22Le deuxième quartier adore un autre fétiche fondé sur les 41 têtes d'hommes placées dans un grand trou. Il apour nom
 zangbetô
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 ,
Il participe à la promotion des cadres qui l'adorent. Mais ceux qui y ont recoursfinissent malLe troisième quartier est lié à un fétiche bâti sur une femme en grossesse égorgée dans un grand trou. Sesadeptes se mettent en transe. Le jour de la cérémonie, ils se livrent à des actes terribles C'est une occasion oule sang est répandu en abondance : certains peuvent faire des entailles sur le corps avec un couteau. Ilspeuvent se cogner la tête contre le mur. etc. Ce fétiche est censé aider les villageois et les cadres qui seconfient à luiDecamé possède un autre fétiche dangereux qu'on appelle
 Hèviosso
ou tonnerre. Il a pour rôle la destructiondes voleurs Lorsqu'un objet est volé et que les chefs du dit fétiche sont sollicites, ils implorent le tonnerre quiconduira au dévoilement du voleur. Le fétiche agit au cours d'une grande pluie pour foudroyer
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le coupable.Après l'enterrement du voleur. le corps est déterré quel que soit son état de décomposition. Le chef du féticheentaille le corps avec un couteau, prend la tête qu'il garde dans la maison du fétiche. Le jour de l'adoration dufétiche, il sort avec 16 crânes de ses victimes autour du rein. C'est son titre de gloire. C'est la preuve que sonfétiche est puissant, qu'il a tué beaucoup de malfaiteurs, Ainsi, Satan donne sa caution en sanctionnant lecoupable.On le voit, le village de Bienvenu est victime d'une véritable possession démoniaque. L'auteur estime qu'àDécamé, les enfants, les jeunes, les cadres, sont à 90%
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plongés dans la sorcellerie.Qu'en est-il de son environnement familial ?
 
 Environnement familial 
Les parents de Bienvenu
 
 Arrière-grand-pèrpaternel 
:
C'était le plus grand sorcier de la région. Il est né sorcier, dans la premièrepartie de la forêt. C'est lui qui a importé le fétiche de la famille, (le
wloivaudou)
d'une autre région du Bénin.Il injectait des maladies aux gens. Il pouvait se transformer en guêpe pour aller détruire un village entier encas de litige entre deux villages, en inoculant un poison mortel par ses piqûres. Il est demeuré sorcier jusqu'àsa mort.
Grand-père paternel 
: II a succédé à son père dans les mêmes pratiques de sorcellerie. Dans l'armée, il setransformait en mouche sur-le-champ de bataille. Cela lui valut d'être gradé. Mais par la suite, il futempoisonné par une de ses épouses. Il est mort sorcier.
 Père
:
Megnanou Tchanon (Tchanon est un nom de fétiche) a fait sept ans de « couvent », sur l'initiative deson père, pour être initié à la sorcellerie en vue de devenir le chef des sorciers. Il lui fallait cela, bien qu'étantné sorcier. A sa sortie donc, il fut nommé chef féticheur de la famille. Il communiquait avec les démons.Notons que la famille avaitune maison de fétiches qu'elle entretenait. C'est dans cette maison que se situe le couvent. Le fétiche de lafamille, le
wloivaudou,
avait beaucoup d'adeptes. Chaque trimestre, une jeune fille ou un jeune garçon es:kidnappé
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d'une des familles membres pour aller suivre une formation dans le couvent. Après trois ans, ces jeunes gens sortent et deviennentdes adeptes du fétiche.Le père de Bienvenu a dû livrer neuf de ses enfants (2 filles, 7 garçons au couvent.) Il faut dire que cesenfants-là meurent de courte maladie.
DL
reste, lui-même est mort sorcier, des suites d'une courte maladie, le26 mai 1996, après avoir refusé à plusieurs reprises d'accepter Jésus-Christ.
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Zangbetôh se décompose ainsi : Zan = nuit. Gbetôh = fétiche. C'est donc un fétiche de nuit. Le jour de la cérémonie de danse et de miracles duZangbetôh. le porteur du masque, suite à la prononciation de paroles incantatoires, se transforme soit en caïman. soit en poule et ses poussins ou autre.Par la suite il redevient un homme.
 
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En dépit de l'existence de la foudre naturelle, on croit aussi, à Décamé comme ailleurs en Afrique, à la foudre surnaturelle.
 
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Cette estimation, tout comme certaines déclarations de ce livre, n'a rien de scientifique.
 
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L'opération se tait à l'insu de la famille. Il s'ensuit souvent des plaintes.
 
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 Arrière-grand-mère maternelle
:
Ce fut une grande sorcière. Elle tuait, e le jour de l'enterrement, elle venaitcompatir à la douleur de la famille éplorée. Elle est morte sorcière après avoir légué l'héritage à notre grand-mère.
 
Grand-mère maternelle
:
Sorcière elle aussi, adepte du fétiche du tonnerre
(Hêviosso).
Elle se livrait auxmême pratiques de sorcellerie que son mari. Elle est morte sorcière.Il convient de noter que tous ces sorciers allaient à l'église !
 Mère
:
Elle vit encore. Puisse Dieu la sauver !
 Naissance et Initiation
 Lorsque ma mère était enceinte de moi, elle fut confrontée à une situation difficile. Après les neuf moishabituels, elle ne m'accouchait toujours pas. C'est ainsi qu'elle est allée consulter un marabout. La réponse futterrible : je devais être accouché après quatorze mois de grossesse, conformément à la volonté de monarrière-grand-père qui était déjà mort. C'est ce qui se passa. Après les quatorze mois ma mère m'accouchavers 1 heure du matin, sur la tombe de ce dernier. A mon accouchement, j'avais deux dents dans la bouche.Naître sur une tombe, permet, selon nos croyances, d'avoir la puissance du défunt. Aussi, d'après mesparents, devais-je hériter de ce grand-père en matière de puissance.A l'âge de cinq ans. je ne marchais pas encore. C'est à six ans que j'ai commencé à marcher. Je fus alorsinscrit au CP1 (cours préparatoire première année) Une nuit, mon père m'amena dans la forêt, entailla sapeau et la mienne, recueillit notre sang dans un même verre et nous bûmes les deux sangs mélangés. C'étaitle pacte du sang.Quand il devait consulter un client, il attendait que je revienne de l'école avant de commencer le travail. Il atoujours tenu à ce que j'assiste à toutes les séances. C'est ainsi qu'il m'a initié aux différentes pratiques de lasorcellerie.
Elève et Sorcier
 A l'école primaire, quand le maître préparait son devoir, je me transformais en mouche vers 1h ou 2h dumatin pour aller voir les épreuves de la composition de passage. J'ai fait cela jusqu'au CM2. Ainsi, jeréussissais facilement à l'école sans avoir besoin d'étudier. C'est de cette façon que j'ai réussi mon entrée en6
ème.
 Au collège, j'envoûtais les professeurs en provoquant des maux de tête et des maux de ventre, lorsque j'obtenais des mauvaises notes - entende/ par mauvaise note 12/20.* Une fois, le professeur a dû aller voir unmarabout pour savoir la cause de son mal. Après consultation, celui-ci lui a dit qu'il a fait du mal à un de sesélèves. Il a fait cette révélation parce que, comme vous le savez, marabouts, féticheurs, sorciers et autrecommuniquent par télépathie. Par la suite, les démons ont inspiré le professeur pour qu'il sache de qui il étaitquestion. Il est donc venu me voir pour me demander pardon. Et j'ai exigé qu'il rectifie ma note en medonnant 19/20. Vers 1 heure du matin, j'ai invoqué les esprits par des paroles incantatoires pour qu'ilobtienne la guérison.J'envoûtais aussi mes camarades de classe (ceux qui étaient les plus brillants) soit par des maux de têtechroniques, soit par des maux de ventre pour qu'ils ne fassent pas les devoirs. Cela se passe dans lesétablissements scolaires, à l'université, à l'insu des enseignants, de plusieurs étudiants et élèves. C'est une descauses des échecs scolaires.En ce temps-là, le Bénin était secoué par des remous politiques qu retentissaient sur l'école. Les élèvesn'avançaient pas régulièrement Aussi, décidai-je de rejoindre mon père qui était déjà installé en Côted'Ivoire.