Noël, fête de la paix conclue entre Dieu et les hommes, a été tout sauf une journée de paix à Butembo, une ville cible des occupants qui poursuivent leur sale besogne ! La paix entre les citoyens congolais et les occupants rwandophones tarde à venir au Nord-Kivu, et d’une manière particulière dans la ville de Butembo.

A la place d’une crèche de Noël, le quartier Katsya de Butembo a une croix et une coulée de sang humain

Pendant que les chrétiens de par le monde festoyaient, ceux de Butembo pleuraient les leurs assassinés par des militaires de l’armée nationale ou écrasés sur des routes où le code de la route n’est pas respecté. D’autres encore ne pouvaient pas festoyer, décorer leurs maisons ou jouer de la musique pour éviter de s’attirer une visite indésirable des tueurs qui choisissent ceux qu’ils tuent au hasard de leurs caprices.

Le Quartier de Katsya (voisin du quartier Vutsundo) en commune Kimemi, a porté le palme de l’assassinat du jour de Noël 2009. Mr Kambale Jean-Louis, étudiant à l’Université Ouverte de Butembo, G3 Gestion des entreprises, a été fusillé devant son alimentation où ses clients, surtout les plus jeunes, affluaient encore pour se procurer un dernier bonbon de Noël. Il n’était ni Mai-Mai, ni FDLR, ni bandit.

En 20h18’, un groupe de militaires armés contre les civils dont certains en tenue des policiers, et d’autres en tenue militaires, d’autres encore en tenue civile, arrivent comme un cheveu sur la soupe, dans l’avenue où se trouve l’alimentation de Mr Kambale Jean-Louis. Ces malfrats tirent des balles à l’air, à quelques mètres de l’alimentation de Kambale, créant une panique et un sauve-qui peut dans le quartier. Un jeune homme est blessé grièvement à l’avant-bras et grâce à ses amis qui ne l’ont pas abandonné pendant la débandade, il est à l’heure actuelle aux soins à l’hôpital Matanda. Dans cette même débandade, Kambale tente de fermer son alimentation avant de se sauver lui-aussi. Trop tard pour lui. Les malfrats sont déjà devant son alimentation. Ils l’obligent à ouvrir son Alimentation qu’ils vandalisent de tout ce qu’ils voulaient et pouvaient prendre dans leurs sacs. Après, ils ont fait sortir Kambale et lui ont logé à bout portant deux balles dans la poitrine et une dans la tête. Kambale s’écroule et meurt sur le champ. Il n’avait que 27 ans d’âge et laisse une veuve et son premier bébé de 4 mois.

Photo de Feu Kambale Jean-Louis de son vivant

L’émotion est grande au quartier Katsya à la suite de cet assassinat. Kambale était très connu à Katsya à cause de son Alimentation très fréquentée à cause du service professionnel qu’il rendait à ses clients. 

Un foule d'habitants du quartier Katsya sur le lieu du crime

Ce matin, 26 Décembre, la population est rouge de colère au quartier Katsya.

Le tableau des lamentations pour les pleureurs

Quand la Police a voulu venir faire l’enquête comme d’habitude, la population, avec pierres à la main, lui a refusé l’accès au domicile de l’illustre disparu. Après négociations, seul le commandant du groupe, du nom de YOGO a eu accès au domicile pour soi-disant faire le constat.

De la foule, une maman en pleurs a maudit les policiers et les jours où ils sont nés.

Comme Kambale était aussi étudiant, ses collègues étudiants ont barricadé quelques avenues de la ville, surtout pendant que le cortège transportant la dépouille de Kambale s’ébranlait vers le cimetière de Kitatumba à 15h 30. Pour montrer leur solidarité avec leur camarade abattu par les militaires, les étudiants ont transporté son cercueil à bras le corps de Katsya jusqu’au rond point Kidubai, ce qui fait une distance de plus de deux kilomètres. C’est seulement au début de la montée de Kambali que le cercueil a été mis dans le corbillard. Pendant la marche de Katsya vers le cimetière, les étudiants venus de toutes les universités de la place ont chante en swahili :

« Kifo cha etudiant kina bei kubwa. Trop c’est trop ! Police Yuma, Fardc Yuma » ( La mort de l’étudiant à un grand prix, police lâche, Fardc lâche ». Tout le long du parcours, les bubolais sont sortis de chez eux pour compatir avec les amis de l’illustre disparu.

Adieu Jean-Louis Kambale !

Service d'information.

BLANCHARD KOTA