Mort du colonel Mamadou Ndala: «Je ne crois pas que ce soit les ADF-Nalu»,dit il le Caporal Paul Safari, garde du corps rescapé du colonel Ndala

 

 

 

 

 

La thèse de Bakolokongo.com affirmant que le colonel Mamadou Ndala a été tué par les sbires de Joseph Kabila semble bien se confirmer.Un garde du corps rescapé du colonel Ndala, le caporal Paul Safari qui a vécu le drame, apporte sa version des faits.mamadou-joseph

Il  rejette la version du gouvernement de Kinshasa qui soutient que le Colonel Mamadou Ndala, en charge des opérations contre la rébellion ougandaise ADF-Nalu, a été tué jeudi dans une embuscade tendue par de présumés rebelles ougandais.

Nouvelle mise à jour (Samedi 4 janvier 16:30)

Le caporal Paul Safari  rejette la version du gouvernement de Kinshasa qui soutient que le Colonel Mamadou Ndala, en charge des opérations contre la rébellion ougandaise ADF-Nalu, a été tué jeudi dans une embuscade tendue par de présumés rebelles ougandais. Le caporal Paul Safari, garde du corps rescapé du colonel Ndala, s’est dit sceptique sur la piste ADF-Nalu:

« J’ai vu deux des assaillants, et ils portaient l’ancienne tenue verte des FARDC (forces armées de la RDC). Je ne crois pas que ce soit les ADF-Nalu ».

« Nous avons bien et normalement quitté l’hôtel. Arrivés à Ngadi, à une dizaine de kilomètres de Beni, une partie du convoi est passée et c’est notre véhicule qui a essuyé de cette roquette. J’ai aperçu, apparemment par mystère la roquette venir. La roquette était bien dirigée contre le colonel », a-t-il soutenu.

« J’ai sauté et j’ai commencé à tirer. Mes munitions se sont épuisées. Donc, ce qui me restait, c’était de fuir. Le camion commençait à bruler », a-t-il ajouté.

« Ce qui m’a le plus étonné, c’est que les hommes qui ont lancé la roquette portaient des tenues des FARDC. Et j’ai bien vu, ce sont des tenues des FARDC. Je n’ai pas compris. J’ai fui et ils m’ont poursuivi sans relâche jusqu’à une certaine distance. Ils m’ont manqué dans la forêt », a témoigné Paul.

Et de préciser : « Là encore, j’ai revérifié leur habillement. Et encore, je me rends compte que ce sont nos tenues.

Franchement, ce ne sont pas les ADF/NALU qui nous ont attaqués. Peut-être, s’ils ont aussi nos tenues et nos armes… Et c’est ce qui me fait plus mal. Faut-il penser à un montage ? ».

Près d’un feu de pneus, un adjudant affirme que ce ne sont pas les ADF-Nalu » qui ont tué le colonel, mais que « c’est la politique de nos officiers ». Il n’en dira pas plus, mais des militaires ont laissé entendre que le colonel a peut-être payé de sa vie sa popularité.

Assassinat dans des circonstances troubles

Dès jeudi, dans un communiqué lu à la télévision publique le gouvernement a pointé du doigt les rebelles ougandais des ADF-Nalu. Ils figurent sur la liste des groupes traqués par les Fardc depuis la mise en déroute du M23. Mais à Goma de nombreux observateurs émettent des réserves sur cette hypothèse.

Plusieurs raisons remettent en cause l’implication des rebelles ougandais des ADF-Nalu dans l’assassinat du colonel Ndala. Il y a d’abord la rapidité avec laquelle le gouvernement congolais a désigné les ADF-Nalu comme responsables de cet assassinat quelques heures seulement après l’attaque.

Ensuite, il y a les circonstances de l’embuscade : un tir de roquette en plein jour à quelques kilomètres du centre-ville de Béni, sur une route contrôlée par l’armée congolaise. Cette route est de plus dégagée, ce qui rendrait difficile une infiltration, selon des témoins.

Certains observateurs n’écartent pas l’hypothèse d’un règlement de compte interne à l’armée congolaise. Depuis le décès du colonel Mamadou, tous les officiels politiques comme militaires sont unanimes pour regretter « une terrible perte ».

Mais, cet officier d’une trentaine d’années, très populaire auprès de la population, s’était également attiré quelques jalousies. Jamais avare d’une intervention médiatique, « le seul capable de donner une interview depuis la ligne de front », souligne un élu.

Véritable héros de la victoire contre le M23

Il était vu comme le véritable héros de la victoire contre le M23, au détriment de sa hiérarchie et aussi du pouvoir politique, pourtant soucieux de retrouver ses lettres de noblesse dans la région.

A (RE) ECOUTER: Le Colonel Mamadou Ndala : Goma ne tombera plus aux mains de M23”(VIDEO)

D’ailleurs, la preuve de l’influence de ce colonel s’est vérifiée. En juillet dernier, l’hypothèse de sa suspension par Kinshasa en pleine offensive contre le M23 avait immédiatement provoqué de violentes manifestations à Goma.

Des centaines de jeunes manifestent à Beni contre l’assassinat du colonel Ndala

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à Benià Beni contre l’assassinat du colonel Mamadou Ndala

« Mamadou doit ressusciter », « Qui l’a tué finalement? Pourquoi cette trahison? »: plusieurs centaines de jeunes manifestent vendredi matin à Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo, pour dénoncer l’assassinat la veille du populaire colonel Mamadou Ndala.mamadou-manifestation

A Beni, tandis que de nombreuses boutiques sont fermées, que la circulation est quasiment nulle, plusieurs centaines de jeunes défilent avec à leur tête une vingtaine de femmes de militaires qui ont volontairement revêtu des habits noirs déchirés.

« On a tué Mamadou alors qu’il n’était même pas sur le champ de bataille… Nous avons déchiré nos vêtements pour dire qu’en fait la vie de nos maris n’a pas de sens et qu’on pourrait même marcher nues: ça ne dirait rien aux autorités! », commente l’une d’elles.

Jeudi matin, une roquette a ciblé la jeep du colonel Ndala à Matembo, une localité du territoire de Beni, situé dans le nord de la riche province du Nord-Kivu. Le colonel a été tué alors qu’il préparait le déploiement d’un bataillon chargé de combattre les groupes armés locaux et étrangers.

Selon Kinshasa, l’embuscade avait été tendue par la rébellion ougandaise Alliance des forces démocratiques et de l’Armée nationale pour la libération de l’Ouganda (ADF-Nalu), qui pactise avec des milices locales. Dans un communiqué d’hommage, la Mission de l’ONU (Monusco) ne cite aucun auteur, même présumé.

A l’annonce de la mort du colonel, de nombreux habitants de la province ont été choqués: il était considéré comme l’un des principaux artisans de la défaite de la rébellion Mouvement du 23 mars (M23), le 5 novembre, après une offensive de l’armée et de la brigade d’intervention de l’ONU.

A divers ronds-points de Beni, des jeunes alimentent des feux de pneus – dont la fumée noire assombrit le ciel de la ville. « Nous brûlons des pneus pour manifester notre indignation face à cet assassinat de notre vaillant combattant », lance Juvénal.

A un rond-point, une jeep de policiers arrive. Elle barre le chemin des manifestants, mais les marcheurs dépassent le véhicule sans encombre. « Allez-y, allez-y », encouragent en chuchotant des policiers au sol, alors que les jeunes et les femmes avancent vers la mairie.

En guise de pancarte, des jeunes portent des feuilles A4. « Où est Mamadou, nous voulons le voir! », « Mamadou doit ressusciter », « Qui l’a tué finalement? Pourquoi cette trahison? », « L’auteur de ce crime doit être connu », indiquaient certains messages.

Un garde du corps rescapé du colonel Ndala, le caporal Paul Safari, s’est dit sceptique sur la piste ADF-Nalu: « J’ai vu deux des assaillants, et ils portaient l’ancienne tenue verte des FARDC (forces armées de la RDC). Je ne crois pas que ce soit les ADF-Nalu ».

Près d’un feu de pneus, un adjudant affirme que ce ne sont pas les ADF-Nalu » qui ont tué le colonel, mais que « c’est la politique de nos officiers ». Il n’en dira pas plus, mais des militaires ont laissé entendre que le colonel a peut-être payé de sa vie sa popularité.

Trois femmes assises devant une boutique fermée. Deux d’entre elles tiennent leur visage entre leurs mains, furieuses. La troisième desserre les lèvres: « Le Congo, non… Il faut le quitter et changer de nationalité! Je ne comprends pas que ce commandant, notre libérateur, ait été lâchement tué comme ça! »

Un assassinat politique

Le colonel Mamadou Ndala, en charge des opérations contre la rébellion ougandaise ADF-Nalu, a été tué ce jeudi matin, dans le territoire de Béni, dans une attaque dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Alors que Kinshsasa évoque une embuscade, d’autres parlent d’un assassinat. politique.mamadou5

Le colonel Mamadou Ndala, en charge des opérations contre la rébellion ougandaise ADF-Nalu, a été tué ce jeudi matin avec deux autres militaires qui participaient à la traque des miliciens dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Cinq autres militaires ont été grièvement blessés. Selon nos sources locales, une roquette aurait été lancée contre la jeep dans laquelle il se trouvait, à la sortie du centre-ville du territoire de Béni.

D’après des sources militaires, la violence de l’attaque a été telle que le corps du colonel Mamadou Ndala a été difficilement extrait de la jeep en feu. Il a fallu attendre que le feu s’estompe pour pouvoir extirper le cadavre. Pour le moment, les circonstances de la mort du colonel, qui a dirigé d’une main de maître l’offensive contre les rebelles du M23, et était en première ligne avec ses hommes, restent encore floues. Kinshasa évoque une embuscade. « Apparemment, ce sont des ADF-Nalu qui l’ont tué avec deux de ses gardes du corps », a déclaré à l’AFP le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende, précisant qu’il s’agit d’une « perte immense » pour l’armée et le pays.

Plusieurs thèses sur son meurtre

Mais plusieurs versions se confrontent pour expliquer la mort du colonel congolais. Si Kinshasa évoque un meurtre orchestré par les rebelles ougandais, ce n’est pas le cas de certains observateurs de la politique congolaise contactés par Afrik.com, qui parlent plutôt d’un assassinat politique. « Le colonel Ndala a été tué par le pouvoir qui lui avait demandé de mettre un terme à l’offensive militaire qu’il menait contre les rebelles ougandais de l’ADF-Nalu et de rentrer à Kinshasa. Mais il a refusé d’obéir alors il a été éliminé », affirme cet ancien-conseiller de Désiré-Kabila.

Pour cet observateur qui a souhaité garder l’anonymat, « le colonel Mamadou Ndala a été assassiné dans les mêmes circonstances que son prédécesseur, le général Mbunza Mabe, qui était chargé de traquer les rebelles du M23. Kinshasa avait là aussi parlé d’une embuscade, alors qu’il s’agissait d’un assassinat politique ». D’après ce dernier, « Joseph Kabila élimine tous les responsables militaires qui traquent efficacement les rebelles dans l’est de la RDC pour que le conflit se poursuive et protéger les intérêts d’une poignée de personnes, dont les siens ».

D’autres sources locales affirment que des hommes du propre rang du colonel Ndala pourraient être les auteurs de son meurtre. En attendant, les populations du Kivu sont consternées par la mort de celui qui avait farouchement combattu les milices qui les terrorisaient.

Bakolokongo.com,RFI et Afrk.com avec AFP

[Vidéo] RD Congo : Le colonel Mamadou Ndala juste après sa mort

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