SE BATTRE JUSQU'AU DERNIER SOUFFLE POUR LA LIBERATION DU KONGO

12 juillet 2011

Panique généralisée au Katanga, une rebellion en gestation ?

Plusieurs versions croisées ont été enregistrées au sujet des incidents qui ont créé une sorte de panique généralisée dans la journée d’hier lundi 11 juillet à Lubumbashi, au Katanga. Les uns ont parlé d’un échange de tirs entre militaires dans le camp ou autour du camp militaire Kimbembe, d’autres ne se sont pas empêchés de supputer sur une attaque des rebelles de la Corak (Coordination pour le référendum de l’autodétermination du Katanga), autrement appelés indépendantistes katangais.

Mus par le souci de livrer une information recoupée et vérifiée au public, la rédaction du Potentiel a joint au téléphone Jean-Marie Dikanga Kazadi, ministre provincial de l’Intérieur. Ce dernier confirme qu’il y a eu des incidents malheureux sur la route de Likasi dans la nuit de dimanche à lundi 11 juillet dont le bilan est de deux morts et d’un blessé grave, tous des civils. Il a balayé d’un revers de la main la version d’un affrontement entre forces régulières et un groupe armé rebelle.

Rapportant la relation des faits transmise par les services compétents, le ministre provincial de l’Intérieur a indiqué que tout est parti d’une maladresse d’un conducteur qui a tenté de faire un forcing, c’est-à-dire, entrer dans la ville de Lubumbashi au-delà de 23 heures alors qu’il transportait à bord de son minibus deux dizaines de passagers. Arrivé non loin d’un péage situé dans le périmètre du camp militaire occupé par la Garde présidentielle, le transporteur véreux a demandé à ses passagers de descendre et de le laisser seul passer le barrage. Quant à ses clients, ils devaient contourner le poste de police en empruntant la brousse à pieds. Ce qui fut chose faite, car le conducteur était conscient de la violation des consignes des autorités provinciales.

Mais mal en a pris à un groupe de passagers qui dans leur égarement dans la brousse se sont mis à raser le périmètre clos du camp militaire. Aperçus par des militaires en veille, ils ont été pris de panique et se sont mis à courir à qui mieux mieux. Surpris à leur tour par l’attitude de ces visiteurs impromptus qui n’hésitent pas à prendre leurs jambes au cou à la première interpellation, les veilleurs ont d’abord procédé à des tirs de sommation pour obliger les fuyants de s’arrêter et de s’identifier. Nenni. La peur au ventre, les pauvres paysans ont continué à courir dans tous les sens à la recherche d’un refuge.

C’est dans ces circonstances qu’ils seront pris pour des bandits ou autres malfaiteurs dont la mésaventure aurait tourné court. Les militaires tireront sur eux et en toucheront trois. Deux ont été retrouvés plus tard morts et un troisième grièvement blessé. C’est donc un malentendu qui devrait être tiré au clair. Raison pour laquelle, malgré cette relation des faits, Jean-Marie Dikanga Kazadi a indiqué qu’une enquête a été ouverte pour cerner les vrais mobiles qui ont poussé des militaires à tirer sur des civils non armés et qui, apparemment, n’avaient pas manifesté une quelconque hostilité à leur endroit.

Par ailleurs, le ministre provincial de l’Intérieur a annoncé la prise en charge par le gouvernement provincial des funérailles des deux victimes et des frais médicaux pour le survivant.

[Par Willy Kabwe]

Posté par kongokinshasa à 15:17 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

Kinshasa : Un cadre de l’UDPS «enlevé»


Claude Kabala Muimba, président fédéral de l’UDPS-Lukunga.

Claude Kabala Muimba, président fédéral de l’UDPS-Lukunga, n’a plus donné signe de vie. Il a été vu pour la dernière fois, vendredi 8 juillet, à l’hôpital général Mama Yemo. Ce jour là, des «combattants» de ce parti y ont été retirer la dépouille mortelle de leur camarade, Serge Lukusa, qui a trouvé la mort - par suffocation - lors du sit-in du 4 juillet devant la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Le corps du défunt a été par la suite exposé devant le siège de la Ceni. Les manifestants entendaient démentir…le démenti du ministre de la Communication et presse selon lequel il n’y a pas eu de victimes lors de ce sit-in. Contactées par la rédaction de Congo Indépendant, des sources proches du secrétariat général de l’UDPS croient savoir que Claude Kabala est détenu dans un cachot de la police. Quarante-huit heures après, sa famille ignore non seulement l’autorité qui a ordonné son arrestation mais aussi le lieu de détention et les faits mis à sa charge.

Samedi 9 juillet aux alentours de 23h30, heure de Bruxelles, la rédaction de Congo Indépendant a reçu un appel téléphonique en provenance de la Norvège. Au bout de fil, un citoyen congolais nommé Freddy Mbuyamba. De quoi s’agit-il ? «Je voudrai vous signaler l’enlèvement de mon père par des policiers». L’intéressé est aussitôt invité à décrire les faits en donnant de plus amples détails. Dans un mail daté du 10 juillet, le "Congolo-Norvégien" écrit : «C’est avec consternation que j’ai appris l’enlèvement de Monsieur Claude Kabala Muimba, président fédéral de l’UDPS/Lukunga.» «Depuis le vendredi 8 juillet jusqu’a présent nous sommes sans nouvelle du lieu où il pourrait se trouver», ajoute-t-il en précisant que «la personne enlevée est mon père biologique». Concluant son message, «Freddy» demande «à la communauté tant nationale qu’internationale, aux organisations de défense des droits de l’Homme, à la Monusco et aux missions diplomatiques en poste Kinshasa de faire pression sur le pouvoir en place pour obtenir la libération immédiate et sans condition de monsieur Claude Kabala».

Des sources proches du secrétariat général de l’UDPS confirmaient dimanche 10 juillet «l’enlèvement», autrement dit l’arrestation sans mandat, de Claude Kabala Muimba. L’homme a été interpellé, vendredi dernier, à l’hôpital Mama Yemo. «Plusieurs combattants de notre parti, explique un membre de l’UDPS, sont «éparpillés» dans des cachots de la police à Kinshasa. Certains d’entre eux seraient détenus au niveau de la Place de la Victoire, d’autres au parquet ou à l’ex-B2». De quoi sont-ils accusés? Mystère.

Au moment où nous couchons ces lignes, nul ne sait les faits reprochés non plus au président fédéral de l’UDPS-Lukunga. Que l’on sache, le fait de se rendre à la morgue d’un hôpital ne peut constituer en soi un crime ou délit. Plus de quarante-huit heures après les faits, la famille Kabala attend désespérément l’établissement d’un contact avec les "autorités carcérales". On se trouve plus que jamais dans la logique d’une arrestation arbitraire. La Constitution promulguée en février 2006 par «Joseph Kabila» édicte, en effet, dans le premier alinéa de son article 18 que « toute personne arrêtée doit être immédiatement informée des motifs de son arrestation et de toute accusation portée contre elle (…).» Il est stipulé au troisième alinéa que "la personne gardée à vue a le droit d’entrer immédiatement en contact avec sa famille ou avec son conseil". Les forces dites de sécurité - dont les méthodes n’ont rien à envier à celles d’une police politique - seraient-elles au-dessus des lois?

Dans les milieux de l’opposition congolaise tant à Kinshasa qu’à Bruxelles, des voix s’élèvent - certes timidement - pour fustiger le «monopole sur la vie politique» exercé par le parti kabiliste PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie). «Les membres du PPRD organisent des manifestations sur les grandes artères de la capitale en bénéficiant de l’encadrement des éléments de la police nationale. Pourquoi l’UDPS et les autres partis de l’opposition ne peuvent-ils jouir d’un traitement identique au nom de l’égalité de tous les citoyens devant la loi ?», s’interrogeait samedi 9 juillet Ange Pabolangi, président de la section bruxelloise de l’UDPS.

Lundi 4 juillet, l’UDPS a organisé un sit-in devant le siège de la Ceni. A cette occasion, le secrétaire général de cette formation politique, Jacquemain Shabani, a remis un mémo au vice-président de cette «institution d’appui à la démocratie». La suite est connue. Des affrontements ont opposé des policiers dits anti-émeutes à des «combattants» de l’UDPS. Bilan : deux morts. Cette information a été démentie par le ministre de la Communication et presse, Lambert Mende Omalanga. Le corps de l’une des victimes aurait été emporté par des policiers "vers une destination inconnue", soutiennent des sources proches du parti d’Etienne Tshisekedi. L’autre dépouille mortelle, celle de Serge Lukusa Diyoka, a été déposée à la morgue de l’hôpital Mama Yemo. De l’avis unanime, la victime a été intoxiquée par le gaz lacrymogène lancé par les "flics".

Vendredi 8 juillet, les «combattants», en compagnie de Claude Kabala Muimba, ont retiré le corps de leur camarade à la morgue de l’hôpital afin d’organiser les obsèques. Avant d’aller au domicile familial du défunt, le cortège a pris la direction du centre-ville. Destination : Siège de la Ceni sur le boulevard du 30 juin. Une manière de démentir…le démenti de Lambert Mende selon lequel aucune victime n’a été dénombrée le 4 juillet. Bête et méchante, la police, comme à son habitude, est intervenue en lançant à tort et à travers des grenades lacrymogènes et en tirant en l’air. Selon des témoins, des policiers se sont emparés du corps du militant de l’UDPS avant de le restituer aux combattants décidés à croiser le fer. "C’est une honte pour un pays qui se dit démocratique de voir des policiers réprimer sans ménagement des manifestants non armés en tirant des coups de feu en plein jour, commente un opposant politique. La preuve est ainsi faite que la RD Congo est une dictature. On reconnaît une démocratie par le souci des pouvoirs publics à respecter les citoyens".

Au moment de boucler ce «papier», on apprenait que le sit-in de l’UDPS prévu lundi 11 juillet devant le siège de la Ceni n’aura pas lieu. «Les responsables de la Ceni ont proposé de se rendre à la Permanence de l’UDPS.» En attendant, la famille Kabala attend toujours. On a appris lundi 11 juillet que Claude Kabala serait détenu dans un cachot "de la legion de la police d’intervention rapide sur Victoire".

Article mis à jour mardi 12 juillet.
Il a était arreté sans raison valable,sans mandat d’arret

Posté par kongokinshasa à 12:28 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
05 juillet 2011

Sit-in de l’UDPS : Deux morts. Plusieurs blessés. Un véhicule incendié


Charles Bisengimana, inspecteur général intérimaire de la police nationale congolaise. Photo tirée du Grands Lacs Magazine.

Les élections présidentielles et législatives de 2011 seront dures. Féroces. Violentes. Selon des sources proches de la "DTP" (Dynamique Tshisekedi Président) à Bruxelles et à Kinshasa, deux militants de l’UDPS auraient trouvé la mort lundi 4 juillet en marge du sit-in organisé par ce parti et ses alliés de la DTP devant le siège de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante). Un sit-in qui a été "dispersé" par la police au motif que la manifestation "n’avait pas été autoriséé". Un policier aurait été "lynché" à la permanence de l’UDPS à Limete. Secrétaire général de l’UDPS, Jacquemain Shabani Lukoo a pu néanmoins remettre le mémo de son parti au vice-président de la Ceni, Jacques Djoli Eseng’Ekeli.

Les griefs

Le secrétaire général de l’UDPS a tenu parole. Le sit-in annoncé par ses soins le mercredi 29 juin a bel et bien eu lieu lundi 4 juillet devant le siège de la Ceni sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa. Jacquemain Shabani a pu non sans mal remettre au "numéro deux" de cette "institution d’appui à la démocratie" un mémo dans lequel sont articulés des griefs ou plutôt des "irrégularités" relevées par cette formation politique "dans les opérations d’enrôlement en cours aux quatre coins du pays.

Quelles sont ces irrégularités? L’UDPS a épinglé : l’enrôlement des mineurs, des militaires et des policiers ; la sous-estimation de l’électorat dans la capitale et dans d’autres circonscriptions des provinces ; l’opacité des opérations d’enrôlement ; l’influence négative sur le travail de la Ceni de la part des acteurs politiques acquis au régime en place dans les contrées dont ils sont ressortissants ; la délivrance des cartes d’enrôlement sans les deux empreintes digitales conformes ; la suppression intentionnelle de certains centres d’enrôlement ; la répartition non équitable du délai des opérations d’enrôlement (60 jours pour Kinshasa, la plus peuplée des provinces, au lieu de 90 jours comme ailleurs) ; la réduction intentionnelle du nombre des centres d’inscription de 9.120 (2006) à 6.917 (2011) entrainant ainsi des longues distances à parcourir par la population ; l’enrôlement massif des étrangers ; la non utilisation de l’encre indélébile comme en 2006 pour éviter les enrôlements multiples ; le non payement des agents de la Ceni.

Les exigences

Dans son mémo, l’UDPS pose quelques exigences : la publication du fichier électoral sur le site de la Ceni et l’accès à son serveur central ; la présence des témoins des partis politiques et des observateurs aux centres de traitement ; la prolongation de la période d’enrôlement pour toutes les provinces et pour la ville de Kinshasa où la défectuosité des machines bloque le processus ; l’instauration immédiate d’un cadre de permanent de concertation entre la Ceni et les représentants des partis politiques chargés de procéder à une évaluation hebdomadaire et mensuel du processus électoral ; la fermeture de toutes les frontières de la République au moins une semaine avant la tenue du scrutin et le renforcement du contrôle par les services compétents un mois avant le scrutin ; l’utilisation obligatoire de l’encre indélébile le jour du scrutin.

Selon des sources proches de la "DTP", l’UDPS attend la "réponse" à toutes ces exigences. "Il n’est pas exclu qu’un sit-in soit organisé chaque lundi jusqu’à ce que les animateurs du Bureau de la Ceni fassent droit à ces demandes", a déclaré une personnalité de l’opposition jointe lundi au téléphone à Bruxelles.

L’incident

Selon des témoignages concordants, les militants de l’UDPS sont arrivés lundi 4 juillet aux alentours de 9 heures du côté du building Onatra. Ils étaient munis de sifflets, des banderoles et des effigies de Tshisekedi. Après l’arrivée du secrétaire général de l’UDPS, ils ont déferlé vers le siège de la Ceni situé juste en face. Un important dispositif policier avait été déployé pour interdire l’accès. C’est l’affrontement. Que s’est-il passé? "La police voulait empêcher le secrétaire général de l’UDPS et sa suite d’entrer au siège de la Ceni, témoigne un protestataire. Les policiers conduits par le commandant Kayembe Tshiani du district de Barumbu ont tiré en l’air d’où la bousculade". Une Jeep de la police a aussitôt pris feu. La police parle de cocktail molotov.

Selon une dépêche de Reuters, la police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants. Et que les heurts ont éclaté suite au refus de la police de laisser passer la délégation conduite par Jacquemain Shabani. Celui-ci était accompagné notamment de Martin Fayulu (président de l’ECIDé), Raphaël Kashala (UDPS-Benelux) Ange Pabolangi, président de l’UDPS-Bruxelles.

Intolérance

Selon Patrick Kanku de la "Jeunesse de l’UDPS" à Bruxelles, un policier a été lapidé au niveau de la permanence de l’UDPS située dans la commune kinoise de Limete. L’homme serait, selon lui, entre la vie et la mort. "Après le sit-in, a-t-il expliqué, des combattants et des parlementaires debouts ont marché jusqu’à la permanence à Limete. Des policiers ont tenté de les attaquer en ce lieu. C’est ainsi qu’un policier a été isolé et lapidé par la foule...". S’agissant des victimes civiles, deux "combattants" non autrement identifiés ont perdu la vie. Le corps de l’un d’eux aurait été emporté par des policiers "vers une destination inconnue". L’autre dépouille mortelle se trouve à la morgue de l’hôpital Mama Yemo. "Il faut attendre l’autopsie pour connaître la cause du décès", a déclaré docteur Kabamba Mbuebue, cité par Reuters. La victime aurait été intoxiquée par les gaz lacrymogènes.

Selon Kanku, plusieurs militants et sympathisants de l’UDPS ont été grièvement blessées. C’est le cas notamment de Sebastien Luzayadio (Forces du progrès) et un "combattant" mieux connu sous le sobriquet de "Riba". Celui-ci a eu trois doigts arrachés par une grenade lacrymogène. Plusieurs "parlementaires debouts" ont été arrêtés parmi lesquels Ekutshu Areti et Héritier Molokato.

Inspecteur général intérimaire de la police nationale congolaise, le "général" Charles Bisengimana, cité par Reuters, a déclaré que "la manifestation n’avait pas été autorisée et que les forces de sécurité étaient intervenues pour rétablir l’ordre, les contestataires ayant mis le feu à un taxi et lancé des cocktails Molotov". Bisengimana a confirmé qu’un policier "avait été blessé".

Ignorance et mauvaise foi

Cinq années après la promulgation de la Constitution de la RD Congo, les forces de l’ordre peinent à intégrer dans leur mental certains principes consacrés pourtant par cette Loi fondamentale. C’est le cas notamment du "pluralisme politique" ou de la "liberté de manifestation". Les représentants des forces politiques de l’opposition continuent à faire l’objet de répression à chaque manifestation pacifique. C’est à croire que le Congo démocratique se trouve toujours et encore sous le régime du parti-Etat. Hier c’était le MPR (Mouvement populaire de la Révolution), aujourd’hui c’est le PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie). Charles Bisengimana justifie l’intervention de la police du fait que "la manifestation n’avait pas été autorisée". Ignorance? Mauvaise foi? Cet officier supérieur de la police ignore-t-il que que "la liberté de manifestation est garantie" mais surtout que la Constitution dans son article 26 "impose aux organisateurs d’informer par écrit l’autorité administrative compétente"? De quelle autorisation parle-t-on? "Les libertés de manifestation et de réunion sont en effet constamment bafouées, écrivait la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) dans son rapport publié n°526 f publié en septembre 2006. Les forces de sécurité répriment les manifestations - alors même qu’elles ne portent nullement atteinte à l’ordre public, au prétexte qu’elles n’ont pas fait l’objet d’autorisations".

La Constitution en vigueur n’a pas permis aux Congolais d’être égaux devant la loi et de bénéficier d’une égale protection devant les lois selon que l’on est membre de la mouvance kabiliste (MP-PPRD) ou de l’opposition. Cette discrimination est révélatrice de l’intolérance dans le chef des forces dites de l’ordre. L’Etat n’étant pas impartial, d’autres incidents plus graves sont, dès lors, à craindre. "Joseph Kabila" et les "durs" de son entourage semblent ignorer que leur marge de manoeuvre n’est plus ce qu’elle était en 2006. Privé de soutiens extérieurs trop voyants, le président sortant est redevenu un "candidat comme les autres", hormis le fait qu’il a la haute main sur les moyens de l’Etat...

Baudouin Amba Wetshi

Posté par kongokinshasa à 15:34 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]

Sit-in de l’UDPS : Deux morts. Plusieurs blessés. Un véhicule incendié


Charles Bisengimana, inspecteur général intérimaire de la police nationale congolaise. Photo tirée du Grands Lacs Magazine.

Les élections présidentielles et législatives de 2011 seront dures. Féroces. Violentes. Selon des sources proches de la "DTP" (Dynamique Tshisekedi Président) à Bruxelles et à Kinshasa, deux militants de l’UDPS auraient trouvé la mort lundi 4 juillet en marge du sit-in organisé par ce parti et ses alliés de la DTP devant le siège de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante). Un sit-in qui a été "dispersé" par la police au motif que la manifestation "n’avait pas été autoriséé". Un policier aurait été "lynché" à la permanence de l’UDPS à Limete. Secrétaire général de l’UDPS, Jacquemain Shabani Lukoo a pu néanmoins remettre le mémo de son parti au vice-président de la Ceni, Jacques Djoli Eseng’Ekeli.

Les griefs

Le secrétaire général de l’UDPS a tenu parole. Le sit-in annoncé par ses soins le mercredi 29 juin a bel et bien eu lieu lundi 4 juillet devant le siège de la Ceni sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa. Jacquemain Shabani a pu non sans mal remettre au "numéro deux" de cette "institution d’appui à la démocratie" un mémo dans lequel sont articulés des griefs ou plutôt des "irrégularités" relevées par cette formation politique "dans les opérations d’enrôlement en cours aux quatre coins du pays.

Quelles sont ces irrégularités? L’UDPS a épinglé : l’enrôlement des mineurs, des militaires et des policiers ; la sous-estimation de l’électorat dans la capitale et dans d’autres circonscriptions des provinces ; l’opacité des opérations d’enrôlement ; l’influence négative sur le travail de la Ceni de la part des acteurs politiques acquis au régime en place dans les contrées dont ils sont ressortissants ; la délivrance des cartes d’enrôlement sans les deux empreintes digitales conformes ; la suppression intentionnelle de certains centres d’enrôlement ; la répartition non équitable du délai des opérations d’enrôlement (60 jours pour Kinshasa, la plus peuplée des provinces, au lieu de 90 jours comme ailleurs) ; la réduction intentionnelle du nombre des centres d’inscription de 9.120 (2006) à 6.917 (2011) entrainant ainsi des longues distances à parcourir par la population ; l’enrôlement massif des étrangers ; la non utilisation de l’encre indélébile comme en 2006 pour éviter les enrôlements multiples ; le non payement des agents de la Ceni.

Les exigences

Dans son mémo, l’UDPS pose quelques exigences : la publication du fichier électoral sur le site de la Ceni et l’accès à son serveur central ; la présence des témoins des partis politiques et des observateurs aux centres de traitement ; la prolongation de la période d’enrôlement pour toutes les provinces et pour la ville de Kinshasa où la défectuosité des machines bloque le processus ; l’instauration immédiate d’un cadre de permanent de concertation entre la Ceni et les représentants des partis politiques chargés de procéder à une évaluation hebdomadaire et mensuel du processus électoral ; la fermeture de toutes les frontières de la République au moins une semaine avant la tenue du scrutin et le renforcement du contrôle par les services compétents un mois avant le scrutin ; l’utilisation obligatoire de l’encre indélébile le jour du scrutin.

Selon des sources proches de la "DTP", l’UDPS attend la "réponse" à toutes ces exigences. "Il n’est pas exclu qu’un sit-in soit organisé chaque lundi jusqu’à ce que les animateurs du Bureau de la Ceni fassent droit à ces demandes", a déclaré une personnalité de l’opposition jointe lundi au téléphone à Bruxelles.

L’incident

Selon des témoignages concordants, les militants de l’UDPS sont arrivés lundi 4 juillet aux alentours de 9 heures du côté du building Onatra. Ils étaient munis de sifflets, des banderoles et des effigies de Tshisekedi. Après l’arrivée du secrétaire général de l’UDPS, ils ont déferlé vers le siège de la Ceni situé juste en face. Un important dispositif policier avait été déployé pour interdire l’accès. C’est l’affrontement. Que s’est-il passé? "La police voulait empêcher le secrétaire général de l’UDPS et sa suite d’entrer au siège de la Ceni, témoigne un protestataire. Les policiers conduits par le commandant Kayembe Tshiani du district de Barumbu ont tiré en l’air d’où la bousculade". Une Jeep de la police a aussitôt pris feu. La police parle de cocktail molotov.

Selon une dépêche de Reuters, la police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants. Et que les heurts ont éclaté suite au refus de la police de laisser passer la délégation conduite par Jacquemain Shabani. Celui-ci était accompagné notamment de Martin Fayulu (président de l’ECIDé), Raphaël Kashala (UDPS-Benelux) Ange Pabolangi, président de l’UDPS-Bruxelles.

Intolérance

Selon Patrick Kanku de la "Jeunesse de l’UDPS" à Bruxelles, un policier a été lapidé au niveau de la permanence de l’UDPS située dans la commune kinoise de Limete. L’homme serait, selon lui, entre la vie et la mort. "Après le sit-in, a-t-il expliqué, des combattants et des parlementaires debouts ont marché jusqu’à la permanence à Limete. Des policiers ont tenté de les attaquer en ce lieu. C’est ainsi qu’un policier a été isolé et lapidé par la foule...". S’agissant des victimes civiles, deux "combattants" non autrement identifiés ont perdu la vie. Le corps de l’un d’eux aurait été emporté par des policiers "vers une destination inconnue". L’autre dépouille mortelle se trouve à la morgue de l’hôpital Mama Yemo. "Il faut attendre l’autopsie pour connaître la cause du décès", a déclaré docteur Kabamba Mbuebue, cité par Reuters. La victime aurait été intoxiquée par les gaz lacrymogènes.

Selon Kanku, plusieurs militants et sympathisants de l’UDPS ont été grièvement blessées. C’est le cas notamment de Sebastien Luzayadio (Forces du progrès) et un "combattant" mieux connu sous le sobriquet de "Riba". Celui-ci a eu trois doigts arrachés par une grenade lacrymogène. Plusieurs "parlementaires debouts" ont été arrêtés parmi lesquels Ekutshu Areti et Héritier Molokato.

Inspecteur général intérimaire de la police nationale congolaise, le "général" Charles Bisengimana, cité par Reuters, a déclaré que "la manifestation n’avait pas été autorisée et que les forces de sécurité étaient intervenues pour rétablir l’ordre, les contestataires ayant mis le feu à un taxi et lancé des cocktails Molotov". Bisengimana a confirmé qu’un policier "avait été blessé".

Ignorance et mauvaise foi

Cinq années après la promulgation de la Constitution de la RD Congo, les forces de l’ordre peinent à intégrer dans leur mental certains principes consacrés pourtant par cette Loi fondamentale. C’est le cas notamment du "pluralisme politique" ou de la "liberté de manifestation". Les représentants des forces politiques de l’opposition continuent à faire l’objet de répression à chaque manifestation pacifique. C’est à croire que le Congo démocratique se trouve toujours et encore sous le régime du parti-Etat. Hier c’était le MPR (Mouvement populaire de la Révolution), aujourd’hui c’est le PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie). Charles Bisengimana justifie l’intervention de la police du fait que "la manifestation n’avait pas été autorisée". Ignorance? Mauvaise foi? Cet officier supérieur de la police ignore-t-il que que "la liberté de manifestation est garantie" mais surtout que la Constitution dans son article 26 "impose aux organisateurs d’informer par écrit l’autorité administrative compétente"? De quelle autorisation parle-t-on? "Les libertés de manifestation et de réunion sont en effet constamment bafouées, écrivait la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) dans son rapport publié n°526 f publié en septembre 2006. Les forces de sécurité répriment les manifestations - alors même qu’elles ne portent nullement atteinte à l’ordre public, au prétexte qu’elles n’ont pas fait l’objet d’autorisations".

La Constitution en vigueur n’a pas permis aux Congolais d’être égaux devant la loi et de bénéficier d’une égale protection devant les lois selon que l’on est membre de la mouvance kabiliste (MP-PPRD) ou de l’opposition. Cette discrimination est révélatrice de l’intolérance dans le chef des forces dites de l’ordre. L’Etat n’étant pas impartial, d’autres incidents plus graves sont, dès lors, à craindre. "Joseph Kabila" et les "durs" de son entourage semblent ignorer que leur marge de manoeuvre n’est plus ce qu’elle était en 2006. Privé de soutiens extérieurs trop voyants, le président sortant est redevenu un "candidat comme les autres", hormis le fait qu’il a la haute main sur les moyens de l’Etat...

Baudouin Amba Wetshi

Posté par kongokinshasa à 15:34 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

Sit-in de l’UDPS : Deux morts. Plusieurs blessés. Un véhicule incendié


Charles Bisengimana, inspecteur général intérimaire de la police nationale congolaise. Photo tirée du Grands Lacs Magazine.

Les élections présidentielles et législatives de 2011 seront dures. Féroces. Violentes. Selon des sources proches de la "DTP" (Dynamique Tshisekedi Président) à Bruxelles et à Kinshasa, deux militants de l’UDPS auraient trouvé la mort lundi 4 juillet en marge du sit-in organisé par ce parti et ses alliés de la DTP devant le siège de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante). Un sit-in qui a été "dispersé" par la police au motif que la manifestation "n’avait pas été autoriséé". Un policier aurait été "lynché" à la permanence de l’UDPS à Limete. Secrétaire général de l’UDPS, Jacquemain Shabani Lukoo a pu néanmoins remettre le mémo de son parti au vice-président de la Ceni, Jacques Djoli Eseng’Ekeli.

Les griefs

Le secrétaire général de l’UDPS a tenu parole. Le sit-in annoncé par ses soins le mercredi 29 juin a bel et bien eu lieu lundi 4 juillet devant le siège de la Ceni sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa. Jacquemain Shabani a pu non sans mal remettre au "numéro deux" de cette "institution d’appui à la démocratie" un mémo dans lequel sont articulés des griefs ou plutôt des "irrégularités" relevées par cette formation politique "dans les opérations d’enrôlement en cours aux quatre coins du pays.

Quelles sont ces irrégularités? L’UDPS a épinglé : l’enrôlement des mineurs, des militaires et des policiers ; la sous-estimation de l’électorat dans la capitale et dans d’autres circonscriptions des provinces ; l’opacité des opérations d’enrôlement ; l’influence négative sur le travail de la Ceni de la part des acteurs politiques acquis au régime en place dans les contrées dont ils sont ressortissants ; la délivrance des cartes d’enrôlement sans les deux empreintes digitales conformes ; la suppression intentionnelle de certains centres d’enrôlement ; la répartition non équitable du délai des opérations d’enrôlement (60 jours pour Kinshasa, la plus peuplée des provinces, au lieu de 90 jours comme ailleurs) ; la réduction intentionnelle du nombre des centres d’inscription de 9.120 (2006) à 6.917 (2011) entrainant ainsi des longues distances à parcourir par la population ; l’enrôlement massif des étrangers ; la non utilisation de l’encre indélébile comme en 2006 pour éviter les enrôlements multiples ; le non payement des agents de la Ceni.

Les exigences

Dans son mémo, l’UDPS pose quelques exigences : la publication du fichier électoral sur le site de la Ceni et l’accès à son serveur central ; la présence des témoins des partis politiques et des observateurs aux centres de traitement ; la prolongation de la période d’enrôlement pour toutes les provinces et pour la ville de Kinshasa où la défectuosité des machines bloque le processus ; l’instauration immédiate d’un cadre de permanent de concertation entre la Ceni et les représentants des partis politiques chargés de procéder à une évaluation hebdomadaire et mensuel du processus électoral ; la fermeture de toutes les frontières de la République au moins une semaine avant la tenue du scrutin et le renforcement du contrôle par les services compétents un mois avant le scrutin ; l’utilisation obligatoire de l’encre indélébile le jour du scrutin.

Selon des sources proches de la "DTP", l’UDPS attend la "réponse" à toutes ces exigences. "Il n’est pas exclu qu’un sit-in soit organisé chaque lundi jusqu’à ce que les animateurs du Bureau de la Ceni fassent droit à ces demandes", a déclaré une personnalité de l’opposition jointe lundi au téléphone à Bruxelles.

L’incident

Selon des témoignages concordants, les militants de l’UDPS sont arrivés lundi 4 juillet aux alentours de 9 heures du côté du building Onatra. Ils étaient munis de sifflets, des banderoles et des effigies de Tshisekedi. Après l’arrivée du secrétaire général de l’UDPS, ils ont déferlé vers le siège de la Ceni situé juste en face. Un important dispositif policier avait été déployé pour interdire l’accès. C’est l’affrontement. Que s’est-il passé? "La police voulait empêcher le secrétaire général de l’UDPS et sa suite d’entrer au siège de la Ceni, témoigne un protestataire. Les policiers conduits par le commandant Kayembe Tshiani du district de Barumbu ont tiré en l’air d’où la bousculade". Une Jeep de la police a aussitôt pris feu. La police parle de cocktail molotov.

Selon une dépêche de Reuters, la police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants. Et que les heurts ont éclaté suite au refus de la police de laisser passer la délégation conduite par Jacquemain Shabani. Celui-ci était accompagné notamment de Martin Fayulu (président de l’ECIDé), Raphaël Kashala (UDPS-Benelux) Ange Pabolangi, président de l’UDPS-Bruxelles.

Intolérance

Selon Patrick Kanku de la "Jeunesse de l’UDPS" à Bruxelles, un policier a été lapidé au niveau de la permanence de l’UDPS située dans la commune kinoise de Limete. L’homme serait, selon lui, entre la vie et la mort. "Après le sit-in, a-t-il expliqué, des combattants et des parlementaires debouts ont marché jusqu’à la permanence à Limete. Des policiers ont tenté de les attaquer en ce lieu. C’est ainsi qu’un policier a été isolé et lapidé par la foule...". S’agissant des victimes civiles, deux "combattants" non autrement identifiés ont perdu la vie. Le corps de l’un d’eux aurait été emporté par des policiers "vers une destination inconnue". L’autre dépouille mortelle se trouve à la morgue de l’hôpital Mama Yemo. "Il faut attendre l’autopsie pour connaître la cause du décès", a déclaré docteur Kabamba Mbuebue, cité par Reuters. La victime aurait été intoxiquée par les gaz lacrymogènes.

Selon Kanku, plusieurs militants et sympathisants de l’UDPS ont été grièvement blessées. C’est le cas notamment de Sebastien Luzayadio (Forces du progrès) et un "combattant" mieux connu sous le sobriquet de "Riba". Celui-ci a eu trois doigts arrachés par une grenade lacrymogène. Plusieurs "parlementaires debouts" ont été arrêtés parmi lesquels Ekutshu Areti et Héritier Molokato.

Inspecteur général intérimaire de la police nationale congolaise, le "général" Charles Bisengimana, cité par Reuters, a déclaré que "la manifestation n’avait pas été autorisée et que les forces de sécurité étaient intervenues pour rétablir l’ordre, les contestataires ayant mis le feu à un taxi et lancé des cocktails Molotov". Bisengimana a confirmé qu’un policier "avait été blessé".

Ignorance et mauvaise foi

Cinq années après la promulgation de la Constitution de la RD Congo, les forces de l’ordre peinent à intégrer dans leur mental certains principes consacrés pourtant par cette Loi fondamentale. C’est le cas notamment du "pluralisme politique" ou de la "liberté de manifestation". Les représentants des forces politiques de l’opposition continuent à faire l’objet de répression à chaque manifestation pacifique. C’est à croire que le Congo démocratique se trouve toujours et encore sous le régime du parti-Etat. Hier c’était le MPR (Mouvement populaire de la Révolution), aujourd’hui c’est le PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie). Charles Bisengimana justifie l’intervention de la police du fait que "la manifestation n’avait pas été autorisée". Ignorance? Mauvaise foi? Cet officier supérieur de la police ignore-t-il que que "la liberté de manifestation est garantie" mais surtout que la Constitution dans son article 26 "impose aux organisateurs d’informer par écrit l’autorité administrative compétente"? De quelle autorisation parle-t-on? "Les libertés de manifestation et de réunion sont en effet constamment bafouées, écrivait la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) dans son rapport publié n°526 f publié en septembre 2006. Les forces de sécurité répriment les manifestations - alors même qu’elles ne portent nullement atteinte à l’ordre public, au prétexte qu’elles n’ont pas fait l’objet d’autorisations".

La Constitution en vigueur n’a pas permis aux Congolais d’être égaux devant la loi et de bénéficier d’une égale protection devant les lois selon que l’on est membre de la mouvance kabiliste (MP-PPRD) ou de l’opposition. Cette discrimination est révélatrice de l’intolérance dans le chef des forces dites de l’ordre. L’Etat n’étant pas impartial, d’autres incidents plus graves sont, dès lors, à craindre. "Joseph Kabila" et les "durs" de son entourage semblent ignorer que leur marge de manoeuvre n’est plus ce qu’elle était en 2006. Privé de soutiens extérieurs trop voyants, le président sortant est redevenu un "candidat comme les autres", hormis le fait qu’il a la haute main sur les moyens de l’Etat...

Baudouin Amba Wetshi

Posté par kongokinshasa à 15:34 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

Sit-in de l’UDPS : Deux morts. Plusieurs blessés. Un véhicule incendié


Charles Bisengimana, inspecteur général intérimaire de la police nationale congolaise. Photo tirée du Grands Lacs Magazine.

Les élections présidentielles et législatives de 2011 seront dures. Féroces. Violentes. Selon des sources proches de la "DTP" (Dynamique Tshisekedi Président) à Bruxelles et à Kinshasa, deux militants de l’UDPS auraient trouvé la mort lundi 4 juillet en marge du sit-in organisé par ce parti et ses alliés de la DTP devant le siège de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante). Un sit-in qui a été "dispersé" par la police au motif que la manifestation "n’avait pas été autoriséé". Un policier aurait été "lynché" à la permanence de l’UDPS à Limete. Secrétaire général de l’UDPS, Jacquemain Shabani Lukoo a pu néanmoins remettre le mémo de son parti au vice-président de la Ceni, Jacques Djoli Eseng’Ekeli.

Les griefs

Le secrétaire général de l’UDPS a tenu parole. Le sit-in annoncé par ses soins le mercredi 29 juin a bel et bien eu lieu lundi 4 juillet devant le siège de la Ceni sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa. Jacquemain Shabani a pu non sans mal remettre au "numéro deux" de cette "institution d’appui à la démocratie" un mémo dans lequel sont articulés des griefs ou plutôt des "irrégularités" relevées par cette formation politique "dans les opérations d’enrôlement en cours aux quatre coins du pays.

Quelles sont ces irrégularités? L’UDPS a épinglé : l’enrôlement des mineurs, des militaires et des policiers ; la sous-estimation de l’électorat dans la capitale et dans d’autres circonscriptions des provinces ; l’opacité des opérations d’enrôlement ; l’influence négative sur le travail de la Ceni de la part des acteurs politiques acquis au régime en place dans les contrées dont ils sont ressortissants ; la délivrance des cartes d’enrôlement sans les deux empreintes digitales conformes ; la suppression intentionnelle de certains centres d’enrôlement ; la répartition non équitable du délai des opérations d’enrôlement (60 jours pour Kinshasa, la plus peuplée des provinces, au lieu de 90 jours comme ailleurs) ; la réduction intentionnelle du nombre des centres d’inscription de 9.120 (2006) à 6.917 (2011) entrainant ainsi des longues distances à parcourir par la population ; l’enrôlement massif des étrangers ; la non utilisation de l’encre indélébile comme en 2006 pour éviter les enrôlements multiples ; le non payement des agents de la Ceni.

Les exigences

Dans son mémo, l’UDPS pose quelques exigences : la publication du fichier électoral sur le site de la Ceni et l’accès à son serveur central ; la présence des témoins des partis politiques et des observateurs aux centres de traitement ; la prolongation de la période d’enrôlement pour toutes les provinces et pour la ville de Kinshasa où la défectuosité des machines bloque le processus ; l’instauration immédiate d’un cadre de permanent de concertation entre la Ceni et les représentants des partis politiques chargés de procéder à une évaluation hebdomadaire et mensuel du processus électoral ; la fermeture de toutes les frontières de la République au moins une semaine avant la tenue du scrutin et le renforcement du contrôle par les services compétents un mois avant le scrutin ; l’utilisation obligatoire de l’encre indélébile le jour du scrutin.

Selon des sources proches de la "DTP", l’UDPS attend la "réponse" à toutes ces exigences. "Il n’est pas exclu qu’un sit-in soit organisé chaque lundi jusqu’à ce que les animateurs du Bureau de la Ceni fassent droit à ces demandes", a déclaré une personnalité de l’opposition jointe lundi au téléphone à Bruxelles.

L’incident

Selon des témoignages concordants, les militants de l’UDPS sont arrivés lundi 4 juillet aux alentours de 9 heures du côté du building Onatra. Ils étaient munis de sifflets, des banderoles et des effigies de Tshisekedi. Après l’arrivée du secrétaire général de l’UDPS, ils ont déferlé vers le siège de la Ceni situé juste en face. Un important dispositif policier avait été déployé pour interdire l’accès. C’est l’affrontement. Que s’est-il passé? "La police voulait empêcher le secrétaire général de l’UDPS et sa suite d’entrer au siège de la Ceni, témoigne un protestataire. Les policiers conduits par le commandant Kayembe Tshiani du district de Barumbu ont tiré en l’air d’où la bousculade". Une Jeep de la police a aussitôt pris feu. La police parle de cocktail molotov.

Selon une dépêche de Reuters, la police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants. Et que les heurts ont éclaté suite au refus de la police de laisser passer la délégation conduite par Jacquemain Shabani. Celui-ci était accompagné notamment de Martin Fayulu (président de l’ECIDé), Raphaël Kashala (UDPS-Benelux) Ange Pabolangi, président de l’UDPS-Bruxelles.

Intolérance

Selon Patrick Kanku de la "Jeunesse de l’UDPS" à Bruxelles, un policier a été lapidé au niveau de la permanence de l’UDPS située dans la commune kinoise de Limete. L’homme serait, selon lui, entre la vie et la mort. "Après le sit-in, a-t-il expliqué, des combattants et des parlementaires debouts ont marché jusqu’à la permanence à Limete. Des policiers ont tenté de les attaquer en ce lieu. C’est ainsi qu’un policier a été isolé et lapidé par la foule...". S’agissant des victimes civiles, deux "combattants" non autrement identifiés ont perdu la vie. Le corps de l’un d’eux aurait été emporté par des policiers "vers une destination inconnue". L’autre dépouille mortelle se trouve à la morgue de l’hôpital Mama Yemo. "Il faut attendre l’autopsie pour connaître la cause du décès", a déclaré docteur Kabamba Mbuebue, cité par Reuters. La victime aurait été intoxiquée par les gaz lacrymogènes.

Selon Kanku, plusieurs militants et sympathisants de l’UDPS ont été grièvement blessées. C’est le cas notamment de Sebastien Luzayadio (Forces du progrès) et un "combattant" mieux connu sous le sobriquet de "Riba". Celui-ci a eu trois doigts arrachés par une grenade lacrymogène. Plusieurs "parlementaires debouts" ont été arrêtés parmi lesquels Ekutshu Areti et Héritier Molokato.

Inspecteur général intérimaire de la police nationale congolaise, le "général" Charles Bisengimana, cité par Reuters, a déclaré que "la manifestation n’avait pas été autorisée et que les forces de sécurité étaient intervenues pour rétablir l’ordre, les contestataires ayant mis le feu à un taxi et lancé des cocktails Molotov". Bisengimana a confirmé qu’un policier "avait été blessé".

Ignorance et mauvaise foi

Cinq années après la promulgation de la Constitution de la RD Congo, les forces de l’ordre peinent à intégrer dans leur mental certains principes consacrés pourtant par cette Loi fondamentale. C’est le cas notamment du "pluralisme politique" ou de la "liberté de manifestation". Les représentants des forces politiques de l’opposition continuent à faire l’objet de répression à chaque manifestation pacifique. C’est à croire que le Congo démocratique se trouve toujours et encore sous le régime du parti-Etat. Hier c’était le MPR (Mouvement populaire de la Révolution), aujourd’hui c’est le PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie). Charles Bisengimana justifie l’intervention de la police du fait que "la manifestation n’avait pas été autorisée". Ignorance? Mauvaise foi? Cet officier supérieur de la police ignore-t-il que que "la liberté de manifestation est garantie" mais surtout que la Constitution dans son article 26 "impose aux organisateurs d’informer par écrit l’autorité administrative compétente"? De quelle autorisation parle-t-on? "Les libertés de manifestation et de réunion sont en effet constamment bafouées, écrivait la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) dans son rapport publié n°526 f publié en septembre 2006. Les forces de sécurité répriment les manifestations - alors même qu’elles ne portent nullement atteinte à l’ordre public, au prétexte qu’elles n’ont pas fait l’objet d’autorisations".

La Constitution en vigueur n’a pas permis aux Congolais d’être égaux devant la loi et de bénéficier d’une égale protection devant les lois selon que l’on est membre de la mouvance kabiliste (MP-PPRD) ou de l’opposition. Cette discrimination est révélatrice de l’intolérance dans le chef des forces dites de l’ordre. L’Etat n’étant pas impartial, d’autres incidents plus graves sont, dès lors, à craindre. "Joseph Kabila" et les "durs" de son entourage semblent ignorer que leur marge de manoeuvre n’est plus ce qu’elle était en 2006. Privé de soutiens extérieurs trop voyants, le président sortant est redevenu un "candidat comme les autres", hormis le fait qu’il a la haute main sur les moyens de l’Etat...

Baudouin Amba Wetshi

Posté par kongokinshasa à 15:34 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

Sit-in de l’UDPS : Deux morts. Plusieurs blessés. Un véhicule incendié


Charles Bisengimana, inspecteur général intérimaire de la police nationale congolaise. Photo tirée du Grands Lacs Magazine.

Les élections présidentielles et législatives de 2011 seront dures. Féroces. Violentes. Selon des sources proches de la "DTP" (Dynamique Tshisekedi Président) à Bruxelles et à Kinshasa, deux militants de l’UDPS auraient trouvé la mort lundi 4 juillet en marge du sit-in organisé par ce parti et ses alliés de la DTP devant le siège de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante). Un sit-in qui a été "dispersé" par la police au motif que la manifestation "n’avait pas été autoriséé". Un policier aurait été "lynché" à la permanence de l’UDPS à Limete. Secrétaire général de l’UDPS, Jacquemain Shabani Lukoo a pu néanmoins remettre le mémo de son parti au vice-président de la Ceni, Jacques Djoli Eseng’Ekeli.

Les griefs

Le secrétaire général de l’UDPS a tenu parole. Le sit-in annoncé par ses soins le mercredi 29 juin a bel et bien eu lieu lundi 4 juillet devant le siège de la Ceni sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa. Jacquemain Shabani a pu non sans mal remettre au "numéro deux" de cette "institution d’appui à la démocratie" un mémo dans lequel sont articulés des griefs ou plutôt des "irrégularités" relevées par cette formation politique "dans les opérations d’enrôlement en cours aux quatre coins du pays.

Quelles sont ces irrégularités? L’UDPS a épinglé : l’enrôlement des mineurs, des militaires et des policiers ; la sous-estimation de l’électorat dans la capitale et dans d’autres circonscriptions des provinces ; l’opacité des opérations d’enrôlement ; l’influence négative sur le travail de la Ceni de la part des acteurs politiques acquis au régime en place dans les contrées dont ils sont ressortissants ; la délivrance des cartes d’enrôlement sans les deux empreintes digitales conformes ; la suppression intentionnelle de certains centres d’enrôlement ; la répartition non équitable du délai des opérations d’enrôlement (60 jours pour Kinshasa, la plus peuplée des provinces, au lieu de 90 jours comme ailleurs) ; la réduction intentionnelle du nombre des centres d’inscription de 9.120 (2006) à 6.917 (2011) entrainant ainsi des longues distances à parcourir par la population ; l’enrôlement massif des étrangers ; la non utilisation de l’encre indélébile comme en 2006 pour éviter les enrôlements multiples ; le non payement des agents de la Ceni.

Les exigences

Dans son mémo, l’UDPS pose quelques exigences : la publication du fichier électoral sur le site de la Ceni et l’accès à son serveur central ; la présence des témoins des partis politiques et des observateurs aux centres de traitement ; la prolongation de la période d’enrôlement pour toutes les provinces et pour la ville de Kinshasa où la défectuosité des machines bloque le processus ; l’instauration immédiate d’un cadre de permanent de concertation entre la Ceni et les représentants des partis politiques chargés de procéder à une évaluation hebdomadaire et mensuel du processus électoral ; la fermeture de toutes les frontières de la République au moins une semaine avant la tenue du scrutin et le renforcement du contrôle par les services compétents un mois avant le scrutin ; l’utilisation obligatoire de l’encre indélébile le jour du scrutin.

Selon des sources proches de la "DTP", l’UDPS attend la "réponse" à toutes ces exigences. "Il n’est pas exclu qu’un sit-in soit organisé chaque lundi jusqu’à ce que les animateurs du Bureau de la Ceni fassent droit à ces demandes", a déclaré une personnalité de l’opposition jointe lundi au téléphone à Bruxelles.

L’incident

Selon des témoignages concordants, les militants de l’UDPS sont arrivés lundi 4 juillet aux alentours de 9 heures du côté du building Onatra. Ils étaient munis de sifflets, des banderoles et des effigies de Tshisekedi. Après l’arrivée du secrétaire général de l’UDPS, ils ont déferlé vers le siège de la Ceni situé juste en face. Un important dispositif policier avait été déployé pour interdire l’accès. C’est l’affrontement. Que s’est-il passé? "La police voulait empêcher le secrétaire général de l’UDPS et sa suite d’entrer au siège de la Ceni, témoigne un protestataire. Les policiers conduits par le commandant Kayembe Tshiani du district de Barumbu ont tiré en l’air d’où la bousculade". Une Jeep de la police a aussitôt pris feu. La police parle de cocktail molotov.

Selon une dépêche de Reuters, la police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants. Et que les heurts ont éclaté suite au refus de la police de laisser passer la délégation conduite par Jacquemain Shabani. Celui-ci était accompagné notamment de Martin Fayulu (président de l’ECIDé), Raphaël Kashala (UDPS-Benelux) Ange Pabolangi, président de l’UDPS-Bruxelles.

Intolérance

Selon Patrick Kanku de la "Jeunesse de l’UDPS" à Bruxelles, un policier a été lapidé au niveau de la permanence de l’UDPS située dans la commune kinoise de Limete. L’homme serait, selon lui, entre la vie et la mort. "Après le sit-in, a-t-il expliqué, des combattants et des parlementaires debouts ont marché jusqu’à la permanence à Limete. Des policiers ont tenté de les attaquer en ce lieu. C’est ainsi qu’un policier a été isolé et lapidé par la foule...". S’agissant des victimes civiles, deux "combattants" non autrement identifiés ont perdu la vie. Le corps de l’un d’eux aurait été emporté par des policiers "vers une destination inconnue". L’autre dépouille mortelle se trouve à la morgue de l’hôpital Mama Yemo. "Il faut attendre l’autopsie pour connaître la cause du décès", a déclaré docteur Kabamba Mbuebue, cité par Reuters. La victime aurait été intoxiquée par les gaz lacrymogènes.

Selon Kanku, plusieurs militants et sympathisants de l’UDPS ont été grièvement blessées. C’est le cas notamment de Sebastien Luzayadio (Forces du progrès) et un "combattant" mieux connu sous le sobriquet de "Riba". Celui-ci a eu trois doigts arrachés par une grenade lacrymogène. Plusieurs "parlementaires debouts" ont été arrêtés parmi lesquels Ekutshu Areti et Héritier Molokato.

Inspecteur général intérimaire de la police nationale congolaise, le "général" Charles Bisengimana, cité par Reuters, a déclaré que "la manifestation n’avait pas été autorisée et que les forces de sécurité étaient intervenues pour rétablir l’ordre, les contestataires ayant mis le feu à un taxi et lancé des cocktails Molotov". Bisengimana a confirmé qu’un policier "avait été blessé".

Ignorance et mauvaise foi

Cinq années après la promulgation de la Constitution de la RD Congo, les forces de l’ordre peinent à intégrer dans leur mental certains principes consacrés pourtant par cette Loi fondamentale. C’est le cas notamment du "pluralisme politique" ou de la "liberté de manifestation". Les représentants des forces politiques de l’opposition continuent à faire l’objet de répression à chaque manifestation pacifique. C’est à croire que le Congo démocratique se trouve toujours et encore sous le régime du parti-Etat. Hier c’était le MPR (Mouvement populaire de la Révolution), aujourd’hui c’est le PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie). Charles Bisengimana justifie l’intervention de la police du fait que "la manifestation n’avait pas été autorisée". Ignorance? Mauvaise foi? Cet officier supérieur de la police ignore-t-il que que "la liberté de manifestation est garantie" mais surtout que la Constitution dans son article 26 "impose aux organisateurs d’informer par écrit l’autorité administrative compétente"? De quelle autorisation parle-t-on? "Les libertés de manifestation et de réunion sont en effet constamment bafouées, écrivait la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) dans son rapport publié n°526 f publié en septembre 2006. Les forces de sécurité répriment les manifestations - alors même qu’elles ne portent nullement atteinte à l’ordre public, au prétexte qu’elles n’ont pas fait l’objet d’autorisations".

La Constitution en vigueur n’a pas permis aux Congolais d’être égaux devant la loi et de bénéficier d’une égale protection devant les lois selon que l’on est membre de la mouvance kabiliste (MP-PPRD) ou de l’opposition. Cette discrimination est révélatrice de l’intolérance dans le chef des forces dites de l’ordre. L’Etat n’étant pas impartial, d’autres incidents plus graves sont, dès lors, à craindre. "Joseph Kabila" et les "durs" de son entourage semblent ignorer que leur marge de manoeuvre n’est plus ce qu’elle était en 2006. Privé de soutiens extérieurs trop voyants, le président sortant est redevenu un "candidat comme les autres", hormis le fait qu’il a la haute main sur les moyens de l’Etat...

Baudouin Amba Wetshi

Posté par kongokinshasa à 15:34 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
12 avril 2011

Le Cardinal Mosengwo dénonce la dictature de Kabila l'assassin !


Le Cardinal Mosengwo dénonce la dictature de Kabila l'assassin !

Blanchard kota

LBK

Posté par kongokinshasa à 12:26 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
07 février 2011

Pillage des ressources et alimentation de la guerre à l’Est de la RDC : Un avion immatriculé aux USA bloqué à Goma

Le financement de la guerre que subie la RDC depuis une décennie provient du trafic des matières premières. Une nouvelle preuve vient d’être administrée par l’immobilisation d’un avion immatriculé aux USA à Goma dans le Nord-Kivu. Un officier général des FARDC, Bosco Ntanganda, recherché par la CPI, est au cœur de cette scabreuse affaire de trafic illicite des matières premières.

Un avion est immobilisé actuellement à l’aéroport de Goma. Plutôt que d’être considéré comme un acte banal posé par les préposés de la Régie des voies aériennes. Derrière se cache une grosse affaire combinant le trafic illicite des matières premières et une louche opération de faux billets de banque.

La perspicacité des services sur place a permis de découvrir le pot-aux-roses. L’avion, immatriculé aux USA, a emprunté un itinéraire qui ne laisse planer aucun doute. Il serait venu d’un paradis fiscal, probablement la Grande Bermudes, en passant par Abuja au Nigeria avant de se poser à Goma. Dans ses soutes, la bagatelle somme de 6.800.000 USD, en espèces sonnantes et trébuchantes. Cet argent liquide était destiné à l’achat de l’or.

Selon des sources bien informées, la transaction se serait bien déroulée. Le général Bosco Ntanganda, qui devrait livrer un colis d’or à ces acheteurs venus de très loin, s’était exécuté. Le colis a même été embarqué dans les soutes de la carlingue pour être exporté. Au même moment, le général Bosco Ntanganda et ses hommes ont planqué les fonds à un lieu sûr. L’une de ses résidences de Goma !

C’était sans compter avec la vigilance des services en charge de la sécurité à l’intérieur et dans les frontières de la RDC. Le colis suspect est ainsi saisi et consigné. Les acheteurs ont alors exigé le remboursement du produit de la transaction, étant attendu que tout ne s’est pas déroulé normalement. Il a fallu de longues négociations pour arriver à obtenir, de Bosco Ntanganda, la libération d’une partie de l’argent apporté par les acheteurs. De fortes pressions ont été exercées pour ce faire.

Sur place auprès du général Bosco Ntanganda, des sources proches de l’enquête affirment que des 6.800.000 Usd, 1.800.000 Usd ont été récupérés. Tandis que les 5 millions Usd se sont volatilisés comme par enchantement. Dans cette somme récupérée, il se trouve qu’on a découvert de faux billets de dollars Usd. Alors que les acheteurs, eux, brandissent les certifications des banques étrangères pour confirmer qu’aucun faux billet ne faisait partie du colis.

L’histoire se confirme

Ainsi que Le Potentiel l’écrivait dans ses précédentes livraisons, les anciens militaires du Congrès national des peuples, CNDP sont au cœur du trafic des matières premières dans l’Est de la RDC. Le Potentiel s’étonnait «Que le CNDP soit aujourd’hui maître des carrés miniers et que l’exploitation dépende de ce mouvement», alors qu’au même moment le chef de l’Etat rwandais estimait que qu’il n’y avait aucune raison que des personnes qui «apporteraient de l’argent et des minerais, il n’y a aucune raison de refuser». Ceux qui ont installé une bourse à Kigali, ne voudraient pas que le trafic s’arrête.

Les ex-militaires CNDP qui ont pris gout à l’argent résultant de l’exploitation illicite des matières premières, n’hésiteraient pas à reprendre les armes pour conserver ces avantages indus, malgré les millions de morts que leur action prédatrice entraine. C’est d’ailleurs, dans la foulée de la suspension de l’exploitation des matières précieuses à l’Est par le chef de l’Etat que les ex-CNDP sont sortis du bois tels des loups affamés pour brandir la menace de ne pas accepter toutes les permutations les concernant.

Plus de doute possible, les anciens militaires du CNDP disposent d’agendas cachés dans le but de poursuivre la guerre afin de ne pas se départir de l’alléchante opération de pillage des ressources naturelles avec la complicité des opérateurs étrangers.

De multiples rapports existent

Tous les rapports des Nations unies et des ONG comme International crisis group ont toujours accusé les hommes en armes et les sociétés étrangères d’entretenir la guerre à l’Est de la RDC. Curieusement, ces sociétés ne sont jamais inquiétées par leurs pays respectifs. Tout se fait comme si les morts congolais n’ont aucune valeur face à la satisfaction des besoins industriels des multinationales occidentales.

Bosco Ntanganda, sous le coup d’un mandat d’arrêt international de la CPI, devrait s’interdire de poser des actes de nature à attirer sur lui tous les faisceaux de l’actualité. Il vient là de se mettre en faux face au gouvernement dans ses rapports avec la CPI. Les 5 millions Usd, portés disparus, pourraient lui être fatal.

En attendant, l’avion immatriculé aux USA se trouve encore immobilisé à l’aéroport de Goma. Le colis d’or est gardé en lieu sûr par les autorités et un réseau vient d’être découvert.

Posté par kongokinshasa à 18:09 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
06 février 2011

L’UDPS et Tshisekedi en danger d’asphyxie ?

Honoré Ngbanda venait pourtant à peine de les prévenir

On ne libère pas un pays un pays occupé de force en acceptant de s’engager aux élections conçues, financées, organisées et contrôlées par les mêmes forces d’occupation. C’est une vue de l’esprit. Une pure utopie! L’APARECO et son président national l’ont dit et répété maintes fois à qui veut les entendre, mais certains trouvent chaque fois des arguments fallacieux pour justifier l’injustifiable. Il y a à peine une semaine, dans l’interview accordée à Réveil-FM de Freddy Mulongo , le lundi 31 janvier 2011, et répondant aux critiques et remarques de ceux des congolais qui lui reprochaient son silence et son indifférence au retour au pays du président national de l’UDPS, Etienne Tshisekedi, le leader de l’APARECO Monsieur Honoré Ngbanda s’est expliqué :

«

J’estime que Mr Etienne Tshisekedi est mon aîné en tout point de vue : il a commencé la politique avec Mobutu bien avant moi dans les années 60, je n’étais encore que sur les bancs de l’école. Ils ont créé le MPR et l’ont imposé aux zaïrois avec Mobutu dans les années 70, j’étais encore étudiant. Il a beaucoup plus d’expérience que moi, car il connaît mieux que quiconque les dessous des cartes de cette campagne d’occupation de la RDC en 1996 et ses conséquences aujourd’hui. S’il décide malgré tout de faire confiance au pouvoir d’occupation en place à Kinshasa et d’aller concourir aux élections avec lui, je ne peux que respecter son choix et le regarder faire. Je n’ai pas la science infuse

». «Toutefois, je reste persuadé que le leader maximo connaîtra des moments très difficiles avec l’UDPS, car «Joseph Kabila» a profité des divisions et des rivalités au sein de ce parti pour le miner sérieusement. N’oubliez pas que j’ai des antennes au sein du système «Kabila». Et croyez-moi, dans les jours qui viennent, vous allez assister à un ouragan qui va souffler au sein de l’UDPS pour tenter de l’imploser. C’est l’oeuvre de l’imposteur rwandais au pouvoir. Des dispositions sont déjà prises pour paralyser Etienne Tshisekedi et son aile, tandis qu’une aile en gestation lancera une autre UDPS made by Kanambe. Mais, l’étiquette sera invisible à l’oeil nu ! Nous avons pris soin de prévenir certains cadres de l’UDPS de ce complot. » Mr BELTCHIKA, une scission s’est créée au sein du parti avec Mr MUTANDA comme Secrétaire Général de l’Aile de LIMETE (siège reconnu du Parti) et Mr BELTCHIKA comme leader reconnu de l’Aile dite de RIGHINI (en référence avec la résidence privée de Mr BELTCHIKA où s’était tenu le « congrès » de 2009) UDPS/N (Union pour la Démocratie et le Progrès Social – Nationale). Selon un membre très proche de Beltchika, les statuts et les règlements d’ordre intérieur, les armoiries ainsi que les devises de ce nouveau parti avaient déjà été créés, adoptées et prêtes à être divulgués quand, samedi le 22 janvier, une notification de l’Hôtel de Ville de Kinshasa vint leur annoncer la notarisation du Rapport Final du Premier Congrès de l’UDPS tenu en mai 2009. Une donne du pouvoir qui changea complètement l’évolution du conflit, car l’aile dissidente devenait d’office le propriétaire légale de la marque UDPS ! Résolution du Conseil National de l’UDPS du 3 février 2011 » que nous reproduisons ci-dessous n’est qu’une suite logique d’un processus en cours. Comme « Kabila » redoutait la réaction violente du peuple congolais face à son projet de limiter à 70 ans l’âge de tout candidat à la magistrature suprême pour écarter Ya Tshitshi, le conflit interne au sein de l’UDPS lui offre une bonne ouverture pour imploser ce parti et du coup priver son rival Tshisekedi d’un parti légal et reconnu par la loi. L’examen du document que nous reproduisons ci-dessous, et dont La Prospérité affirme en avoir obtenu la confirmation auprès de François-Xavier Beltchika en dit long :

Conseil National de l’UDPS

Résolution n°…/UDPS/CN/011 du 3 février relative au constat du refus du Président National de l’Udps de prendre possession des fonctions statutaires lui dévolues par le Premier Congrès du Parti, tenu à Kinshasa du 15 au 21 avril 2009

Vu les statuts du Parti du 21 avril 2009, spécialement en leurs articles 17, 18, 34, 35, 36, 37, 81 et 82 ;

Vu le Règlement Intérieur du Parti du 19 juin 2009, particulièrement en ses articles 13, 18, 32, 33 et 48 ;

Constatant que le Président National s’est résolument opposé au caractère collégial du Directoire National du Parti (Présidence collégiale) tel que prévu par les articles 24 des statuts du 18 octobre 1994 et 114 du Règlement Intérieur du Parti du 19 juillet 1996, depuis le départ de son collègue, feu Mbuakiem jusqu’à ce jour ;

Considérant que le Collège des Fondateurs, par l’Acte n°001/UDPS/CDF/09 du 10/01/2009 portant désignation de nouveaux membres du Directoire National, a confirmé la nécessité d’assurer au Parti une direction collégiale jusqu’à la tenue du Premier Congrès du Parti ;

Considérant qu’après son retour au pays depuis le 8 décembre 2010, le Président National a refusé toutes les sollicitations et demandes d’audiences directes et indirectes impliquant des voies officielles, de part tant du Collège des Fondateurs que des cadres chargés de la gestion du Parti pendant son absence du pays et que cela a eu pour conséquence faire obstacle au dialogue au sein du Parti, l’une des caractéristiques démocratiques sur laquelle est fondée l’Udps ;

Considérant que le Président National a manifestement refusé d’occuper les fonctions statutaires de sa charge lui confiées par le 1er congrès du Parti convoqué régulièrement par lui-même et en accord avec le Collège des Fondateurs suivant la Décision 72/UDPS/PN/08 du 17 juillet 2008 ;

Considérant, par ailleurs, que ce refus a empêché le Parti d’évoluer normalement dans la ligne politique tracée par le 1er Congrès d’avril 2009 ;

Constatant que ce vide juridique est de nature à paralyser le Parti en cette phase électorale cruciale ;

Considérant qu’en convoquant un deuxième premier Congrès tenu à Kinshasa-Limete, du 11 au 14 décembre 2010, le Président National a violé systémiquement les articles 22, 26, 82 et 83 des statuts du 18 octobre 1994 et 37, 38 et 40 du Règlement Intérieur du 19 juillet 1996, dépassant ainsi le nombre de Premier Congrès prévu par les mêmes statuts ; Constatant également que par l’organisation du Forum irrégulier de Limete, du 11 au 14 décembre 2010, le Président National a créé un autre Parti politique totalement différent de l’UDPS fondée initialement le 15 février 1982 et dont l’organisation est caractérisée par la concentration de tous les pouvoirs entre les mains du Président du Parti qui peut nommer, révoquer, exclure du Parti qui il veut, quand il veut et comme il veut, transformant ainsi l’UDPS propriété collective en une UDPS propriété individuelle. Considérant que le nouveau Parti créé par le Président Etienne Tshisekedi wa Mulumba s’est contenté de falsifier l’histoire du Parti en ignorant le collège des Fondateurs, tous les autres compagnons de lutte dits cofondateurs, Pionniers et Avant-gardistes ainsi que tous les membres sympathisants et citoyens anonymes qui ont sacrifié le meilleur d’eux-mêmes pour que vive un jour la victoire de l’UDPS ;

Se fondant sur la requête présentée par la Conférence Interfédérale dans une motion de synthèse du 22/01/2011 ;

Vu la nécessité et l’urgence ;

1. le Conseil National du Parti, réuni en session extraordinaire du 28/01/2011 au 03/01/2011, prend acte du refus du Président National, Monsieur Etienne Tshisekedi d’occuper les fonctions du Président  National et considère que le poste du Président National est désormais déclaré définitivement vacant au sein du Parti ;

2. le Secrétaire Permanent et Porte-Parole du Conseil National du Parti est chargé d’exercer les prérogatives du Président National de l’UDPS à titre intérimaire jusqu’à la tenue du Congrès extraordinaire

3. Le Conseil National enjoint son Bureau de convoquer un Congrès extraordinaire dans les meilleurs délais, chargé d’examiner notamment, l’élection du Président National du Parti et l’endossement des candidatures de l’UDPS aux élections générales prévues au cours de cette année. Fait à Kinshasa, le 3 février 2011 Pour la Direction Politique du Parti

L’avenir seul nous dira quelles sont les chances de l’UDPS de se relever véritablement de cette nouvelle affaire. Mais toutes ces manoeuvres donnent une fois de plus un aperçu du type d’embuches auxquelles peuvent être confronter ceux qui souhaitent encore participer à ce scrutin organisé par un pouvoir d’occupation qui utilisera tous les stratagèmes, y compris les plus extrêmes, pour maintenir son emprise sur nos institutions. Heureusement, les patriotes congolais dont les rangs grossissent chaque jour en RDC ne croient plus à la supercherie des élections et concentrent plutôt toutes leurs énergies pour bouter dehors par tous les moyens imaginables ce pouvoir sanglant d’occupation.

Paris, le 5 Février 2011

                            Candide OKEKE

Mais après ces explications, Monsieur Honoré Ngbanda, toujours bien informé, concluait sa réponse par cet avertissement:

Depuis l’organisation en mai 2009 du Premier Congrès de l’UDPS [sur autorisation du président Etienne Tshisekedi – selon les organisateurs dudit congrès] par une aile du parti dirigée par

Cette scission a été entretenue et maintenue pendant tout le temps du séjour à l’étranger de Mr Tshisekedi, pour raison de santé. Malheureusement à son retour au pays en décembre 2010, la réconciliation et l’unité tant souhaitée par les militants de la base n’auront pas eu lieu. Les membres de l’aile BELTCHIKA rendent le leader maximo responsable de cette situation car, disent-ils, ils s’attendaient à ce que le président national Tshisekedi rassemble les deux tendances du parti pour des concertations de réconciliation. Mais malheureusement, concluent les supporters de Beltchika, toutes les tentatives d’approcher Tshisekedi se sont soldées par des échecs, et même des humiliations. Ce scénario constitue le cadeau rêvé par « Joseph Kabila » pour imploser l’UDS et asphyxier Tshisekedi du dedans. C’est-à-dire en se servant des propres divisions et rivalités au sein de l’UDPS.

Il y a quelques jours, L’oeil du Patriote était informé que les supporters de Monsieur Beltchika s’apprêtaient, au courant de la semaine du 17 au 23 janvier 2011, à annoncer la création officielle d’une nouvelle aile du parti sous le sigle

Ainsi, pour L’oeil du Patriote, la diffusion par La Prospérité du projet de «

Posté par kongokinshasa à 10:18 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]