partie à son tour... (Ecclés. 12:6). Je n'étais pas aveugle, ci pourtant je ne voyais que la couleur bleue. J'étais sourd. Je ne voyais rien et n'entendais rien de ce qui se pas sait autour de moi, mais je sentais tout ce qui s'y déroulait. J'étais donc encore conscient, en quelque sorte. Un moment après, je constatai que mes mâchoires pesaient tellement lourd et n'obéissaient plus à la force de ma volonté pour s'entrouvrir ou se refermer. Je ne pouvais plus parler ni faire sortir un son quelconque. Pourtant, mon coeur battait toujours et je respirais, bien qu'avec peine, mais je respirais quand même. La Parole était partie... (Ecclés. 12:6).
Puis je sentis tout à coup un froid glacial, pour ne pas dire mortel, m'envahir et saisir mes orteils et mes doigts. A partir des orteils et des doigts, ce froid gagna progressivement tout mon corps, et convergea vers le coeur. Chaque membre de mon corps traversé par ce froid devenait insensible, comme s'il n'existait plus. Il me devint alors impossible de bouger, même un petit doigt. Tous les membres de mon corps étaient devenus trop lourds et ne m'obéissaient plus. Le toucher venait de partir... (Ecclés. 12:7).
Puis vint le moment critique, moment atroce que traverser tout être né de femme. Les battements de mon coeur résonnaient en moi avec une grande amplification, à la manière d'un marteau sur l'enclume d'un forgeron... Thoum! Thoum! Thoum!...La séquence des coups devint irrégulière. L'intervalle entre coup et le suivant s'élargissait de plus en plus. J'eus peur et je voulus crier... (Ecclés. 12:7).
Je voulais crier pour demander de l'aide, appele au secours! Mais la voix ne sortait plus de ma gorge. Je voulais appeler un prédicateur de la Bonne Parole, le pasteur pour me baptiser... Je voulais même faire une courte prière, mais les idées ne me venaient plus était trop tard... Tout était embrouillé dans ma tête. Je souffrais, et ma souffrance augmentait de plus en plus.
Mes chers frères et soeurs en Christ, j'ai pleuré, regretté ma vie, surtout ma jeunesse. Je me dis que c'était ma faute si je devais souffrir ainsi. Pourquoi avais-je cherché à m'enrichir? Pourquoi avais-je cherché la puissance et la gloire en ayant recours aux moyens malhonnêtes? Pourquoi avais-je suivi aveuglement les enseignements du professeur? Pourquoi avais-je pratiqué la magie? Maintenant, je devais mourir prématurément, jeune et pauvre, alors que ceux de mon âge vivaient encore, bien que pauvres mais quand même vivants. Maintenant, je devais payer le prix, mais quel prix? (Ecclés. 12:1-3).
Une douleur lancinante m'étreignit le coeur. On aurait dit qu'un chirurgien mystérieux, mieux encore, qu'un boucher, coupait à vif, à l'aide de ciseaux, une région située au centre du coeur. A chaque coup de ciseaux, la douleur augmentait d'intensité. A chaque coup, j'inspirais une grande bouffée d'air. J'inspirais de l'air en grande quantité, mais mes poumons ne s'emplissaient jamais! On aurait dit qu'ils étaient troués et laissaient passer l'air sans le retenir. Nous savons tous que la respiration consiste à inspirer de l'air frais et à expirer l'air déjà traité par les poumons. Mais moi, je ne faisais qu'inspirer, alors que mes poumons ne me permettaient pas d'expirer...
A chaque nouveau coup, la douleur devenait de plus en plus aigue, et j'inspirais à présent de bien plus grandes bouffées d'air que les fois précédentes. Bien chers frères et soeurs, c'est à ce moment précis que tout homme a besoin de son Créateur. D'ailleurs, je n'ai pas de commentaires à faire là-dessus, puisque vous êtes déjà nés. Vous mourrez donc un jour, et vous passerez par cette expérience pour vérifier sa véracité... Je n'arrive peut-être pas à trouver les termes appropriés, mais les choses sont ainsi. C'est à ce moment-là que tu désireras connaître ton Dieu, toi qui ne l'as pas encore connu, et qui t'obstines à l'ignorer...Enfin, le dernier coup de ciseaux coupa ma dernière tranche! Tout l'air contenu dans mes poumons sortit et j'expirai... J'étais mort!
De l'autre côté de la mort
Quelques secondes après que mes poumons aient rejeté tout l'air qu'ils contenaient, je me vis me lever et me mettre sur mon lit, de sorte que mes pieds touchaient le sol. A côté de moi, sur l'autre lit, je remarquai une personne qui se levait aussi de son lit. Cette personne voulut savoir si j'étais prêt pour le voyage. En effet. Il me semblait que je devais faire un certain voyage, mais pour aller où je ne savais pas! Alors je lui répondis par l'affirmative.
Mon nouveau compagnon et moi, nous descendîmes de nos lits respectifs, et nous nous dirigeâmes vers la sortie. Tout en nous éloignant, je jetai un coup d'oeil à l'endroit que je venais de quitter. Sur le lit, je remarquai une forme allongée et recouverte d'habits. Je ne reconnus pas cette forme comme étant mon ancien corps, puisque j'en avais un autre, et que je n'étais pas fou non plus. Nous descendîmes donc des lits et nous nous dirigeâmes vers la sortie, dans le but de trouver un moyen de transport pour nous amener à la destination. Je précise que cette destination nous était inconnue jusqu'alors. Nous partîmes nous installer de l'autre côté de la route qui passait par là.
Une voiture blanche vint s'arrêter à quelques mètres de l'endroit où nous nous trouvions. Le conducteur en descendit et nous demanda si nous avions aperçu deux personnes avec des paquets en main, et il ajouta: -Le ROI m'envoie chercher deux personnes qui, en principe, devaient se trouver à cet endroit. Mon ami et moi répondîmes avec empressement qu'il s'agissait bien de nous. Le conducteur nous dévisagea un instant sans rien dire, rentra dans sa voiture, et partit.
Après le départ de la voiture, notre attention fut attirée un groupe de personnes qui venaient en faisant beaucoup de bruit, se tenant la poitrine tout en se lamentant. Sans faire cas de notre présence, ils nous dépassèrent et entrèrent dans la salle d'où nous étions sortis. A l'intérieur, ils firent encore plus de bruit que dehors. Regroupés autour des deux lits, ils s'affairaient tout autour en se lamentant encore d'avantage, en regardant les deux formes allongées sur les lits.
Vu que le bruit qu'ils faisaient nous exaspérait, je m'approchai de l'un d'eux pour qu'il m'explique la raison de tout ce vacarme. Je le touchai et lui demandai la raison de tout ce bruit. L'autre ne tourna même pas le regard dans ma direction.. Je l'ai abandonné pour aller trouver un autre, toujours du même groupe. La réaction de cette deuxième personne fut identique à celle de la première. Je voulais contacter une troisième personne, lorsque mon compagnon intervint pour me dire de laisser tomber. Il ajouta:
- Ne vois-tu pas qu'ils ne peuvent ni nous voir, ni nous sentir, ni nous entendre? - S'ils ne peuvent ni nous voir, ni nous sentir, ni nous entendre, c'est que nous sommes morts...
Cette déduction mit mon compagnon mal à l'aise. Vexé, il me dit:
- Nous ne sommes pas morts et nous ne mourrons jamais, du moins en ce qui me concerne. Je suis vivant et je ne mourrai pas!
Voyant le ton de sa voix et le calme avec lequel il s'exprimait, je ne pouvais plus douter. Convaincu, je me tus et revins prendre ma place au bord de la route, à côté de lui. Un peu plus tard, les personnes en question s'éloignèrent de l'hôpital en emportant deux colis.
Un long moment passa sans qu'aucun incident ne vienne troubler notre quiétude. Puits vint un autre véhicule, un bus cette fois-ci, qui s'arrêta tout prés de l'endroit où nous nous trouvions. Le conducteur, sans sortir de son véhicule, nous posa la question de savoir s'il s'agissait bien de nous, et si nous étions les deux passagers qu'on lui avait ordonné de ramener à bord de son véhicule? Notre réponse fut affirmative. Etonné de notre réponse, il s'en alla déçu...
Le silence fut rompu par une voix qui provenait d'au-dessus de nous, et qui disait: "Femmes chrétiennes!" Femmes africaines chrétiennes!" Levant nos yeux dans la direction d'où provenaient les voix, nous aperçûmes un grand navire, un bateau qui naviguait dans l'espace!
Les passagers du bateau étaient des femmes noires, toutes coiffées de mouchoirs blancs. Sur le bateau était fixé le drapeau de Jésus. Lorsqu'elles nous aperçurent, ces femmes agitèrent leurs mouchoirs dans notre direction, et entonnèrent une mélodie dont voici le texte: " Le drapeau de Jésus flotte et nous montre le chemin du ciel! " Nous restâmes à contempler le bateau, qui disparut avec ses passagers dans les nuages. Nous répondîmes à leurs salutations en agitant nos mains.
Longtemps après que le bateau ait disparu, je posai cette question à mon compagnon:
-Mon cher, toi qui dis que nous ne sommes pas morts, as-tu déjà vu un bateau naviguant dans les airs? Moi, pas encore, ce n'est qu'ici que je vois des choses pareilles. Ensuite, as-tu entendu les paroles de la chanson des femmes qui nous saluaient dans le bateau, tout à l'heure? " Le drapeau de Jésus nous montre le chemin qui mène vers le ciel." As-tu jamais entendu cela autre part, toi qui prétends ne pas connaître la mort?"
Pour toute réponse, après avoir souri de l'air de quelqu'un qui s'apitoie, il me dit:
- Si toi tu penses que tu es mort, moi, je ne le sais pas, mon cher. Mais ne veux-tu pas que nous parlions d'autre chose, s'il te plait, car je ne sais pas de quoi tu parles, et je ne tiens pas à te l'expliquer en tous cas. Je me sentis ridicule devant l'attitude de mon ami. A chaque réponse qu'il me faisait,je sentais l'inutilité mon insistance. Alors je me tus, et je me résignai, pour ne pas lui causer de soucis par mes questions.
Un grand bruit nous fit sursauter: c'était un grand engin volant. Je le nomme avion pour une meilleure compréhension, mais, en réalité, ce n'était pas un avion. L'avion en question vint donc se poser à quelques mètres de distance de l'endroit où nous nous trouvions. Le pilote sortit de sa cabine et fit signe à mon ami de prendre place à bord. Ce dernier ne se fit pas prier deux fois. Il entra sans protocole. Je m'apprêtais aussi à entrer, lorsque je vis la porte me claquer au nez. Le pilote, à l'aide d'un microphone, me dit qu'il n'avait pas reçu d'instructions précises à mon sujet, il me dit qu'il fallait attendre la décision du ROI, qui devait passer d'un moment à l'autre à cet endroit précis. A l'intérieur de l'engin, mon compagnon suivait mon plaidoyer avec le pilote.
Soudain, une forte voix se fit entendre: "LE ROI!"
Tout à-coup, le ROI apparut. Son corps était transparentcomme du cristal, c'est-à-dire que nos regards pouvaient traverser son corps sans peine, et voir distinctement les objets qui se trouvaient de l'autre côté. Il était beau et avait la stature d'un homme normal. Quelqu'un sortit de l'avion en tenant à la main un document, dans lequel il y lut toute ma vie passée. Il y décrivit toutes mes actions, depuis le jour où j'étais devenu conscient, jusqu'au moment où j'avais envoyé le jeune homme prévenir ma famille à l'hôpital. Le ROI suivit tout sans mot dire puis, à la fin, Il fit un signe négatif de la tête. Il ne prononça aucune parole. Puis Il disparut. Au même instant, l'avion décolla en emportant mon compagnon. Alors que ce dernier s'en allait, un grand chagrin envahit mon coeur! Je restais seul, abandonné. Ce sentiment d'isolement me fit si mal que j'eus envie de pleurer.
Mais, tout-à-coup, j'entendis une voix lointaine qui disait: "JESUS-CHRIST, JUGE DES MORTS! JESUSCHRIST, JUGE DES MORTS! JESUS-CHRIST, JUGE DES MORTS! " Cette voix s'approcha de moi et s'amplifia de telle manière qu'à la troisième fois je sentis comme si mes tympans éclataient. N'y tenant plus, et dans un ultime effort, je me réveillai!
Un ressuscité à Yangambi!
J'étais donc revenu à la vie! Lorsque j'ouvris les yeux, la première chose que je remarquai furent les rameaux de palmier qui pendaient au-dessus de ma tête. Lorsque je tournai la tête autour de moi, il y eut instantanément deux mouvements dans la foule qui était autour de moi: ceux qui étaient tout près s'enfuirent, se sauvant loin de moi, alors que ceux qui étaient éloignes s'approchaient pour voir pourquoi les autres fuyaient. Il y eut donc deux mouvements simultanés. L'heure était à la contemplation et à l'admiration. Personnellement, je ne comprenais rien de ce qui se passait.
Il y avait plusieurs personnes autour de moi. Parmi elles, je reconnus certains visages. A ma gauche, il y avait un cercueil avec tous les éléments prêts pour une inhumation: il y avait des draps bien blancs, des oreillers, et une partie de mes habits. Je portais un costume que je ne rappelais pas avoir déjà porté.
J'avais aux pieds des chaussettes blanches, et des gants blancs aux mains. Tout sentait le parfum. Le flacon était d'ailleurs déposé au bord du cercueil. Il était prés de quatorze heures lors que je revins à la vie. Des bougies brillaient aux quatre coins du cercueil. Lorsque je réalisai ce qui s'était passé, une grande joie inonda mon coeur. J'étais mort, et maintenant j'étais revenu à la vie! En me levant du lit où j'étais allongé, mes premiers paroles furent: "GLOIRE A JESUS-CHRIST, JESUS-CHRIST EST VIVANT!" Les gens autour de moi, s'étonnaient, se demandant où j'avais connu Jésus.
Après ce moment de joie immense, J'émis le voeux de me rendre à l'hôpital où j'avais été hospitalisé, et où j'étais décédé. Lorsqu'on apprit ma résurrection, tout le monde accourut pour me voir. J'avais passé plus d'une journée chez les morts. Car j'étais mort la veille vers dix heures, et j'étais revenu à la vie le lendemain vers quatorze heures. On m'apprêtait déjà pour mon enterrement lorsque je revins à la vie.
En route vers l'hôpital, tout le monde s'étonnait de ce que je parlais de JESUS SAUVEUR. Je sentais qu'une force m'entraînait vers l'hôpital. Je ne savais même pas ce que j'allais y faire. Arrivé à l'hôpital, je fus reconnu par les malades comme le décédé qu'on avait emmené la veille. Sans m'occuper de ce qu'ils disaient, je m'écriai à haute voix: " GLOIRE A JESUS-CHRIST, JESUS-CHRIST EST VIVANT! " Ces paroles, prononcées vers quinze heures dans un hôpital de Yanganibi produisirent un grand miracle.
Tous les malades furent guéris. Tous, sans exception! Même ceux qui avaient été opérés dans l'après-midi de ce même jour. Tous furent guéris, et les médecins n'en revenaient pas! L'un d'eux, le docteur BAYLO s'approcha d'un ancien malade qu'il avait lui-même opéré dans l'après-midi. Mais, en voyant ce denier sautiller et courir de joie, il crut qu'il était devenu fou, en plus de sa maladie, ou que c'était lui-même qui devenait fou. Pour en avoir le coeur net, il appela un malade et l'obligea à se déshabiller. Ce dernier, sans vergogne, ne se fit pas prier deux fois. Alors le docteur remarqua comment celui qui avait formé le corps de l'homme avec la poussière de la terre savait guérir, Lui, JESUS...! Il ne restait plus aucune cicatrice ni trace quelconque de la moindre intervention chirurgicale.
Pour un miracle, c'en était un! Un vrai, en tous cas! Le médecin ne savait plus que penser ni que dire. Bien sûr, il savait bien définir ce qu'était un miracle, mais il n'en avait jamais palpé un. Ce jour-là, l'occasion lui fut donnée d'en voir un, et il crut. Le soi-même, il fut baptise par immersion au Nom de JESUS! Faute de malades, l'hôpital resta vide....
Après ce grand miracle, je me souvins de mon compagnon de voyage, celui qui avait pris l'avion. J'exprimai le voeu qu'on m'amène chez lui. Là, je vis que le deuil battait son plein. Je m'approchai de ses proches parents et je leur demandai de m'écouter. Lorsqu'ils me reconnurent, ils se turent tous. Je leur conseillai de ne plus pleurer, mais de se réjouir, puisque leur parent décédé était " bien " à l'endroit où il se trouvait actuellement. Je leur expliquai tout ce qui s'était passé, et comment j'avais eu du mal à faire comprendre au décédé que nous étions morts. Comment mon compagnon m'avait conseillé de ne pas chercher à connaître les raisons du vacarme qu'ils faisaient. Je leur fis comprendre que les pleurs et les lamentations n'avaient rien à voir avec les morts. Tout ce dont ces derniers avaient besoin, c'était du calme et de la tranquillité. Je leur expliquai aussi comment le Grand Roi avait envoyé tout un avion pour transporter leur frère qu'ils pleuraient. Tous me suivirent d'une oreille attentive. Personne n'osa m'interrompre. A la fin de mon récit, personne ne se remit à pleurer. Il était temps d'aller enterrer le corps de mon compagnon.
Bien qu'affaibli par la maladie, je transportai aussi le cercueil de mon ami. Je me disais en moi-même: " Si j'étais encore dans la magie, je ne pourrais pas voir l'esprit de celui-ci ! " Arrivé au cimetière, il y avait deux trous creusés à même le sol au même endroit. L'un m'était destine, et l'autre était pour mon compagnon. Nos tombes étaient mitoyennes parce que nous étions décédés le même jour. La vue de ma tombe suscita en moi les mêmes sentiments d'isolement que j'avais ressentis lorsque l'avion avait décollé, emportant mon ami...
La fatigue, la faim et le chagrin finirent par briser le peu de forces qui me restaient encore. Me souvenant du départ de mon compagnon, je pleurai. Pourquoi étais-je revenu à la vie? Pour souffrir encore dans ce bas monde? Mon organisme avait besoin de beaucoup de repos et de nourriture. Je tombai par manque d'énergie, et je perdis connaissance! Evanoui, on me ramena à la maison. Je repris connaissance en cours de route.
Plusieurs jours passèrent. Je retournai à Kisangani. Là-bas, je devins évangéliste. Pour approfondir encore d'avantage mes connaissances dans les choses de Dieu, je me fis inscrire à l'École Biblique que dirigeaient les professeurs norvégiens.
Mes parents choisirent une jeune fille en manage pour moi. Puis je fus employé à la Société CAMEZA, agence de Kisangani. Cette entreprise fabrique des fils métalliques. J'avais le grade de Sous-Directeur. La Société me logeait et j'avais une Land-Rover à ma disposition.
Le Seigneur bénit Son oeuvre à travers mon ministère, au sein de l'Église de Kisangani. Beaucoup de miracles produisaient à travers nos prières, entre autres la guérison des malades mentaux. En effet, notre ministère concernait surtout les malades mentaux. Nous prions pour eux, et le Seigneur les guérissait tous. Parmi eux, il y eut les deux jeunes étudiants qui avaient pris la fuite lors de l'arrivée des Felbuss, le commando qui avait tiré sur moi, et bien d'autres personnes encore.
Autour de nous se forma une cellule de prière.
Dans le cadre de mon ministère, je persuadai plusieurs personnes, à qui j'avais remis des talismans lorsque je pratiquais encore la magie, de suivre mon exemple et abandonner les pratiques magiques. Certains acceptèrent et abandonnèrent la magie, tandis que les autres ne voulurent pas de mes paroles. Chez eux, Satan avait resserré le bandeau de l'ignorance sur leurs yeux, de peur qu'ils ne voient la clarté de la prière, pendant qu'il faisait encore jour.
La Mission
Mon diplôme d'Ingénieur Technicien en Agronomie Générale me permit d'assumer certaines responsabilités dans des sociétés de la place. A la CAMEZA, par exemple, je fus Directeur Régional Adjoint à la succursale de Kisangani. Contrairement à certaines personnes qui, une fois bénies matériellement, éprouvent de la honte à proclamer Jésus-Christ ressuscité, mes fonctions ne représentaient pour moi aucun handicap pour prêcher l'Évangile autour de moi. C'est pour vous dire que j'avais repris le cours de la vie.
Bien-aimés dans le Seigneur, mon intérêt pour les choses divines avait fait que je devienne évangéliste dans une communauté protestante de la place. Pendant six ans de ministère au sein de mon église, je tins secret le témoignage dont vous venez de prendre connaissance. Ce silence était dû à plusieurs facteurs que voici: d'abord , j e ne voyais aucun intérêt à raconter aux enfants de Dieu ce passé de moi-même que je voulais coûte que coûte oublier. Ensuite, j'avais peur d'être traduit en justice par certaines personnes qui se sentiraient directement concernées par ce récit. Enfin, il y avait le respect du à mon professeur qui, d'ailleurs, se trouvait toujours sur place.
La boule de feu
Autour de moi se forma un groupe de prière qui ne dépendait d'aucune autre communauté existante, sinon de Jésus-Christ Lui-Même. Nous nous réunissions pour la louange, la méditation de La Parole de Dieu, la prière d'intercession et l'adoration.
Comme je vous l'ai dit précédemment, le Seigneur nous avait donné le don de guérison... Un jour, on nous emmena sept malades, afin que Dieu les sauve par nos prières. Mais, malgré nos prières, aucun des malades ne fut rétabli! Et comme s'était ajoutée à cela une certaine sécheresse spirituelle au sein de notre groupe, nous décrétâmes un jeûne de sept jours, afin de raviver la présence du Saint-Esprit au milieu de nous. Ce jeune devait se terminer par une veillée de prière qui coïncidait avec la date du premier janvier 1986.
Un événement se produisit alors au cours de cette nuit. En effet, nous nous trouvions au nombre de 32 dans une chambre de la parcelle située au 39, rue de Mangobo. Quartier Rongo, Zone de Matete, dans la ville de Kisangani. Nous exaltions Dieu par des cantiques de louange, et tout le monde transpirait! Tout à-coup, une boule de feu descendit, et s'arrêta au milieu des quatre frères choristes!
Poussés par la puissance du Saint-Esprit, ces frères confessèrent à tour de rôle leurs méfaits à haute voix, tout en pleurs! Cette confession nous laissa pantois, car nous n'aurions pu imaginer un seul instant avoir au sein de notre chorale des voleurs, des escrocs, des impudiques et des assassins! Mais, prenant part à leur sincérité, nous nous mîmes également à pleurer, en implorant pour eux le pardon du Tout-Puissant. Comme c'est merveilleux de recevoir le pardon du Seigneur, d'être lavé de tous les péchés, et de vivre ans l'amour du Christ!
Dans cette boule de feu que tout le monde voyait au milieu de nous, j'aperçus ce qu'Ezéchiel avait vu et écrit au deuxième verset de son livre: un "Être en Blanc!" cet Être de Lumière S'approcha de moi et épongea mes larmes! C'est alors que, ne pouvant maîtriser mon émotion, j'explosai de joie et je criai à haute voix: "mes frères, le Seigneur Jésus-Christ a effacé mes larmes, le Seigneur est là, Il est au milieu de nous!"
En effet, mes frères constatèrent que mes joues humides étaient effectivement devenues sèches. Mais ils ne virent que la boule de feu, et non le Seigneur.
Quoi d'étonnant à cela, mes bien-aimés? Ceux qui accompagnaient Saul sur la route de Damas n'avaient-ils pas vu la lumière sans entendre la voix?
Après cela, l'Être redevint la boule de feu, qu'Il s'éleva vers le ciel en m'entraînant dans sa trajectoire, de la manière décrite dans Ezechiel 8:3. Tandis que, pour les frères qui priaient avec moi, je m'étais écroulé sans vie à même le sol!
Mes frères bien-aimés dans le Seigneur, c'est avec beaucoup de réserves que je vous décris cette partie de mon témoignage. En effet, il m'est difficile de vous situer avec précision ces faits dans le temps comme dans l'espace, tout simplement parce que tout s'est déroulé en dehors de mon corps mortel et de la terre. Que cette réserve soit considérée sous le même angle que celle avancée par Paul dans 2 Cor. 12:2-3.
Tout au long de notre escalade, je vis plusieurs personnes quitter la terre vers le ciel, l'Être dont il m'était toujours difficile de distinguer la forme me dit:
"J'ai permis que tu fasses de la magie et que tu saches toutes ces choses pour les dénoncer à tes semblables par ton témoignage, pour qu'ils abandonnent leurs mauvaises voles, se convertissent et vivent. Cependant, tu te tais et tu prêches mon Évangile! Oui, mais témoigne d'abord devant tes frères pour que mon message parvienne dans leurs coeurs et y trouve sa place... Viens voir ce que coûte ton silence.."
Arrives à une bifurcation, Il me dit: "Sur terre, vous dites toujours qu'il y aura un jugement, mais sans comprendre sa signification. C'est ici le jugement. C'est ici que chacun emprunte automatiquement sa direction, selon la vie qu'il a menée sur la terre. Vois-tu quelqu'un qui juge les gens qui viennent? " Non, je ne vois personne, répondis-je.
L'une des deux directions à emprunter aboutissait à un grand puits, un grand gouffre dont le fond, recouvert d'une matière noirâtre, comme celle qui a subi de grandes températures, ressemblait à un tuyau d'échappement de moteur.
Nous nous approchâmes du puits de façon à en avoir une bonne vue d'ensemble. Et je vis des gens parmi lesquels se trouvaient ceux que j'avais pervertis, et que l'on n précipitait dans le gouffre! Avant de basculer, ils trouvaient le temps de gémir et de dire: " Ah! le pasteur Lisungi nous avait informés de ces choses, nous n'en serions pas là! C'est un mauvais pasteur! " Les autres disaient: " Lisungi nous a trompés! " Parmi ces derniers, je reconnus effectivement mes anciens clients de talismans, c'est-à-dire à qui j'avais remis de sois disant pouvoirs et protections.
Je réalisai mon crime avant même que le Seigneur eût vert la bouche: le prix de mon silence! Je me sentis ès mal à l'aise.
Se tournant lentement vers moi, et tout ému, le Seigneur me dit: " Toutes ces personnes que tu regardes périr portent mon image! J'ai sacrifié ma vie pour le salut de chacune d'elles! Mon sang a donc coulé pour le pardon de toutes ces âmes. Peux-tu estimer la valeur de l'âme d'un être humain? Mais saches que la terre et les cieux n'équivalent pas à la valeur d'une âme. Alors, vois-tu combien d'âmes se perdent suite à ton silence? Que me donneras-tu en compensation?
Rien.... pas même ta propre vie, car elle aussi est précieuse! Par conséquent, toi aussi tu seras là!
"Moi, Seigneur? implorai-je. Il répondit: "Oui, Toi!"
A ces mots, je tombai à genoux tout en pleurs, et je l'implorai en ces termes: " Si j'ai trouvé grâce à tes yeux, mon Dieu, pour que tu me fasses voir la gravite de mon péché, accepte, O Seigneur, de me pardonner. Je ne savais pas que mon silence pouvait être aussi fatal. Accorde-moi, je t'en supplie, une chance de dénoncer sans rien omettre tout le mal que j'ai connu, qui sévit dans ton peuple et qui le détruit, car je ne savais pas qu'il en était ainsi. Pardonne-moi! " - " Ici, il n'y a pas de pardon, " répliqua le Seigneur.
L'enceinte et la mare
Mais le Seigneur me fit signe de me lever et de Le suivre. Nous quittâmes ces lieux affreux pour aller vers un autre.
Arrives à un certain endroit de notre parcours, je me sentis comme aspiré dans une sorte de tunnel invisible, à la sortie duquel je remarquai une très grande clôture, un mur d'enceinte qui allait à perte de vue dans les deux sens. Visiblement, l'enceinte grouillait de monde. Il y en avait même au-dessus du mur, et ils semblaient heureux.
Je me dirigeai vers la porte avec l'intention d'entrer, mais, lorsque j'y fus arrive, l'homme à côté de moi me dit: "N'entre pas, car tu ne saurais en sortir! "
Malgré ce sage conseil, ma curiosité me poussa à essayer d'entrer quand même par mes propres moyens, mais sans y parvenir. C'est-à-dire qu'à chaque tentative, comme s'il lisait dans ma pensée, mon compagnon intervenait énergiquement pour m'empêcher de le faire. Il me demanda d'attendre ici, ce que je fis. Lorsque je tentai de réaliser ce qui m'arrivait, une femme apparut à quelques pas de nous. Une femme triste et mal vêtue qui avançait sans ardeur vers nous, en pleurs, et en fredonnant la mélodie que voici:
" Même si sur cette terre j'éprouve des difficultés, ces difficultés ne sont que passagères, car chez Jésus, mon Sauveur, je serai à l'aise. Alléluia ! Alléluia ! "
Le grand portail s'ouvrit et un homme robuste sortit de la clôture, portant de beaux habits qu'il remit à cette femme. Celle-ci s'habilla proprement sans cesser de chanter sa mélodie, dont la deuxième strophe disait ceci: "Même si on nous rejette sur la terre, ce rejet n'est qu'éphémère, car le Seigneur Jésus m'aime! Alléluia! Alléluia! "
Pendant tout le temps mis par la femme pour s'habiller, la porte était restée entrouverte, ce qui me permit d'apercevoir l'ambiance qui régnait à l'intérieur. Plusieurs personnes, tout heureuses et munies de divers instruments de musique (maracas, synthétiseurs, harmonicas...) exprimaient leur joie en chantant des cantiques de louange dédiés au Créateur.
Je pus même retenir quelques-uns de ces cantiques, que j'appris plus tard à mes choristes. Mais leur interprétation était loin d'égaler ce que j'avais entendu! En voici un extrait:
Notre salut, eh eh!
Émane du Très-Haut, eh eh!
Notre salut, eh eh!
Émane du Très-Haut, eh eh!
Bien-aimés dans le Seigneur, vous ne lisez que des mots, des paroles, mais moi j'ai vécu la scène et entendu le cantique de louange au Très Puissant! Ah! Qu'il soit loué à jamais! Amen!
Puis, de l'endroit où nous étions, nous vîmes un homme bien portant venir dans notre direction, mais il marchait en zigzaguant. On aurait dit un ivrogne ou un aveugle, ou encore quelqu'un qui ne connaissait pas son chemin. Lorsque l'homme fut arrivé à proximité de nous, deux êtres tout de rouge vêtus surgirent de je ne sais où, l'empoignèrent et l'entraînèrent dans une direction opposée à la porte de l'enceinte! Mon compagnon me demanda de les suivre, ce que je fis. Au bout de la course, j'aperçus des mares semblables à de très grands bassins, et un fleuve d'un liquide rougeâtre bouillant, comparable à de l'huile de palme chauffée à 2.000 degrés. A la vue de la mare en ébullition, l'homme essaya de résister, mais ses deux gardes le soumirent à un plongeon dans le liquide. Au contact de son corps avec cette matière bouillante, l'homme ne pu s'empêcher de lâcher un gémissement infernal. Il se débattit à la manière d'un poisson de mer qu'on grille, et son corps prit la forme d'un fossile de science-fiction.
En observant la scène, je me dis que je n'aimerais pas partager le sort de cet homme. A côté de moi, mon compagnon, qui lisait manifestement dans mes pensées, me dit avec simplicité: " Si..., si.... ta place est ici! " Pour la seconde fois, je tombai à genoux en pleurant, Il me releva et nous regagnâmes notre première place. Entre-temps, sur le chemin du retour, Il m'expliqua : Cet homme était un homme de bien, il faisait des aumônes aux pauvres et de grandes libéralités aux indigents. Juste au moment de sa maladie, une situation a fait qu'il s'est emporté furieusement, au point d'en succomber, sous le choc de l'émotion... comprends donc qu'au moment de sa mort, il n'était pas animé de Mon Esprit, mais plutôt par celui de la colère. Et pourtant, vous lisez que celui qui n'a pas l'Esprit de Christ ne peut pas lui appartenir! (Rom. 8:9). Ce qui a donc manqué à cet homme, c'est l'Esprit, pour le conduire à Moi. C'est pourquoi tu l'as vu être amené sans qu'il puisse résister. "
Mes bien-aimés, l'Apôtre Paul voyant la perversion du coeur humain, qui est toujours enclin au mal, nous conseille de ne pas conserver en nous la colère: "Que le soleil ne se couche pas sur ta colère," nous dit-il. En effet, j'ai regretté le sort réservé à cet homme.
Après cela, je vis venir une femme. Elle marchait lentement, traînant derrière elle un fardeau. Au fur et à mesure qu'elle approchait, ce qu'elle traînait lourdement entre ses jambes pouvait être distingué: c'était son sexe! Un sexe qui avait grossi démesurément, au point qu'elle le traînait à même le sol!
Arrivée prés de nous, personne n'osa la regarder deux fois tellement c'était affreux, sale, répugnant, et... nauséabond! Elle fut aussitôt acheminée vers les mares en ébullition. Avant d'y plonger, elle s'exclama: " Ah! Toi, chose que j'ai tant désirée, toi qui faisais ma joie: tu me nourrissais, me logeais et me vêtissais, voici où tu m'amènes... !
Pour m'expliquer le sort de cette femme, mon compagnon me dit: " Malgré les conseils que je lui prodiguais à travers mes ministres, elle n'a pas cessé de se prostituer, et disait que son sexe était sa raison d'être ". Je vis plusieurs femmes jetées elles aussi dans la mare, sans qu'on me révèle pourquoi. Mais je compris de moi-même qu'elles l'avaient été pour cause d'adultère.
Puis vint le tour d'un jeune homme. Au fur et à mesure qu'il progressait vers l'entrée de l'enceinte, sa poitrine bombait et augmentait démesurément de volume, de sorte qu'il lui fut impossible d'entrer par le portail! Il se débattit pour entrer, mais saris succès. Il fit de grands bruits, jusqu'à nous inviter à lui venir en aide. Alors survinrent les deux hommes en rouge qui l'apostrophèrent, lui donnant l'ordre de ne pas nous déranger. Après quoi ils l'empoignèrent. Le jeune homme ayant manifesté une protestation, il fut sévèrement battu et entraîné en direction des mares.
- C'était un grand bagarreur, un assassin très féroce, et voici où l'amène sa méchanceté! m'expliqua mon compagnon.
Après cela, une femme vint pour entrer dans l'enceinte. Juste dans l'entrebâillement de la porte, plusieurs enfants vinrent s'enrouler et bloquer les gonds, dont ils empêchèrent tout mouvement. N'ayant pu entrer dans l'enceinte, la femme fut surprise par les deux hommes en rouge qui l'entraînèrent de l'autre côté, tandis que les enfants regagnaient l'intérieur. Voici l'explication que je reçus:
- Cette femme a tué plusieurs personnes par des avortements. Elle a beaucoup avorté, depuis son jeune âge jusqu'à son mariage! Sans succès, j'ai envoyé plusieurs personnes pour qu'elle se repente et abandonne ses abominations. Mais elle répondait toujours qu'un foetus n'est qu'un amalgame de sang et pas un être humain! Et pourtant, l'esprit qui anime cet "amalgame" de sang est le même que celui qui anime un vieillard. En effet, c'est le corps qui évolue et grandit, mais l'esprit reste le même. Ainsi, celui qui tue au moyen d'une arme blanche, celui qui tue par des procédés magiques, et celui qui tue par n'importe quel autre moyen, sont tous dans le même sac que ceux et celles qui tuent par avortement! Pour ceux-là, il serait préférable qu'ils ne soient pas nés!
Ensuite, je vis venir un homme qui fredonnait une chanson, tout joyeux. Lorsqu'il s'approcha de l'enceinte dont la porte venait de lui être ouverte, six femmes s'échappèrent de la mare et lui bloquèrent le passage en protestant énergiquement contre le fait qu'on lui avait ouvert la porte. Elles dirent:
- Ce serait de l'injustice que cet homme soit sauvé et que nous, nous subissions seules le châtiment! Puisqu'il est la cause de notre perte, que Justice soit faite!
Le Seigneur me questionna: " Te souviens-tu de la femme qui est entrée ici ? " -" Oui, " répondis-je. Alors Il m'expliqua:
-Elle est l'épouse de cet homme. Ils étaient pauvres lors de leur mariage. Ma servante Me suppliait souvent de lui venir en aide. J'exauçai sa prière en la comblant de biens, et elle devint très riche.
Cependant, malgré ses richesses, elle ne M'abandonna pas. Son mari, cet homme que tu as vu entrer ici, lui confisqua tous ses biens et se les appropria. Comble de tout, il la répudia pour épouser celles que tu as vues! Bien qu'elle ait été répudiée, ma servante ne cessait d'implorer Mon pardon pour son mari, et pour que Je le fasse revenir à la maison. Suite aux interventions de sa femme, toute la colère que J'avais contre cet homme fut apaisée (Mat. 19:4). Se moquant de Moi, ce dernier répondait à Mes serviteurs qu'il était prêt à reprendre sa femme, à condition qu'elle consente à partager le lit conjugal avec ses six rivales, chose que ma servante ne pouvait accepter, de peur de partager le péché (1 Cor. 6:16). Elle est donc demeurée seule jusqu'à sa mort..., rejetée même par ceux de sa famille, car ils ne comprenaient pas pourquoi elle ne voulait pas cohabiter avec ses rivales. En réponse à mes serviteurs, les concubines avaient avancé la raison qu'elles ne pouvaient abandonner leurs enfants. Ce n'était pas vrai, car en réalité c'étaient elles qui ne pouvaient se défaire de la vie de facilité qu'elles avaient auprès de leur amant. En effet, cet homme était excessivement riche. L'horreur de la pauvreté, l'amour de l'argent, de l'honneur et du luxe, avaient endurci leur cœur, au point d'entraîner leur perte (Mat. 6:24). Les six femmes sont mortes à leur tour. L'homme ne s'est pas converti pour autant! Il a continué sa vie de désordre. Mais, voyant la mort s'approcher, cet homme invita mes ministres à lui prêcher la bonne Nouvelle, et il s'est repenti juste avant sa mort. Je lui ai pardonné, mais il est quand même responsable du sort de ces femmes.
Mes bien-aimés dans le Seigneur Jésus-Christ, ce n'est pas pour rien que l'Apôtre Paul, bien que rempli du Saint-Esprit, ne fut pas en mesure de nous communiquer dans un langage humain ce qu'il avait vécu au troisième ciel. J'ai vu et entendu bien des choses en si peu de temps, en heures terrestres. Dans ce laps de temps, le Seigneur m'a parlé du passé et du futur.
Puisse le Saint-Esprit vous aider à me comprendre! Amen!
La mission
J'avais l'habitude de recevoir dans notre groupe de prière toute personne qui nous déclarait avoir accepté Jésus-Christ dans sa vie, sans nous enquérir au préalable de ses activités. Notre comportement était basé sur le verset qui dit que le juste vivra par la foi. Mais, par la suite, nous avons découvert, même parmi nos diacres, des détenteurs de débits de boissons ou d'hôtels de passe.
Ce jour-là, du haut de Son ciel, et après que nous ayons quitté l'endroit où nous nous trouvions, le Seigneur me fit voir les oeuvres de mes contemporains. Je vis alors des choses inimaginables !
En effet, le Seigneur me fit voir comment, par son débit de boisson, le diacre enivre les gens! Une fois ivres, ceux-ci font tout ce dont ils sont capables. Alors je compris que Dieu est Saint. Le Seigneur me dit: - Regarde ce pasteur! Vois comment il met la main dans sa poche et sort de l'argent pour le remettre à cette paroissienne!
Je suivais la scène comme sur un écran de télévision. Oui, mes bien-aimés, Dieu voit tout! Je vis comment le pasteur, dans une chambre d'hôtel, caressait la poitrine d'une fille... Quand il se mit à la déshabiller pour faire l'amour avec elle, je fermai les yeux et détournai mon regard pour ne pas voir la scène. Mais, chose étrange, même avec les yeux fermés, je voyais toujours! Je m'étonnai de ce phénomène, mais je compris ce que voulait mon Seigneur: me faire toucher le mal du doigt. Alors je tombai à genoux pour la troisième fois, et je L'implorai: "Libère ma vue de ces obscénités!" En guise de réponse, Il me dit: "Tu es scandalisé à la vue de ces choses? Et pourtant tu es un homme...Peux-tu ressentir ce que Je ressens, Moi qui dois voir toutes ces abominations?". Je vis ensuite une fillette de 12 ou 13 ans entrer dans un hôtel, accompagnée d'un vieux papa qui pouvait avoir l'âge de son grand-père. La fillette y avait consenti à cause de l'argent! Malgré les cris de douleur, les pleurs et les saignements de la fillette, ce vieux s'acharnait sur elle!
Le Seigneur me fixa de Ses yeux tendres et remplis d'amour, et me dit: - Ce n'est pas dans ce but que j'ai institué le mariage. C'est là l'un des péchés qui sévissent dans l'humanité, y compris dans ton pays, le Zaïre! Lorsqu'Il eut dit ces mots, je vis des larmes couler sur Ses joues, et il rajouta avec angoisse:
- Voici comment le monde se perd!
Après cela, mon compagnon m'amena dans un autre lieu très différent de celui où nous nous trouvions tout-à-l'heure, et me demanda:
"Veux-tu voir le Maître du monde?".
- " Oui, " répondis-je.
Alors nous commençâmes à escalader une colline. Au fur et à mesure que nous montions, il me semblait que le macadam, d'un jaune tacheté de vert, risquait de céder sous mes pieds, ou que j'allais glisser ou tomber! Mais rien de cela n'arriva. Je vis le monde entier. Oh! Un monde qui s'illuminait de toutes part et de plus en plus, et dont la lumière, très intense, commençait à m'éblouir. Je m'impatientai presque du fait que nous n'avions toujours pas atteint le sommet.
Quelques instants après, Il me consola, en me disant: "Encore un peu, et nous y sommes... Mais ces gens ne cessent de te réclamer.." S'inquiéta-t-Il. Tout-à-coup, comme s'il y avait eu un changement de dernière minute, tout disparut!
Va à Béthel!
Puis Il m'emmena au-dessus d'une colline, du haut de laquelle j'aperçus une grande ville qu'Il me montra: "C'est Kinshasa, votre Jérusalem à vous, Zaïrois!"
Pour la première fois depuis ma naissance, je pus contempler la capitale politique de mon pays, le Zaïre! Nous y descendîmes et nous survolâmes la ville. Je pus lire certaines inscriptions sur quelques toits ou sur les murs des enclos. Pendant ce survol, le Seigneur me parla de beaucoup de choses. Mais. tout-à-coup. Il manifesta de l'inquiétude, en me disant qu'Il était très interpellé, dérange et importuné par des gens qui me réclamaient! " Ces gens insistent depuis longtemps, ils ne se lassent pas de M'importuner, et J'en suis fatigue.. " Se lamenta-t-Il.
Alors, Il me dit: " Tu vois ce pasteur-là, avec cette femme?... Tu vois ce diacre?... Tu vois cette diaconesse?... Et ce qu'ils font?... Tu vois cet homme là?... Tu vois...? " Effectivement, je les vis TOUS! " Pars, je te les ai montrés. " termina-t-Il avec amertume.
Et je vis le quartier de KIN-MAZIERE. Il y avait là quelqu'un dont je tais le nom, de peur que vous ne le reconnaissiez. Le Seigneur me dit: " C'est un pasteur, mais il a deux femmes... l'autre, il l'a cachée... La voilà!... Son nom est Mado! Va, et dis-lui d'abandonner son péché.... Va. "
Ensuite, au niveau du Boulevard Lumumba, dans la zone de Limeté, le Seigneur me montra un mur de clôture donnant sur la première rue, sur lequel je lus les inscriptions suivantes:
GROUPE CHARISMATIQUE DE LIMETÉ
PREMIÈRE RUE - LIMETÉ
CITE DE BÉTHEL
" PERMANENCE "
Nous nous attardâmes devant cette inscription qu'Il pointa du doigt, en me disant avec insistance: " Tu iras d'abord donner témoignage à Béthel, avant d'aller le faire ailleurs à Kinshasa... Fais-le d'abord dans cette Assemblée, et tu verras ce que Dieu va faire! Ensuite tu iras où mon Esprit te conduira. Je serai avec toi." Encore une fois, Il me dit: "Regarde, on t'appelle toujours, et je suis fatigué par ces appels pressants et incessants... Les voilà!"
Je cherchai à savoir qui étaient ces gens qui s'offraient le luxe de troubler une si bonne conversation que j'avais avec mon Créateur. Je crus un instant qu'ils étaient dernière moi et, lorsque je détournai les yeux pour les voir, pour la seconde fois..., je me retrouvai revenu à la vie, allongé sur une chaise longue...! Les gens qui me réclamaient étaient effectivement la, qui me réclamaient, qui ne cessaient d'implorer mon retour au Seigneur. Car, pour ce deuxième décès, personne ne pleurait, mais tout le monde était plutôt en prière.
J'étais revenu à la vie sans avoir vu le Maître du monde! Moi qui avais subitement eu tellement envie de le noir! Cela me fit énormément de peine! En même temps, je fus agréablement surpris par la foule très dense de ceux qui étaient venus me plaindre et assister au second décès du frère Lusungi! C'était formidable.... extraordinaire! Parmi ceux qui m'entouraient il y avait mes frères, compagnons de jeûne, mes professeurs norvégiens, ceux qui avaient été guéris par le Seigneur par notre prière... C'était fantastique! Il y avait des religieuses et des religieux de différentes confessions religieuses. Des soeurs en Christ, de diverses congrégations, étaient également là! Et le nombre impressionnant de véhicules...! Tout cela me dépassait et je m'en réjouis énormément.
Il y avait également dans cette foule un homme en blouse blanche, un infirmier diplômé. Il s'était passé entre lui et mes compagnons de jeûne une scène, dont voici le récit: En effet, lorsque la boule de feu m'avait entraîné, mes compagnons de prière avaient vu que je m'étais écroulé à terre, sans connaissance, comme je vous l'ai dit plus haut. Il était exactement minuit trente minutes. Certains d'entre eux manquèrent de foi, et dirent que le Seigneur m'avait puni parce que j'avais renoué avec mes anciennes pratiques magiques. Tandis que d'autres, plus fermes dans leur foi en Christ, soutenaient que le Seigneur m'avait retire d'entre eux pour me parler. Les premiers, dans leur insistance, firent appel à l'infirmier en question, qui arriva avec tous les instruments nécessaires pour une auscultation. Il conclut à une mort causée par un brusque arrêt du coeur. Il s'apprêta à signer le certificat de décès.
Mais son diagnostic ne fut pas accepté par les frères qui demeuraient optimistes. Cette attitude mit mal à l'aise l'infirmier, qui pensa qu'on doutait de ses compétences. Au même moment, une prophétie sortit de la bouche d'une jeune fille de 13 ans, annonçant: "C'est Moi, Jésus, qui ai rappelé mon serviteur Lisungi auprès de moi, pour lui confier une mission très importante à travers le monde. Je le renverrai au milieu de vous."
Si ce message avait apporté un soulagement aux frères, il avait par contre endurci le coeur de l'infirmier, qui ne croyait pas encore que Celui qui avait créé la parole pouvait parler. Il apostropha la fille, en la traitant de menteuse et de profanatrice de Dieu. Puis il conclut en ces termes:
- Je sais que c'est Dieu qui a donné aux hommes l'intelligence pour soigner et guérir leurs contemporains. Mais c'est aussi par la grâce du même Dieu que j'ai la certitude de la mort de l'homme dont le corps est étendu devant nous. C'est quelqu'un qui n'a pas eu la chance de résister à un jeûne de sept jours. Généralement, ce sont les femmes qui y parviennent sans problème, mais les hommes se limitent à cinq jours seulement. Mais puisque vous vous accordez pour soutenir qu'il va revenir à la vie, je veux bien rester ici pour voir comment cela va arriver, et je deviendrai alors plus chrétien.
Un long moment s'écoula sans que rien ne se produise, et l'infirmier diplômé était toujours là lorsque, vers six heures, deux soeurs en Christ qui ne priaient pas dans notre communauté vinrent donner ce message:
"Le Seigneur Jésus nous envoie vous demander de ne pas vous inquiéter à propos du frère Lisungi, et de vous informer qu'il reviendra à la vie avec une importante mission qui le conduira à travers le monde." Alors les esprits se calmèrent davantage.
Effectivement, je revins à la vie. Il était onze heures cinquante-cinq minutes. Ce fut à la fois une grande joie parmi les frères, et un grand étonnement pour l'infirmier diplômé qui, alors seulement, affermit sa foi dans le Seigneur, et reconnut que rien n'est impossible à Dieu.
C'est donc ce que j'appris sur l'infirmier en question à ma seconde résurrection.
A mon tour, je relatai aux frères tout ce que je venais de vivre et d'entendre auprès du Seigneur, et qui les concernait, tous étaient enthousiasmés et glorifièrent Dieu. Je leur expliquai également tout sur ce mal, ce fléau, le plus grand péché que le Seigneur m'ait révélé, et qui sévit dans le Zaïre, notre pays: l'ADULTÈRE! " Le Zaïre est en perdition, " leur confirmai-je. " C'est ainsi que le Seigneur m'envoie prêcher. Il m'a dit que lorsque j'aurai achevé ma mission de prédication, Il m'amènera quelque part où Il va me reprendre pour toujours, c'est-à-dire que je mourrai à nouveau ! "
Ce premier jour de l'an, il y eut beaucoup de conversations à Kisangani, et plusieurs personnes résolurent de vivre en Christ. Gloire à Dieu!
Nous repoussâmes l'idée de faire appel à l'assemblée pour fournir l'argent nécessaire à l'achat du billet pour le voyage à Kinshasa, afin de mettre notre foi à l'épreuve. Dieu exauça notre prière. Il se passa ce qui suit:
Un jour, poussé parle ne sais queue force, je me levai de grand matin pour une promenade au port de l'Onatra. En cours de route, je croisai un militaire, un Adjudant que je n'avais jamais connu avant. Après ni avoir salué avec la chaleur de quelqu'un qui me connaissait très bien, il mit la main dans sa poche et sortit une somme de deux mille quatorze zaïres, qu'il me remit en me disant: " Souvent, lorsqu'il m'arrive de voyager pour Kinshasa, je me réunis avec les frères du Groupe de Prière de Limeté, lère Rue. Ce matin, j'ai reçu l'ordre de vous, remettre cette somme d'argent pour l'achat de votre billet. Je crois même qu'il y a un bateau qui part pour Kinshasa aujourd'hui. Si vous le voulez, je peux vous recommander aux bons soins du commandant. "
Je ne lui avais pose aucune question, par exemple celle de savoir comment il allait me trouver si nous ne nous étions pas rencontrés. Mais je compris vite que c'était le Seigneur qui me parlait à travers cet agent de l'ordre. J'acceptai l'argent, puis j'achetai mon billet pour le départ qui devait avoir lieu ce même jour. A la maison, je fis ma valise et dis au revoir à mon épouse ainsi qu'aux frères de noire communauté.
Dans le bateau qui m'amenait à Kinshasa, je ne cessai de témoigner de Jésus. Deux magiciens parmi les passagers abandonnèrent Satan pour suivre le Seigneur Jésus.
Je parlai aussi de ma mission à deux pasteurs de Nzambe-Malamu et de Tshuapa, et je leur exhibai, en guise de preuve de mon ancienne appartenance au monde satanique, un diplôme signé par Lucifer, les Clefs pour ouvrir le monde invisible, ainsi que la liste des cimetières à travers le monde, sur lesquels s'étendaient mes pouvoirs.
Depuis ma conversion, je considérais ces objets comme étant sans valeur aucune. Ces deux pasteurs me conseillèrent de les leur ceder. Ce que je fis sans hésiter, car us les considéraient comme compromettants.
Après deux semaines de navigation sans incident, le bateau accosta au port de l'Onatra à Kinshasa, d'où je pris un taxi qui me conduisit à la cité Béthel à Limeté, ma première destination. Je commençai à témoigner par Béthel, comme me l'avait recommandé le Seigneur. Il y eut beaucoup de conversions: six mille personnes par jour rendirent leurs talismans sous forme d'objets volés.
De là, je suis allé témoigner au pasteur qui avait deux femmes. Je lui racontai la recommandation du Seigneur, en lui précisant le nom de cette deuxième femme, et l'endroit où elle habitait. Le pasteur crut un instant se trouver devant un féticheur ou un magicien, mais il réussit à se ressaisir et reconnut en moi un véritable messager du Seigneur. " Je ne pouvais pas m'imaginer que le Seigneur me connaissait! s'extasia-t-il ". Lorsqu'il alla trouver sa concubine ce jour-là, il lui expliqua les faits et l'informa de sa ferme conviction qu'il devait se mettre en règle avec son Dieu. Il remit alors à la femme une somme de 50.000 zaïres, et lui rendit sa liberté, en s'écriant: " Mon Dieu m'aime! "
FIN