17 mars 2010
Belgique-RD Congo : Visite royale et polémique belgo-belge
Le Roi Albert II.
Alors qu’il séjournait à Kinshasa, le ministre belge de la Défense, le démocrate chrétien flamand Pieter De Crem, est stigmatisé par certains parlementaires flamands de l’opposition au motif qu’il aurait invité les FARDC à participer à la parade militaire du 21 juillet à l’occasion de la fête nationale de Belgique. L’intéressé nie. Certains ministres fédéraux l’ont confirmé en regrettant une initiative intempestive. Les prochaines retrouvailles belgo-congolaises continuent à alimenter la controverse tant dans les milieux belges que congolais. La diaspora congolaise de Belgique paraît globalement hostile au voyage royal. La mauvaise gouvernance, la régression démocratique et les violations des droits et libertés en RD Congo sont invoquées à l’appui de cette thèse.
«Dire que l’armée congolaise n’est qu’une bande de violeurs, c’est extrémiste et populiste ! Je suis franchement atterré par cette polémique. Les propos qui ont été tenus sont inconséquents et scandaleux. L’armée congolaise est une armée avec laquelle nous entretenons une coopération militaire depuis de nombreuses années. Tout le monde sait que la réforme de cette armée est un élément de stabilité et de sécurité pour l’ensemble de la Région. Toute la communauté internationale, y compris la Belgique, déploie des efforts importants pour amener l’armée congolaise à s’inscrire dans la logique de l’Etat de droit. La participation de l’armée congolaise au défilé du 21 juillet n’est pas une priorité.» Invité de l’émission matinale de la RTBF-radio, ce mardi 16 mars, le ministre belge de la Coopération au développement, le libéral francophone Charles Michel, n’a manifestement pas trouvé des mots plus percutants pour signifier tout le mal qu’il pense des déclarations faites dimanche dernier par certaines personnalités politiques flamandes. De quoi s’agit-il ?
Le ministre belge de la Défense, le CD&V Pieter De Crem, se trouvait le week-end dernier à Kinshasa. Au cours d’un entretien avec son homologue congolais Charles Mwando Nsimba, samedi 13 mars, De Crem a confirmé la «présence» du souverain belge à la commémoration du cinquantenaire de la proclamation de l’indépendance du Congo-Kinshasa. A Bruxelles, plusieurs membres du gouvernement fédéral assurent que leur collègue en charge de Défense ne se serait pas limité là. Il aurait, par la même occasion, invité les Forces armées de la RD Congo à envoyer un contingent afin de participer à la parade militaire du 21 juillet, à l’occasion de la Fête nationale belge. «Faux», répond l’intéressé qui reconnaît néanmoins avoir convié son homologue congolais à cette manifestation.
La question a suscité le lendemain une controverse dans le cadre de la très prisée émission dominicale «De Zevende Dag» (Le septième jour) de la télévision publique flamande «VRTN». Certains intervenants ont estimé que le ministre De Crem «est allé un peu trop loin». C’est le cas du VLD Herman De Croo et du nationaliste flamand (NVA) Bart de Wever. Celui-ci est allé, lui aussi, plus loin en ajoutant que «le chef de l’armée congolaise a trop de sang sur les mains et il serait inacceptable de le laisser défiler lors de la Fête nationale.» Le député socialiste flamand (Sp.a) Dirk Van der Maelen a sorti l’artillerie lourde : «Que s’est-il passé dans la tête de De Crem pour qu’il pense à faire défiler nos militaires avec des pilleurs, des assassins et des violeurs?» Ironique, Van Der Maelen de se demander si De Crem avait pris un «coup de soleil» avant de tenir ces propos.
Ces bisbilles ont le mérite d’épicer quelque peu les querelles insipides belgo-belges tout en mettant à nu la fragilité du consensus existant autour de la prochaine visite du Roi Albert II à Kinshasa. En dépit de l’accord de principe donné par le comité restreint du gouvernement belge à l’invitation congolaise, un fossé – psychologique ? – continue à séparer une Wallonie «très favorable» à ce voyage royal à une Flandre plutôt «réservée», voire contre. La diaspora congolaise de Belgique paraît globalement opposée à cette visite perçue comme un subterfuge monté par certains milieux affairistes pour «adouber» un satrape…
Service d'infos
Lisanga ya Bakolo Kongo
BLANCHARD KOTA
LA THÈSE DU COMPLOT CONTRE L’AFRIQUE
Fweley Diangitukwa
sociales, mention science politique. Il a enseigné au département de science
politique de l’Université de Genève et à Schiller International University, à
Leysin (Suisse). Il est l’auteur de nombreux ouvrages. Intellectuel engagé, il a
pris position depuis longtemps contre la politique rétrograde de certains
dirigeants africains. Ses prises de position sincères et courageuses l’ont fait
connaître dans le monde entier.
Service d'infos
Lisanga ya Bakolo kongo
BLANCHARD KOTA
Les grandes puissances, qui tiennent les anciennes colonies en
laisse comme des chiens de compagnie, freinent délibérément le
développement des pays africains afin de les rendre fortement
dépendants et de refuser ainsi toute concurrence. Le développement de
l’Afrique est bloqué à cause de la division internationale du travail dans
laquelle les pays africains sont contraints à produire et à vendre des
matières premières sans valeur ajoutée. La transformation de ces
matières premières est souvent faite à l’étranger et beaucoup de pays
africains sont incapables d’acheter leurs propres produits après leur
transformation.
Le complot contre l’Afrique consiste à affaiblir les États afin que
les puissances étrangères et les firmes transnationales influencent
négativement l’évolution de l’Afrique. Il consiste à « endormir » les
Africains tout en faisant croire qu’on s’intéresse à eux afin de faciliter
la soumission des hommes et l’exploitation des ressources naturelles
car il est plus facile d’exploiter des femmes et des hommes qui ne sont
pas fiers d’eux-mêmes. Ce complot se manifeste concrètement dans le
pillage des ressources naturelles et des produits agricoles comme le
cacao, dans la manière de traiter l’information et de gérer les conflits
armés (Darfour, RDC), ainsi que dans la destruction des langues
nationales qui ont été supplantées par les langues coloniales. La
mondialisation, telle qu’elle fonctionne, est au service de cette stratégie
car elle s’emploie à favoriser l’affaiblissement des États africains. Le
G8 et certaines Organisations travaillent aussi dans le même sens.
C’est en refusant la reconduction des pactes coloniaux
préjudiciables au développement du continent et en faisant d’autres
choix qui privilégient le développement du continent tout en luttant
contre les tyrans locaux que l’Afrique parviendra à décourager les
stratèges occidentaux qui entretiennent astucieusement la sujétion des
Africains.
16 mars 2010
Social, économie et élections: Kengo et Boshab exigent à Muzito des efforts!
Social, économie et élections
Kengo et Boshab exigent à Muzito des efforts!
*Le Point d’achèvement de l’IPPTE, les festivités du Cinquantenaire de l’Indépendance de la RDC, le Système électoral de 2006, la valeur du contrôle parlementaire, la révision constitutionnelle, sont là les points qui ont marqué les allocutions des Présidents de deux Chambres du Parlement Congolais à l’ouverture solennelle de la session ordinaire de mars, qualifiée de déterminante à plus d’un titre.
S’agissant particulièrement de la course vers le point d’achèvement de l’IPPTE, l’Honorable Léon Kengo wa Dongo a reconnu que la reprise des relations formelles avec les institutions de Breton Woods intervient après que le Gouvernement ait respecté les critères quantitatifs convenus avec les services du FMI. Le Gouvernement a aussi résolu, a-t-il poursuivi, la question de la soutenabilité de la dette posée par la signature des contrats avec un groupement d’entreprises chinoises dans les domaines des mines et des infrastructures. Connaissant les accroche-cœurs des Institutions Financières Internationales, Léon Kengo est convaincu que la voie est donc ouverte, pour l’annulation de près de 10 milliards de dollars américains de dette sur un stock de 12 milliards. Cependant, prévient-il, le processus vers le point d’achèvement est conditionné par la réalisation satisfaisante de sept principaux déclencheurs, entre autres l’élaboration du Document de Stratégie pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté et sa mise en œuvre satisfaisante ; la stabilité macroéconomique ; la bonne utilisation des ressources provenant des allègements intérimaires obtenus après le point de décision de l’I-PPTE ; une bonne gestion des finances publiques…
Devant leurs collègues Députés nationaux et Sénateurs, devant les membres du Gouvernement, le Président de la Cour Suprême de Justice, le Procureur Général de la République, les Officiers Supérieurs de l’Armée et de la Police, les Ambassadeurs et Chefs des missions diplomatiques, Léon Kengo wa Dondo et Evariste Boshab, respectivement Président du Sénat et Président de l’Assemblée Nationale ont procédé hier, lundi 15 mars 2010, à l’ouverture solennelle de la 6ème session ordinaire de cette législature finissante.
Dans leurs allocutions de circonstance, les Présidents de deux Chambres du Parlement ont reconnu le caractère déterminant, à plus d’un titre, de cette session de mars. Pour Léon Kengo wa Dondo, l’année 2010 va connaître l’aboutissement des négociations débutées, il y a quelques années entre la RDC et les Institutions de Breton Woods dans le cadre de la recherche du point d’achèvement de l’IPPTE. Il souligne que la reprise des relations formelles avec les institutions de Breton Woods intervient après que le Gouvernement ait respecté les critères quantitatifs convenus avec les services du FMI. Le Gouvernement a aussi résolu, a-t-il poursuivi, la question de la soutenabilité de la dette posée par la signature des contrats avec un groupement d’entreprises chinoises dans les domaines des mines et des infrastructures. Aussi, renchérit l’Honorable Kengo wa Dondo, c’est après avoir obtenu des assurances financières de tous les membres du Club de Paris que le Conseil d’administration du FMI a décidé de conclure ce programme formel avec la RDC. Un accord qui constitue le préalable pour atteindre le point d’achèvement de l’I-PPTE et pour l’octroi des bénéfices de l’autre initiative pour l’Allègement de la Dette Multilatérale» , IADM en sigle.
La voie est donc ouverte, a déclaré le Président de la Chambre Haute du Parlement, pour l’annulation de cette dette de près de 10 milliards de dollars américains sur un stock de 12 milliards. Un allègement qui permettra d’affecter les ressources dégagées aux secteurs prioritaires de l’économie congolaise en vue de lutter contre la pauvreté. Cependant, prévient Kengo wa Dondo, le processus vers l’achèvement de l’initiative PPTE est conditionné par la réalité satisfaisante de sept principaux déclencheurs, entre autres l’élaboration du Document de Stratégie pour la Croissance et la Réduction de la pauvreté et sa mise en œuvre satisfaisante ; la stabilité macroéconomique ; la bonne utilisation des ressources provenant des allègements intérimaires obtenus après le point de décision de l’Initiative PPTE ; une bonne gestion des finances publiques…
Système électoral actuel, Kengo et Boshab invitent la classe politique à y réfléchir Au regard de la perspective de la tenue, l’année prochaine, des élections, Kengo wa Dondo invite la classe politique à une réflexion sur le système électoral actuel, en vue de l’améliorer et d’en corriger les erreurs, s’il échet. Pour lui, les élections présidentielles, législatives et provinciales de 2006 ont reposé essentiellement sur un mode de représentativité fondé sur les résultats des opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs. Lequel a donné lieu à des disparités que, parfois, ne justifie pas le poids démographique des provinces. Par respect au principe général d’égalité des citoyens devant le suffrage et à celui de la proportionnalité de la représentation nationale, ne conviendrait- il pas d’opérer des ajustements nécessaires ? S’est-il interrogé à haute voix.
A ce sujet, Evariste Boshab n’est pas allé par le dos de la cuillère. Il a déclaré haut et fort que les élections de 2006 ont démontré les faiblesses du système électoral. En conséquence, estime-t-il, l’adoption des correctifs à ce système, dans le contexte actuel, devra permettre l’avènement d’un mode de gouvernement plus proche des attentes d’efficacité et de cohésion. Et de renchérir : ‘‘il y a lieu de poser les bases d’une flexion agissante sur la responsabilité du pouvoir législatif dans son rôle de doter l’Etat des textes lui permettant de disposer de la pleine autorité sur le devenir des mécanismes créés par les lois qu’il adopte’’.
Et de s’interroger : ‘‘comment ne pas demeurer réaliste sur le point du remodelage des créations législatives, voire constitutionnelles, dont l’expérimentation sur terrain pose problème ? Qui dit mieux que le Constituant lui-même lorsqu’il garantit l’initiative de la propre « révisitation » de son œuvre. La révision constitutionnelle n’est plus dès lors un tabou’’. C’est ici que les romains vont s’empoigner. Faire du cinquantenaire un temps fort de l’histoire de la RDC A moins de quatre mois de la célébration du jubilé du cinquantième anniversaire de l’accession de la RDC, le Président du Sénat affirme qu’« il nous revient à tous de nous mobiliser pour faire de cet événement un temps fort de notre histoire. Le cinquantenaire, c’est effectivement une opportunité pour la nation et l’ensemble de notre peuple : de nous réapproprier notre histoire ; faire le bilan de notre parcours postcolonial et tirer les conclusions pour notre futur.».
Boshab pour un rythme de travail soutenu
La présente session ordinaire, a fait savoir, pour sa part, le Président de la Chambre basse du parlement, s’annonce laborieuse et requiert de procéder davantage, avec méthode, et d’adopter un rythme de travail soutenu. Ce, avant d’épingler le bloc d’initiatives législatives se rapportant à la réforme du pouvoir judiciaire, des forces armées de la République et de la Police nationale, à voter au cours de la présente session. S’agissant particulièrement la réforme du pouvoir judiciaire, Boshab affirme qu’une fois consacrée par l’œuvre législative, celle-ci rendra effectif le fonctionnement des ordres de juridiction susceptibles de répondre à l’idéal de spécialité et d’efficacité de la justice. Ces efforts dans le domaine de la justice, a-t-il déclaré, rencontrent parfaitement la nécessité d’améliorer le climat des affaires en RDC.
La valeur pédagogique du contrôle parlementaire
‘‘C’est cette responsabilité qui guide et qui doit continuer à guider notre pouvoir de contrôle parlementaire. La valeur pédagogique du contrôle parlementaire est indéniable, quand bien même la sanction n’est pas exclue en ce que la marge entre le permis et l’interdit demeure l’élément qui sécurise toute la société’’ a déclaré le Président de la Chambre Basse du Parlement. Avant d’ajouter que : ‘‘l’assimilation par les détenteurs du pouvoir public de la culture de reddition des comptes comme la règle fondamentale de toute gestion est un facteur de promotion de la bonne gouvernance économique, administrative et politique’’. Aussi, pense-t-il, les outils de contrôle parlementaire servent donc autant à redresser les équilibres rompus que, s’il échet, à sanctionner positivement ou négativement les gestionnaires de la chose publique.
Nouvelles matières
Outre les arriérés législatifs, les Sénateurs sont s’appesantir, au cours de cette session de mars, sur la proposition de loi organique portant organisation, attributions et fonctionnement du Conseil Supérieur de l’audiovisuel et de la communication ; proposition de loi fixant les règles fondamentales relatives à la modernisation du système national de paiement ; proposition de loi portant principes fondamentaux applicables à la radiodiffusion sonore et télévisuelle ; proposition de loi portant principes fondamentaux relatifs au régime pénitentiaire.
Quant aux Députés, plusieurs lois essentielles seront à l’ordre du jour. Entre autres, le bloc d’initiatives législatives se rapportant à la réforme du Pouvoir Judiciaire, des Forces armées de la République et de la Police nationale…
La Pros.
Allocution de l’Honorable Léon Kengo wa Dondo
à l’occasion de la cérémonie solennelle d’ouverture de la session de mars 2010
Honorable Président de l’Assemblée nationale et cher collègue ;
Excellence Monsieur le Premier Ministre ;
Monsieur le Premier Président de la Cour Suprême de justice ;
Monsieur le Procureur Général de la République ;
Honorables Membres du Bureau de l’Assemblée nationale et du Sénat ;
Honorables Députés ;
Honorable Sénateurs et chers collègues ;
Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;
Excellences Messieurs les Ambassadeurs et Chefs des Missions diplomatiques ;
Madame la Bourgmestre de la Commune de Lingwala ;
Distingué(e)s Invités(e)s chacune et chacun en ses titres et qualités ;
Conformément aux articles 115 de la Constitution et 75 du Règlement intérieur du Sénat, je procède ce jour à l’ouverture de la 6ème session ordinaire de notre Chambre. En votre nom, à celui du Bureau et au mien, je salue la présence de tous les invités. Je les remercie de l’intérêt et de la considération qu’ils portent à notre Institution. Chers Collègues, privés d’une partie de vos vacances pour la tenue de la session extraordinaire de janvier, vous voici à nouveau là pour accomplir votre devoir. Je salue votre sens élevé de responsabilité .
La session qui s’ouvre ce jour est déterminante à plus d’un titre. L’année qui vient de s’achever a été marquée par la conclusion, le 11 décembre 2009, d’un programme triennal avec le FMI. Elle va connaître l’aboutissement des négociations débutées il y a quelques années entre notre pays et les Institutions de Breton Woods. Dans le cadre de la recherche du point d’achèvement de l’initiative des pays pauvres très endettés, IPPTE en sigle. La reprise des relations formelles avec les institutions de Breton Woods intervient après que le Gouvernement ait respecté les critères quantitatifs convenus avec les services du FMI. Le Gouvernement a aussi résolu la question de la soutenabilité de la dette posée par la signature des contrats avec un groupement d’entreprises chinoises dans les domaines des mines et des infrastructures. C’est après avoir obtenu des assurances financières de tous les membres du Club de Paris que le Conseil d’administration du FMI a décidé de conclure ce programme formel avec notre pays. Cet accord, est le préalable pour atteindre le point d’achèvement de l’initiative des pays pauvres très endettés et pour l’octroi des bénéfices de l’autre initiative pour l’Allègement de la Dette Multilatérale» , IADM en sigle. La voie est donc ouverte pour l’annulation de cette dette de près de 10 milliards de dollars américains sur un stock de 12 milliards. Cet allègement permettra d’affecter les ressources dégagées aux secteurs prioritaires de notre économie, en vue de la lutte contre la pauvreté.
Cependant, le processus vers l’achèvement de l’initiative PPTE est conditionné par la réalité satisfaisante de sept principaux déclencheurs, à savoir :
- l’élaboration du Document de Stratégie pour la Croissance et la Réduction de la pauvreté et sa mise en œuvre satisfaisante ;
- la stabilité macroéconomique ;
- la bonne utilisation des ressources provenant des allègements intérimaires obtenus après le point de décision de l’Initiative PPTE ;
- une bonne gestion des finances publiques ;
- la bonne gouvernance ;
- l’amélioration de la gestion de la dette ;
- l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies de développement des secteurs prioritaires que sont l’éducation, la santé, l’agriculture et le développement rural.
La réalisation de ces réformes doit être attestée par des indicateurs tels que :
- des états fiables de suivi budgétaire ;
- le code des marchés publics reflétant les standards internationaux ;
- les cadres sectoriels de dépense à moyen terme pour les secteurs sociaux ;
La loi portant code des marchés publics sera adoptée au cours de la présente session. En attendant l’annulation de la dette dans le cadre du point d’achèvement de l’initiative PPTE, les créanciers du club de Paris et le Gouvernement sont arrivés à un accord, le 25 février dernier, pour restructurer la dette publique selon les termes dits « de Cologne ».
Notre pays a ainsi pu obtenir la réduction du service de la dette due entre 1er juillet 2009 et le 3 juin 2012. Sur 2,957 milliards de dollars, le Club de Paris a procédé à l’annulation de 1,310 milliards de dollars et au rééchelonnement de 1,647milliards autres.
Honorables Sénateurs, Chers collègues,
La loi portant budget de Etat pour l’exercice 2010 a été promulgué le 25 janvier 2010 par le Président de la République. Ce budget a été arrêté en équilibre en recettes et en dépenses. Les paramètres macroéconomiques ci-après ont été retenus :
- taux de croissance du PIB : 5,4%
- taux d’inflation fin période : 15,0%
- taux de change moyen : 950,6 franc pour un dollars
- PIB nominal : 11.366,0 milliards de franc
- Financement monétaire : nul Il est important de faire aboutir les réformes sur la gestion des dépenses publiques, lesquelles doivent être conformes aux inscriptions budgétaires c’est-à-dire appliquer une gestion sur base caisse.
Honorable Sénateurs, Chers Collègues,
Les perspectives économiques pour 2010 sont bonnes. Une reprise plus vigoureuse de la croissance économique mondiale est attendue cette année. Elle ne manquera pas d’avoir des effets induits notamment sur les cours de matières premières. Suivant la Banque mondiale, après une croissance négative de 2,2% en 2009, le PIB mondial devrait connaître un taux de croissance positif de 2,7% en 2010. Le volume du commerce mondial, qui avait baissé de 14,4% en 2009, devrait augmenter de 4,3% en 2010. Sur le plan intérieur, les résultats obtenus au cours de deux premiers mois de 2010, bien que fragiles, sont encourageants.
Le cadre macroéconomique connaît une relative stabilité. En matière des finances publiques, l’exécution des deux premiers mois de l’année s’est traduite par des excédents budgétaires. Le taux de change affiche une légère variation et les pressions inflationnistes se sont atténuées. En 2010, la croissance économique est prévue à 4,5 ; soit un doublement par rapport à 2009 et le taux d’inflation fin période, de 15 %, soit une nette amélioration par rapport à l’année écoulée.
Honorables Sénateurs, Chers Collègues,
Ces dernières années, notre pays a été classé parmi les derniers dans le rapport «Doing Business » de la Banque mondiale. Ce qui influence négativement des investisseurs potentiels. Nous pouvons stimuler davantage la croissance économique en garantissant aux investisseurs un environnement juridique et judiciaire stable et transparent. N’oublions pas que l’investisseur est un gibier peureux qu’il faut toujours rassurer. Le vote des lois intervenu pendant la session extraordinaire s’inscrit dans cette voie, de même que les efforts de la FEC.
Honorables Sénateurs, Distingués invités,
Nous sommes à moins de deux ans des futures échéances électorales, lesquelles permettront de nouveau à notre Peuple d’opérer son choix conformément à l’article 5 de la Constitution. Les dates des élections locales et générales sont désormais connues. Selon la CEI, le fichier électoral devra être totalement renouvelé. Le Gouvernement entend financer lui-même les élections générales et compte sur l’appui de la Communauté Internationale pour les élections locales. A cette fin, le budget 2010 prévoit près de 200 millions de dollars, à titre de provisions pour cette année.
La perspective de la tenue, l’année prochaine, des dites élections invite notre classe politique à une réflexion sur notre système électoral actuel, en vue de l’améliorer et d’en corriger les erreurs, s’il échet. Les élections présidentielles, législatives et provinciales de 2006 ont reposé essentiellement sur un mode de représentativité fondé sur les résultats des opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs. De ces opérations, il est résulté un corps électoral composé de 25.712.552 électeurs, chiffre sur la base duquel le pays a été divisé en 169 circonscriptions pour l’élection des députés provinciaux, corps électoral des Sénateurs. La répartition des sièges et des circonscriptions a été le résultat de la division du corps électoral national par le nombre d’enrôler dans la province où la circonscription concernée, donnant lieu à des disparités que, parfois, ne justifie pas le poids démographique de celles-ci.
A titre d’exemple, pour l’élection des députés : La ville de Kinshasa a eu 4 circonscriptions électorales pour 58 députés :
le Bas-Congo 12 circonscriptions pour 24 députés,
le Bandundu 20 circonscriptions pour 57 députés ;
la Province Orientale 25 circonscriptions pour 63 députés ;
le Nord Kivu 9 circonscriptions pour 32 députés ;
le Maniema 8 circonscriptions pour 12 députés ;
le Katanga 25 circonscriptions pour 69 députés ;
le Kasaï Oriental 18 circonscriptions pour 39 députés et
le Kasaï Occidental 12 circonscriptions pour 40 députés.
Au niveau de la députation provinciale, les mêmes disparités sont apparues. Dans le cadre des élections à venir, la nouvelle répartition reposerait-elle encore sur le même mode de calcul, le projet de recensement général de la population initié par le gouvernement n’étant qu’à sa phase préparatoire ? Par respect au principe général d’égalité des citoyens devant le suffrage et à celui de la proportionnalité de la représentation nationale, ne conviendrait- il pas d’opérer des ajustements nécessaires ?
En France, confronté à ce genre des débats lors de l’examen de la loi de régionalisation de la Nouvelle Calédonie, le Conseil constitutionnel a tranché en faveur des considérations démocratiques, en indiquant clairement que le principe d’égalité des citoyens commandait une répartition des circonscriptions électorales sur une base essentiellement démographique. Ce qui signifierait que la fixation des circonscriptions électorales, et par conséquent la répartition des sièges au niveau national, ne devrait plus se baser sur des statistiques électorales ; mais sur des statistiques démographiques. Dans le même ordre d’idées, il nous revient que le système électoral de base retenu pour l’élection des futurs organes délibérant serait, à tous les niveaux, le scrutin majoritaire à un tour. Dans ce système, le candidat ou la liste de candidats ayant obtenu le plus grand nombre de voix est proclamé (e) élu(e), renvoyant ainsi d’autres listes ou d’autres candidats dans l’opposition. Ce système a l’avantage de dégager une majorité claire et franche, permettant la constitution des gouvernements stables et homogènes. Il a cependant l’inconvénient de ne pas tenir compte de petits partis, sacrifiant ainsi la justice électorale à la stabilité gouvernementale.
Le Royaume Uni qui l’applique depuis d’illustres années est précisément confrontée à ce genre de difficultés. Par contre, les pays qui sont traversés par de multiples dissensions communautaires, comme la Belgique, applique la représentation proportionnelle. C’est un système qui permet la représentation, au sein du Parlement, des plusieurs courants d’opinions et d’idées. Il a cependant, lui aussi, l’inconvénient d’émietter la majorité et de rendre difficile la constitution des Gouvernements stables. Vers quelle direction irons-nous ?
Le système appliqué en 2006 a-t-il livré suffisamment ses atouts et ses faiblesses ? En tout état de cause, il n’existe aucun système électoral « prêt-à-porter » Chaque pays le détermine en fonction de ses propres réalités sociopolitiques. Ceci n’empêche cependant pas que l’on y réfléchisse.
Honorable Président de l’Assemblée nationale et cher Collègue ;
Excellence Monsieur le Premier Ministre ;
Monsieur le Premier Président de la Cour Suprême de Justice ;
Monsieur le Procureur Général de la République ;
Honorables Membres des bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat ;
Honorables Députés ;
Honorables Sénateurs et Chers Collègues ;
Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;
Excellence Messieurs les Ambassadeurs et Chefs des Missions diplomatiques ;
Madame la Bourgmestre de la Commune de Lingwala ;
Distingué(e)s Invités(e)s, chacune et chacun en ses titres et qualités ;
De janvier à mars 2010, le monde a connu des cataclysmes naturels qui ont affectés plusieurs pays notamment Haïti, Chili, Kenya, Madagascar, France, Espagne ; Turquie causant des dégâts humains et matériels importants. Au nom du Sénat et au mien, nous nous associons aux douleurs des peuples de ces pays et leurs exprimons notre profonde compassion. Je vous invite à observer une minute de silence.
Honorables Sénateurs et chers collègues,
Nous sommes à moins de quatre mois de la célébration du jubilé du cinquantième anniversaire de l’accession de notre pays à l’indépendance. Comme je l’ai dit dans mon allocution d’ouverture de la session ordinaire de septembre 2009, « il nous revient à tous de nous mobiliser pour faire de cet événement un temps fort de notre histoire. Le cinquantenaire, c’est effectivement une opportunité pour la nation et l’ensemble de notre peuple : -de nous réapproprier notre histoire ; -faire le bilan de notre parcours postcolonial ; -tirer les conclusions pour notre futur. »
Honorables Sénateurs et Chers collègues,
En attendant l’adoption définitive du calendrier par l’Assemblée plénière sur proposition de la Conférence des Présidents, la présente Session comporte entre autres les matières suivantes :
A. Nouvelles matières :
-Proposition de loi organique portant organisation, attributions et fonctionnement du Conseil Supérieur de l’audiovisuel et de la communication ;
-Proposition de loi fixant les règles fondamentales relatives à la modernisation du système national de paiement ;
-Proposition de loi portant principes fondamentaux applicables à la radiodiffusion sonore et télévisuelle ;
-Proposition de loi portant principes fondamentaux relatifs au régime pénitentiaire.
B. Arrière législatifs :
I. Matières au niveau des Commission permanentes :
-Projet de loi portant Code des marchés publics ;
-Projet de loi portant code agricole ;
-Projet de loi portant statut du personnel militaire des Forces Armées de la République Démocratique du Congo
II. Matières à examiner en Commission mixte paritaire :
-Proposition de loi organique portant organisation et fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante ;
-Proposition de loi organique portant organisation et fonctionnement de la Cour constitutionnelle ;
- Proposition de loi organique instituant la Commission nationale de l’homme ;
-Projet de loi sur l’aviation civile en République Démocratique du Congo ;
-Proposition de loi portant régime général des hydrocarbures.
Honorables Sénateurs et chers collègues,
Comme vous l’avez remarqué, ce n’est pas le travail qui manque. Comme dit Goethe «Ce n’est pas de faire des pas qui doivent un jour conduire au but, chaque pas doit être lui-même un but en même temps qu’il nous porte en avant». Sur ce, je déclare ouverte la session ordinaire de mars 2010.
Je vous remercie
Allocution de l’Honorable Evariste Boshab
à l’occasion de la cérémonie solennelle d’ouverture de la session de mars 2010
Honorable Président du Sénat et Distingué collègue,
Excellence Monsieur le Premier Ministre,
Chef du Gouvernement,
Monsieur le Président de la Cour Suprême de Justice,
Monsieur le Procureur Général de la République,
Honorables Membres des Bureaux de l’Assemblée nationale et Sénat,
Honorables Députés et Sénateurs, chers collègues,
Excellences Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,
Monsieur le Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat,
Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Chefs des Missions Diplomatiques,
Excellence Monsieur le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies au Congo,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Organismes spécialisés du Système des Nations Unies et des Organisations internationales,
Messieurs les Officiers Généraux et Supérieurs des Forces Armées et de la Police Nationale,
Messieurs les membres du Bureau de l’Assemblée Provinciale de Kinshasa,
Monsieur le Gouverneur de la ville de Kinshasa, Madame la Bourgmestre de la Commune de Lingwala,
Messeigneurs et Chefs spirituels des confessions religieuses, Distingués invités, Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Les séquences du travail parlementaire oscillant entre session et vacances parlementaires, le temps est venu pour les Honorables Députés de reprendre les travaux parlementaires, conformément à l’article 115 de la constitution et 55 de notre Règlement intérieur. Fort malheureusement, à l’appel de la présente Session ne répondra plus présent notre collègue ASUMANI MASANZI Matthieu, dont le décès est survenu à Kindu, le matin du samedi 13 mars 2010. Ce même jour, nous portions en terre, le Secrétaire Général honoraire de notre Assemblée en la personne de Monsieur LILOKA IS’AMENGA Jean-Pierre. En leur mémoire, je vous invite à vous lever pour observer quelques instants de recueillement.
La session ordinaire qui s’ouvre aujourd’hui sera sans doute l’avant-dernière session de mars de la présente législature. Cette réalité prend, pour l’exercice de notre devoir, un relief singulier du fait que rien ne peut se faire envers et contre le temps. Réfléchir sur le temps qui nous reste, en vue de répondre encore présent au service de la représentation du peuple, nous impose justement une halte sur les moyens d’accomplir l’ouvrage que le peuple souverain nous a assigné.
La prise en compte du facteur temps, dans la perspective du travail parlementaire, débouche sur les contraintes inhérentes à l’écoulement du temps et nous rappelle, une fois encore, l’évidence qu’il faille procéder à la mise en conformité des nos attitudes, à l’adaptation de nos habitudes, à l’optimisation de notre action en fonction de cette réalité. Le temps passe, mais on ne le voit pas passer. J’aime autant cette devise attribuée aux horlogers sans doute parce qu’elle est vraie. Dans tout cycle de production, même dans l’industrie de la production des lois qui nous emploie, le temps apparaît certes comme la plus neutre des composantes neutres, mais, en réalité, il s’agit là d’une valeur relative dont l’apport quant aux résultats demeure fonction de ce qu’en fait l’homme. Apprivoiser sinon maîtriser le temps demeure donc le grand enjeu du bon placement pour l’avenir !
Aussi, dès les premiers instants où votre présent Bureau a eu l’honneur d’être investi par les Honorables Députés, il ne s’est jamais dérobé de mes pensées que le temps matériel dont nous disposons dans le cadre de nos activités est un précieux atout dont nous ne percevons pas toujours le caractère irréversible et irrécupérable au regard des matières à aborder. Rationaliser le travail parlementaire en prônant un catégorique repenser de nos méthodes de travail signifie une gestion du temps axée sur le résultat.
Durant cette quatrième année de notre législature, l’évaluation de nos actions et inactions en tant que parlementaires nous permettra de savoir, si nous nous sommes suffisamment éprouvés dans notre sagesse, au regard des pages de notre mandat qui s’effeuillent. Instruit par cette sagesse, nous prenons la mesure de chaque seconde qui s’égraine pour procéder à un inventaire de nos priorités avant que le temps ne nous fasse défaut dans l’accomplissement des objectifs que la nation, dans la quête de sa refondation, a confié aux élus.
Si, comme le disait Jean-Jacques Rousseau, toutes les minutes blessent et la dernière tue, ne partagerons- nous pas ce sentiment que le temps file de plus en plus vite ? Et pourtant, le tic tac trompeur de l’Horloge possède toujours la même fréquence hypocrite…
Honorable Président du Sénat et Distingué Collègue,
Honorables membres du Bureau de l’Assemblée nationale et du Sénat,
Honorables Députés et Chers Collègues,
La présente session ordinaire s’annonce laborieuse et requiert de notre part de procéder davantage, avec méthode, et d’adopter un rythme de travail soutenu. Plusieurs lois essentielles seront à l’ordre du jour.
Permettez-moi sans être exhaustif, d’épingler dans ce lot, le bloc d’initiatives législatives se rapportant à la réforme du pouvoir judiciaire, des forces armées de la République et de la Police nationale. En ce qui concerne particulièrement la réforme du pouvoir judiciaire, nous demeurons conscients qu’une fois consacrée par l’œuvre législative, celle-ci rendra effectif le fonctionnement des ordres de juridiction susceptibles de répondre à l’idéal de spécialité et d’efficacité de la justice. Toutefois, dans sa mise en œuvre, cette réforme devra être suivie du déploiement des cours et tribunaux sur toute l’étendue de la République. Un tel déploiement sera un véritable défi qui exigera des moyens important pour lesquels les pouvoirs publics devront se préparer en toute sérénité, car doter l’Etat de ces organes importants pour la sécurité juridique n’est pas un luxe.
Comment ne pas souligner également que l’installation des tribunaux de paix est une garantie pour la bonne tenue des élections locales, en ce que, c’est à l’épuisement du contentieux électoral que les résultats deviennent définitifs. Ces efforts dans le domaine de la justice rencontrent parfaitement la nécessité d’améliorer le climat des affaires en RDC. Ce processus dans lequel l’Etat congolais s’est investi connaîtra tout l’appui de la représentation nationale comme cela a été démontré au cours de nos sessions passées.
Dans cette lancée, la Représentation nationale avait accueilli le dépôt, par le Gouvernement, du projet de Code douanier ainsi que son souci d’obtenir dans le même ordre, l’examen et le vote du projet de loi instituant la taxe sur la valeur ajoutée. Le progrès économique et le bien-être social passent par un dispositif législatif des politiques répondant aux intérêts de la population.
En tant qu’élus, nous avons le devoir d’approfondir ces questions au sein de nos groupes techniques de travail en vue de doter l’Etat des moyens de son épanouissement ainsi que des normes sectorielles des affaires concernées. Le temps n’est il pas d’évaluer les différents Codes de notre pays afin que les conclusions éclairantes nous indiquent de nouvelles pistes à suivre qui sont, en réalité, de nouveaux défis à relever ? Je voudrais une fois encore me réjouir de l’assiduité dont les Honorables Députés ont fait montre à ce jour, pour répondre à l’exercice ardu de leur travail qui requiert abnégation, vision, détermination et professionnalisme, patriotisme, expertise. Comment ne pas s’en convaincre lorsque l’on jette un regard rétrospectif sur les lois déjà votées dans un créneau de temps très serré.
Aujourd’hui encore, en parcourant l’avant-projet du calendrier de notre session de mars, il est mis en exergue, au chapitre des nouvelles matières, plusieurs propositions de lois. Ce grand nombre de proposition de lois déposées par les Honorables Députés et Sénateurs démontre, avec respect, leur apport imaginatif dans le grand chantier des lois ouvert depuis la promulgation de la Constitution de notre pays.
Honorable Président du Sénat et Distingué Collègue,
Honorables membres du Bureau de l’Assemblée nationale et du Sénat,
Honorables Députés et Chers Collègues,
Parmi les chantiers ouverts depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle constitution, figurent en ordre utile, celui de la décentralisation, celui de la mise en place des institutions d’appui à la démocratie ou encore celui de la mise en adéquation de nos lois en rapport avec l’organisation des échéances électorales. L’Etat d’avancement de ces chantiers nous interpelle constamment car, au-delà de qui est accessible au commun des observateurs, il nous revient le devoir de scruter les voix silencieuses de nos populations, d’observer la marche de l’Etat et d’intégrer dans l’exercice du pouvoir législatif la bonne dose curative ou corrective dont le pays a besoin pour maintenir la stabilité et garantir l’intérêt général.
Dans le sens du fonctionnement normal des Institutions, l’Assemblée nationale se penchera également sur la nouvelle délibération de l’article 55, alinéa 2, de la loi organique portant organisation, attribution et fonctionnement du conseil supérieur de l’audiovisuel comme requis par le Chef de l’Etat aux deux Chambres du parlement à la suite du contrôle de conformité assuré par la Cour suprême de Justice. C’est ainsi que je voudrais, en outre, engager la représentation nationale à finaliser l’adoption du projet de loi portant organisation et fonctionnement de la Commission Electorale Nationale Indépendante et par ailleurs, renforcer la claire perspective de la tenue des élections générales en RDC pour l’année 2011, telle que réaffirmée par le Chef de l’Etat à l’occasion de son discours sur l’état de la nation en décembre dernier.
L’enracinement d’un Etat de droit, c’est aussi l’organisation, à des échéances régulières, des élections transparentes pour laisser au peuple souverain la latitude de choisir ses dirigeants. Interpellés par notre tâche, nous devons réfléchir, au regard des leçons tirées de l’expérience du passé, sur les vertus bénéfiques des lois que nous comptons mettre à la disposition de la nation.
Les élections de 2006 ont démontré les faiblesses du système électoral. En conséquence, l’adoption des correctifs à ce système, dans le contexte actuel, devra permettre l’avènement d’un mode de gouvernement plus proche des attentes d’efficacité et de cohésion. Il y a lieu de poser les bases d’une flexion agissante sur la responsabilité du pouvoir législatif dans son rôle de doter l’Etat des textes lui permettant de disposer de la pleine autorité sur le devenir des mécanismes créés par les lois qu’il adopte. Comment ne pas demeurer réaliste sur le point du remodelage des créations législatives, voire constitutionnelles, dont l’expérimentation sur terrain pose problème ? Qui dit mieux que le Constituant lui-même lorsqu’il garantit l’initiative de la propre « révisitation » de son œuvre. La révision constitutionnelle n’est plus dès lors un tabou. Dans son principe, la révision est un exercice normal de remise en question qui, dans le vécu clinique de nos institutions, constitue la respiration démocratique toute naturelle.
Améliorer nos hiérarchies de valeurs, revoir la hauteur des assignations au crible de nos contraintes à les réaliser, remettre au pas du changement de contexte le produit de la cristallisation des forces politiques, sociales et philosophiques qui ont conduit à l’adoption d’une loi soit-elle une loi fondamentale ne sacrifiant en rien le prescrit du Droit sur l’autel imaginaire de l’autoritarisme ou sur-mesure. La fonction d’une Constitution est d’institutionnaliser le pouvoir et d’assurer la stabilité des règles qui en définissent le statut tout en assurant la garantie des droits fondamentaux contre l’arbitraire. Il est vrai que la Constitution n’est pas instituée ad vitam aeternam : elle régit le pouvoir de manière durable et fixe, et non pas de manière irrévocable, sinon elle assujettirait indéfiniment les générations futures à un héritage constitutionnel sans leur offrir la possibilité d’inscrire le présent dans la loi fondamentale. Dans le cas d’obstruction à tout exercice de révision, la légitimité de départ du texte constitutionnel s’estomperait, en ouvrant la voie à la résistance contre l’oppression où à des réclamations des obligations dont l’objet demeure impossible. De telles attitudes se nourriraient ainsi d’une vocation fondée sur la conviction du déphasage du Droit face à la réalité.
A ce propos, le cas le plus illustratif demeure la difficulté pratique de réaliser l’obligation contenue à l’article 226 de la Constitution. Le point de départ de la computation du délai de trente-six mois pour l’entrée en vigueur de cette disposition consacrant l’instauration de 26 provinces court à partir de l’installation du Sénat. Face à la vérité du temps, devons-nous maintenir la forme de cette disposition dont l’avenir demeure peu probable du fait qu’un tel processus ne saurait aboutir d’ici au mois de mai 2010 ?
En effet, le mois de mai 2010 marque, sur le plan arithmétique, le terme péremptoire pour la sortie de cette veilleuse voulue par le Constituant. Nous sommes tous interpellés à prendre position sur la question. Le tempo du tango qui impose un temps d’arrêt ne signifie ni abandon ni recul, mais plutôt un instant pour puiser les énergies nécessaires en vue de marquer un bon pas.
Honorable Président du Sénat et Distingué Collègue,
Monsieur le Premier ministre,
Chef du Gouvernement,
Honorables Députés et Chers Collègues,
Après en avoir autant dit, beaucoup reste encore à dire de notre travail en tant que parlementaires ainsi que de la responsabilité que nous portons en tant qu’élus du peuple, dans le contexte particulier de la première législature de la 3ème République. C’est cette responsabilité qui guide et qui doit continuer à guider notre pouvoir de contrôle parlementaire.
La valeur pédagogique du contrôle parlementaire est indéniable, quand bien même la sanction n’est pas exclue en ce que la marge entre le permis et l’interdit demeure l’élément qui sécurise toute la société. L’assimilation par les détenteurs du pouvoir public de la culture de reddition des comptes comme la règle fondamentale de toute gestion est un facteur de promotion de la bonne gouvernance économique, administrative et politique. Les outils de contrôle parlementaire servent donc autant à redresser les équilibres rompus que, s’il échet, à sanctionner positivement ou négativement les gestionnaires de la chose publique. Durant cette intersession, votre Bureau a déployé d’intenses activités parlementaires tant sur place qu’à l’extérieur du pays et n’a pas manqué de requérir l’engagement des peuples et institutions amis à l’avancement de la cause du développement de la RDC.
L’opération tendant à récupérer les armes de guerre détenues sans titre ni droit, surtout pendant ce mois réservé à la femme, puisqu’elle renforce la paix intercommunautaire, mérite les encouragements de la représentation nationale, en lieu et place des signaux de suspicion. Fort de la confiance en votre abnégation et en votre assiduité, laissez-moi chers collègues, saisir l’occasion de cette rentrée parlementaire pour vous souhaiter d’ores et déjà bon retour à l’ouvrage et vous exprimer les encouragements ainsi que le soutien de votre Bureau dans l’exercice de vos prérogatives.
Quant à l’ouvrage, nous le remettrons toujours sur le métier afin de lui donner la forme attendue par la République. Ma conclusion, c’est le vœu de voir les Honorables Députés déposer, avec diligence, les rapports des vacances parlementaires afin que le temps qui s’écoule ne coule l’enthousiasme d’apporter la pierre, si petite soit-elle, à l’œuvre de la reconstruction nationale. Le temps qui s’écoule, sans être utilement saisi, écroule l’espoir sur son passage.
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Lisanga ya Bakolo Kongo
BLANCHARD KOTA
30 June 2010 a Londres Marche Historique

BLANCHARD KOTA
Photos KIN LA BELLE
Kinshasa de l'époque coloniale
Hotel Régina: carte postale ancienne, au croisement du boulevard Albert 1er et une partie (a gauche) de la
place Braconnier. Belle vue aussi de l'avenue François Daese.
Le Bar Hardy: carte postale ancienne, sur la Place de la Poste,au croisement de l'avenue des Aviateurs et
de l'avenue Beernaert.
Photo a été prise du haut du building FORESCOM situé à l'époque au rond-point Léopold, aujourd'hui rond-point Salongo.
Le bâtiment à droite existe toujours et appartient à l'Onatra (Otraco). L'avenue à gauche est l'avenue Van Gele,
aujourd'hui Colonel LUKUSA et la rue à droite est une continuation de l'avenue du Port (avenue GECAMINE aujourd'hui)
où il y avait la fameuse boulangerie du port. Le socle du monument existe encore.
La banque de bruxelles
Building Forescom: carte postale ancienne, sur la place ou aboutissait l'avenue du port, du boulevard Albert 1er
au carrefour de la Grande Poste.
Le magasi ELITE
La poste
Place de la poste
Pensionnat
Cathédrale Sainte Anne
Café central
Hôtel palace
Monument dédié Au Roi Albert 1er
Avenue Major Cambien
Établissement ISTAT
Immeuble SYNKIN
Place braconnier
Place de la Poste
Kalina – Gombe Hôtel Le Royal
Boulevard du 30 juin
Kalina – Gombe Immeuble en de l'autre côté de l'Hôtel Le Royal
La commune de Kalina en 58
Vue du port fluvial de Kinshasa
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Lisanga ya Bakolo kongo
BLANCHARD KOTA
13 mars 2010
Cinq agents secrets de «Kabila» capturés par les services congolais de la DGST à Brazzaville!
L’hystérie et la paranoïa de «Joseph Kabila » au sujet de
lui font tourner la tête comme une toupie, et l’amènent à multiplier des actions impromptues de provocation, en violation flagrante des règles élémentaires de la diplomatie dont il n’a par ailleurs qu’une vague connaissance. Ainsi, chaque jour qui passe, les correspondants de L’oeil du Patriote ne cessent de signaler à notre rédaction des incursions récurrentes des commandos et des agents secrets civils et militaires de «Kabila» en République du Congo, à la recherche de renseignement sur des cibles à abattre. Oubliant que ce pays voisin n’est pas une jungle, ni une République bananière comme la RDC que ce dernier pille sans état d’âme. Major MBAYA. Cette rafle est intervenue ce vendredi 12 mars à Brazzaville aux environs de 17 heures à la suite d’une action de filature par les agents des services congolais de la surveillance du territoire, la DGST en sigle.
C’est ainsi que l’un de nos correspondants à Brazzaville vient de signaler à la rédaction de L’oeil du Patriote, l’arrestation à Brazzaville de cinq espions de la DEMIAP (service de renseignements militaires de la RDC) conduits par le
Kanambe ressemble de plus en plus à une bête traquée qui sent sa fin approcher irrémédiablement: la communauté internationale qui l’a placé au sommet des institutions Service d'infos
congolaises ne semble plus le porter dans son estime; des complices d’hier s’arrangent aujourd’hui pour organiser des fuites des dossiers accablants qu’ils avaient pourtant couverts jusqu’à présent. Tous ces volte-face sont des signes indiens qui sonnent le glas pour notre imposteur national ! « Kabila » le sait et il tremble. Il a donc repris ses vieilles habitudes de vagabond: il ne passe plus la nuit dans sa luxueuse résidence. Après avoir renvoyé une partie de sa garde, chaque nuit, il se dérobe uniquement avec les éléments rwandais et tanzaniens de celle-ci pour passer la nuit à différents endroits de la capitale. Peine perdue! Rien ne saura arrêter le rouleau compresseur de la Libération...
Lisanga ya Bakolo Kongo
BLANCHARD KOTA
Au Congo démocratique, les rebelles passent, les trafics prospèrent...
Dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), un trafiquant chasse l'autre, avec la bénédiction du gouvernement central et de la communauté internationale. Jusqu'à récemment, des hauts gradés de l'armée congolaise et des rebelles hutus originaires du Rwanda, les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), contrôlaient l'exploitation de minerais de haute valeur, très prisés par l'industrie mondiale, tel le tantale et l'étain, qui entrent dans la composition de téléphones mobiles et de circuits informatiques. Mais l'alliance scellée, début 2009, entre Kigali et Kinshasa a redistribué les cartes, permettant à de nouveaux acteurs de s'enrichir. De manière illicite, cela va sans dire.
Les nouveaux maîtres des mines du Nord-Kivu sont les ex-rebelles du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple), pour la plupart des Tutsis congolais. C'est ce que révèle l'ONG britannique Global Witness à l'issue d'une mission de quatre semaines sur place. Fin 2008, les hommes du CNDP, soutenus activement par le Rwanda voisin, avaient lancé une vaste offensive militaire, balayant les troupes de Kinsahsa et provoquant des déplacements massifs de population. Un véritable désastre humanitaire, condamné par la communauté internationale. Mais, début 2009, coup de théâtre: le chef du CNDP, Laurent Nkunda, était écarté par Kigali, qui décidait de s'allier avec le régime congolais aux Kivus.
Visiblement, cette alliance a permis de faire d'une pierre deux coups. A la faveur d'offensives militaires, soutenues localement par les Casques bleus de la Monuc (Mission des Nations unies au Congo), les Hutus du FDLR ont dû lâcher leurs positions, sans pour autant être défaits militairement. Par la même occasion, les ex-rebelles du CNDP, intégrés depuis au sein de l'armée congolaise, se sont emparés des richesses locales, en particulier dans la région de Walikale. "Ils ont ainsi acquis un contrôle bien plus important des zones minières que celui dont ils jouissaient en tant qu'insurgés (...)", écrit Global Witness.
Les cargaisons de cassitérite et de tantale sortent toujours, principalement, par le Rwanda voisin, sans que personne ne s'en offusque. A commencer par le gouvernement central de Kinshasa qui, semble-t-il, ferme les yeux en échange du maintien d'une paix précaire dans les Kivus. Un "deal" qui pourrait s'avérer illusoire. "Du fait de leur capacité à détourner les recettes des mines, les anciens rebelles auraient les moyens financiers de se réarmer s’ils décrétaient que la paix ne leur convenait plus", analyse Global Witness, Quant à la communauté internationale, elle fait de même. "Les gouvernements bailleurs de fonds occidentaux ont fait grand cas de leurs engagements visant à rétablir la paix et la stabilité dans l’est de la RDC. Mais ces belles paroles sont en contradiction avec le fait qu’ils persistent à ne demander aucun compte aux entreprises de leur juridiction qui achètent des minerais du conflit", affirme l'ONG.
Jusqu'à récemment, une entreprise britannique, AMC, était très impliquée dans l'achat des minerais congolais du Kivu. Elle a été remplacée par une firme basée en Malaisie, MSC, quatrième producteur d'étain au monde, dirigée par un ressortissant britannique.
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Lisanga ya Bakolo Kongo
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Leçons à tirer du reportage sur le trafic d'uranium en RDC.
Chers compatriotes,
Hier mercredi 10 mars 2010 ,la télévision de radio-canada, chaîne RDI a diffusé à 20h de Montréal,un grand reportage sur le trafic illégal de l'uranium au CONGO-KINSHASA, c'était à l'heure de grandes écoutes.
Ce film documentaire est réalisé par un journaliste français d'investigation Patrick Forestier,un fin limier, intrépide, qui démontre avec sang froid l'itinéraire du minérais du site de Shinkolobwe ( Katanga) en passant par le centre AIEA de Vienne (Autriche) au point de chute dans une île de l'Iran.D'emblé e ,il annonce que la République démocratique du Congo est devenue la plaque tournante du trafic illégal de l'uranium en demande croissante dans le monde.
Scandale géologique,le sol congolais regorge des minérais convoités de part le monde ,hélas cette richesse potentielle ne profite pas au développement ni à l' amélioration de la qualité de vie de ses habitants.Comment imaginer que Shinkolobwe dont la terre a donné aux Américains l'uranium qui avait permis la fabrication de la première bombe atomique larguée sur les villes japonaises d'Hiroshima et de Nagasaki soit dans un état hideux ?La misère de la population se lit sur les visages des personnes en haillon aux creuseurs à mains nues et sans protection contre les irradiations uranifères, ces creuseurs travaillent comme des forçats pour le compte de l'oligarchie compradore au pouvoir et sous l'oeil vigilant des pseudomilitaires dressés pour sévir sur leurs compatriotes misérabilisés. Comme au Kivu ce sont les officiers militaires,commandi tés par la haute hierarchie qui diligentent les carrières des mines,un véritable pillage par ceux là qui sont censés gérer et protéger ce patrimoine national.
.Les preuves du trafic clandestin sont nettement démontrées n'en déplaise le démenti du populiste gouverneur du Katanga dont les déclarations ont été battues en brèche par ses administrés du douanier de Kasumbalesa au professeur spécialiste de l'Unilu sans négliger les aveux des camionneurs et convoyeurs sudafricains, il suffit de payer et le tour est joué.En clair,la nation congolaise ne bénéficie d'aucune redevance de ce minérais stratégique,soutiré clandestinement du pays.
La désolation est au comble lorsque ce reporter nous conduit au centre nucléaire de l'Université de Kinshasa, un joyau en Afrique avant les indépendances ,ce centre est devenu l'ombre de lui même avec du matériel vétuste, suranné,tous les signaux sont au rouge avec une menace permanente d'explosion décimant les populations de la capitale.Y-a- t il un responsable dans ce pays ?
Pointée comme plaque tournante du trafic illégal de l'uranium,la RDC, du moins ses dirigeants prédateurs et pilleurs, devrait répondre un jour tôt ou tard d'avoir contribué à la propagation des armes nucléaires pendant que les grandes puissances(USA, Russie) s'entendent pour réduire les stocks et d'en éliminer la fabrication.
Agir en gangster,pilleur n'est pas une bonne manière de sauvegarder la souveraineté du pays acquise au prix du sacrifice suprême par P.E.Lumumba ,héros national.
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Lisanga ya Bakolo Kongo
BLANCHARD KOTA
12 mars 2010
Nouvel ordre mondial. RDC, Afghanistan : deux zones névralgiques
La dernière lettre de la Communauté internationale au Président de la république en prévision des élections en 2011 n’est pas une « pression isolée ». Elle appuie la Résolution 1906 du 23 décembre 2009 du Conseil de sécurité de Nations unies. Plus spécialement en son chapitre 13 : « Soulignant que le gouvernement de la République démocratique du Congo devra consentir des efforts soutenus à long terme en vue de fixer le calendrier des élections locales, générales et présidentielles, en totale conformité avec la Constitution, afin de consolider la démocratie et de promouvoir l’Etat de droit, la bonne gouvernance, le relèvement et le développement, avec l’appui de ses partenaires internationaux ». Mais au-delà, il y a une approche plus importante dans la quête d’un nouvel ordre mondial, de la nouvelle géostratégie sur le plan mondial. Compte tenu de leur position géopolitique, la République démocratique du Congo, en ce qui concerne l’Afrique, et l’Afghanistan, pour la partie, sont désormais les « zones névralgiques », au goût du pétrole et du coltan. Les vainqueurs d’hier se livrent actuellement une guerre pour avoir la main mise sur ces deux zones. Question de contrer déjà les pays émergents, notamment la Chine.
LE POTENTIEL
Les signataires de la dernière lettre de la Communauté internationale au Président de la République démocratique du Congo jouent un rôle important dans cette quête de la paix et la sécurité internationales. Il s’agit des Etats-Unis, de l’Espagne, de l’ONU et de l’Union européenne. Ils appellent donc à l’organisation des élections en 2011, conformément au processus électoral initial.
Et pourtant, cette nouvelle pression sur les autorités de la RDC découle de la résolution 1906 du 23 décembre 2009 du Conseil de sécurité qui insistait pour que le Gouvernement de la RDC « fixe le calendrier des élections locales, générales et présidentielles, en totale conformité avec la Constitution, afin de consolider la démocratie et de promouvoir l’état de droit, la bonne gouvernance, le relèvement et le développement, avec l’appui de ses partenaires internationaux ».
Comme on peut le constater, cette nouvelle pression répond bel et bien à une certaine logique de la Communauté internationale. Au moment où la MONUC s’apprête à plier bagage, l’ONU ne peut que s’accrocher à cette résolution 1906 pour parachever son œuvre.
BILDERBERG ET NABUCCO : DEUX NOMS A RETENIR
Cette nouvelle pression n’aurait pas suscité d’interrogations si la République démocratique du Congo n’était pas au centre des convoitises et des enjeux divergents. De nombreux analystes ont déjà souligné la « guerre » que se livrent certaines puissances en RDC pour le contrôle des minerais, soulignant ainsi les causes profondes de cette guerre interminable en RDC.
Cette guerre interminable s’inscrit effectivement dans cette quête de la mise en place d’un « Nouvel ordre mondial », de la « Nouvelle géostratégie », c’est selon. Si la RDC, de par sa position géopolitique est la plaque tournante de l’Afrique, l’Afghanistan l’est pour la zone Asie. Il s’affirme de plus en plus que celui qui contrôle l’Afghanistan, aura la main mise sur toute l’Asie. Il en est de même de la République démocratique du Congo pour toute l’Afrique.
Or, lorsque l’on jette un coup d’œil sur les signataires de cette lettre au Président Joseph Kabila, on découvre que ce sont les mêmes pays qui partagent les mêmes convictions politiques avec les Etats-Unis tant en Afghanistan qu’en RDC. L’Espagne (qui assure la présidence de la Commission des ministres de l’Union européenne), les pays de l’Union européenne, avec la France et la Grande-Bretagne sont présents à la fois en Afghanistan et en RDC avec les Etats-Unis de plus en plus omniprésents dans l’Afrique des Grands Lacs.
Il est un fait que cette présence américaine dans l’Afrique des Grands Lacs considérée comme la plate-bande des pays de l’Union européenne ne se passe sans affrontement. Les Anglo-saxons qui tiennent à avoir la main mise sur la position géopolitique de la RDC, avec à leur tête les Américains, les Britanniques et les Canadiens, sont opposés aux Français, aux Belges.
Mais ces deux camps trouvent leurs comptes au sein de l’OTAN. A en croire certaines indiscrétions, le « Groupe BILDERBERG » aurait été chargé de gérer leurs intérêts. Ce groupe rassemble l’élite mondiale européenne, américaine et canadienne de la finance, de l’économie, de la politique et des médias, pour le compte de l’OTAN. En juin 2008, ce groupe se serait retrouvé à l’Hôtel Westfield Marriott, à Chantily, dans l’Etat de Virginie pour apprécier la poursuite des opérations militaires spécifiques dans l’une des « zones névralgiques », à savoir l’Afghanistan. D’où l’existence de la « Force internationale d’assistance à la sécurité », FIAS, active en Afghanistan.
En Afrique, le « Projet NABUCCO » vise à permettre aux Anglo-saxons d’avoir la main mise sur l’Afrique des Grands Lacs. Ce projet consiste à renforcer la capacité militaire de la RDC tout en la contrôlant pour ne pas affaiblir les Etats anglophones africains de la région. Entre-temps, il est question de construire un réseau d’oléoducs et de gazoducs qui s’étendra des frontières somaliennes à la RDC en passant par le Darfour, le Tchad, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, le Kenya et la Tanzanie.
Il est un fait que le Groupe BILDERBERG et le Projet NABUCCO ont vu le jour avant l’investiture du président Barack Obama. D’où la question fondamentale de savoir si le président des Etats-Unis, malgré ses premiers discours, poursuit les objectifs fixés dans ces « deux plans ». Ce qui demeure vrai, c’est que les Etats-Unis ont renforcé leur présence en Afrique des Grands Lacs et qu’ils viennent de confier la formation des militaires des FARDC à l’AFRICOM, ce commandement militaire américain pour l’Afrique.
Quelle que soit la réponse, elle prendra toujours en compte la position géopolitique et géostratégique de la RDC. En Asie, les Etats-Unis concentrent aujourd’hui tous leurs efforts militaires en Afghanistan, officiellement dans le cadre de la lutte contre le terrorisme international.
ODEUR DU PETROLE, DU COLTAN… ET L’OMBRE DE LA CHINE
Si la RDC et l’Afghanistan constituent des « zones névralgiques, » à cause de l’importance de leur position géostratégique, mais c’est grâce aussi à leurs richesses, à ces matières premières susceptibles de soutenir les économies des grandes puissances. Le « coltan de sang » permet aujourd’hui aux industries de la téléphonie mobile, des consoles vidéo, des ordinateurs, à l’industrie aérospatiale de tourner à plein rendement. Mais il y a aussi le pétrole de l’Est, jusqu’au Soudan, particulièrement au Darfour à partir d’où l’on peut atteindre le Canal de Suez qui est déjà la porte de l’ Europe.
Le contrôle de l’Afghanistan, c’est le contrôle de la Mer Caspienne avec son pétrole et ses immenses réserves de gaz. L’Irak étant déjà soumis, l’Iran sous pression occidentale, le contrôle des réserves du pétrole et du gaz ne pose quasiment plus de problème au bloc occidental.
Seul problème manifeste est l’émergence de la Chine de plus en plus présente en Afrique. C’est la Chine qui a trouvé du pétrole au Darfour, plus près de l’Europe, et elle est en train de prendre pied en République démocratique du Congo.
Décidément, les enjeux sont très importants. La RDC et l’Afghanistan sont pris dans le piège des grandes puissances et des pays émergents.
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Elections 2011 : la polémique
Les « violonistes » étrangers et congolais donnent l’impression de n’avoir pas encore trouvé la même portée pour leurs notes de musique électorale. D’un côté, la communauté internationale exige de la RDC un « calendrier » du prochain processus électoral. De l’autre, le gouvernement assure que « les élections urbaines, municipales et locales ainsi que les élections législatives et présidentielle auront bel et bien lieu en 2010 » sans autre détail sur les échéances et leur financement. Les deux parties, versant ainsi dans la polémique autour de l’organisation de ces élections.
Le ministre des Affaires étrangères a été mercredi le premier homme d’Etat congolais à réagir à la lettre de la communauté internationale adressée au président de la République, Joseph Kabila Kabange.
« Les élections urbaines, municipales et locales ainsi que les élections législatives et présidentielle auront bel et bien lieu en 2011. Car cela n’entre pas dans les intentions du président de la République de créer un vide institutionnel », a déclaré Alexis Thambwe Mwamba.
Il s’adressait aux ambassadeurs John Gaverlink des Etats-Unis, Costelas Artieda d’Espagne agissant pour le compte de l’Union européenne et à la représentante spéciale adjoint du secrétaire général de l’Onu en RDC, Mme Leila Zerrougui.
A son tour, le ministre de la Communication et Médias, Lambert Mende Omalanga a donné de la voix hier jeudi au cours d’un point de presse. « Les élections présidentielle, législatives et même locales auront bel et bien lieu en 2011 », a-t-il tonné, estimant qu’« il n’est pas question » que la communauté internationale « puisse exercer une quelconque pression sur un Etat souverain et principalement à son chef de l’Etat sur un problème dont la solution est envisagée en 2011 ». Dont acte.
DES NON-DITS
Mais, puisqu’il y a bien un « mais » dans cette affaire, les deux personnalités se sont abstenues d’entrer dans le débat de « l’échéancier » des opérations électorales dont le « calendrier » réclamé ne semble « pas prêt ».
Elles ont également évité de s’engager dans la voie sinueuse du « financement », convaincues de n’en détenir « aucune donnée fiable ». Et pour cause.
Le gouvernement serait bien en peine d’annoncer la mise à disposition – sur fonds propres – d’au moins 160 millions de dollars américains pour financer la révision du fichier électoral. Lancée en catastrophe à Kinshasa en juillet 2009, elle s’est arrêtée tout aussi brutalement, les agents de la Commission électorale indépendante (CEI) ayant conditionné toute reprise des opérations au paiement d’une dizaine de mois d’arriérés de salaires.
Or, les fonds pour ce faire doivent provenir du Trésor public, parce qu’étant une institution d’appui à la démocratie qui cédera sa place à la Commission électorale nationale électorale (CENI) dont la loi organique a été adoptée en termes différents par l’Assemblée nationale et le Sénat. Une commission paritaire s’y penchera incessamment pour harmoniser le texte avant sa promulgation. Le budget de l’Etat pour l’exercice 2010 n’ayant prévu que 30 milliards de francs congolais, soit quelque 20 millions de dollars Us, d’où proviendront les autres 120 millions USD ? « La vente des cartes d’identité », comme l’a décidé la réunion inter-institutionnelle tenue en novembre 2009 à Mbuji-Mayi, pourra-t-elle générer suffisamment de fonds à cet effet ?
Par ailleurs, le gouvernement ne dit pas toute la vérité sur les préalables à l’établissement du calendrier des échéances électorales de 2011 par la CEI, aujourd’hui en manque de moyens financiers. Dont il est le premier pourvoyeur.
Or, la CEI continue à attendre la quote-part du gouvernement qui n’aurait « pas encore participé financièrement aux prochaines échéances ». Elle serait aussi bloquée par « l’absence de certaines lois organiques essentielles, notamment celle portant limites des provinces et celles de la ville de Kinshasa ».
« Parce que le parlement tarde à les voter et à les soumettre à la signature du président de la République pour promulgation, les nouvelles circonscriptions électorales ne sont pas déterminées », explique-t-on à la CEI.
« Les provinces telles qu’énumérées par l’article 2 de la présente Constitution ( 25 provinces et la ville de Kinshasa, ndlr) constituent les circonscriptions électorales des sénateurs de la première législature. La loi électorale (pas encore votée au parlement, ndlr) détermine les conditions d’attribution d’un quota additionnel à la ville de Kinshasa pour les élections des sénateurs », stipule l’article 227 de » la Constitution.
En cause également, la loi portant création et fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), appelée à remplacer la CEI, dont l’économie du texte a déjà été faite par le ministre de l’Intérieur lors d’une séance de travail avec les experts du Parlement au Palais du peuple.
De son côté, la Communauté internationale ne dit pas jusqu’où ira son intervention. Le montant de 82 millions de dollars concerne-t-il les élections locales ou générales ? Il est vrai que l’organisation des élections concerne avant tout le gouvernement congolais.
Mais en exerçant cette pression, qu’est-ce que la Communauté internationale attend réellement ou qu’a-t-elle constaté pour qu’elle adresse cette lettre au président de la République ? Y-a-t-il de signes évidents d’absence de volonté politique ? Autant d’interrogations qui demeurent encore sans réponse.
DU SIMPLE AU DOUBLE
En 2006, les élections législatives et présidentielle avaient coûté à la communauté internationale la bagatelle de 480 millions de dollars américains. Sans compter les fonds qu’elle avait mis à la disposition de la Force européenne (EUFOR) venue sécuriser à Kinshasa et à Mbuji-Mayi le second tour de la présidentielle en RDC.
« Au nom de la souveraineté », le gouvernement aura-t-il les ressources suffisantes pour financer aussi bien la présidentielle et les législatives que les élections urbaines, municipales et locales au cours du même et seul exercice budgétaire 2011 ?
L’inestimable logistique de la Monuc (flotte aérienne, charroi automobile, sécurité) pouvant être « absente à l’appel de 2011 », d’importants moyens financiers devront être mis à contribution « à charge du gouvernement ».
« En toute objectivité, le financement de l’ensemble des élections générales en 2011 devrait passer du simple au double, soit à près d’un milliard de dollars américains », estiment des économistes.
D’où, les élections de 2011 sont peu probables. Ce qui alimente la polémique, manifeste aujourd’hui entre Kinshasa et la Communauté internationale. Plaise que le réalisme triomphe et que les deux parties regardent dans la même direction.
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